Musique

prise de son : Plein la gueule

Depuis quelques semaines, les mauvais présages s’accumulaient autour de la formation alternative montréalaise Groovy Aardvark: plusieurs ont parlé de séparation; d’autres déploraient l’absence complète de buzz autour du nouvel album; certains allaient même jusqu’à dire que les vieux fans les avaient reniés, vu leur succès radio antérieur. Bref, la rondelle ne semblait pas vouloir rouler pour Groovy Aardvark.

Arrivé au Spectrum, vendredi soir, je me suis vite rendu compte que les fans étaient bien présents. Le spectacle était à guichets fermés, et il faisait une bonne grosse chaleur dans le Spectrum. Trois groupes avaient réchauffé le public, qui semblait bien prêt à en prendre plein la gueule, encore une fois.

Et il en a pris. Les vingt premières minutes du show nous ont révélé un Groovy Aardvark dans une grande forme, avec la ferme intention de tout balayer sur son passage. Non seulement ça rockait très solide, mais ce, avec une infinie précision. Le groupe était, ce soir-là, l’illustration vivante du groupe hyper tight, capable de s’arrêter sur un minuscule dix sous et sur la pointe des pieds, s’il vous plaît.

Les trente minutes suivantes furent un peu plus ardues, pour moi et pour tous ceux qui ne sont pas fanatiques du côté plus progressif de Groovy. Attention, cependant, ce n’est pas le groupe qui a faibli. C’est juste moi, qui a toujours eu quelques difficultés avec cette portion du répertoire du groupe.

Heureusement, les quarante dernières minutes du show ont ramené le groupe dans un chemin que je préfère: sans perdre une seconde leur intelligence, les chansons étaient plus ramassées, plus compactes, plus efficaces. Elles ne traînaient plus en longueur et gagnaient en punch.

Tiens, autre chose: même lorsque Groovy a obtenu un certain succès radio avec la chanson Dérangeant, j’ai toujours eu l’impression que le groupe ne savait pas miser sur les affaires payantes. Par exemple, comment se fait-il que, dans Y’a-tu kelkun?, le bout où Vincent Peake chante «Dans mes bras, man» n’est pas répété au moins douze fois? Ça, pour moi, c’est de l’efficacité qui dort en banque, alors que le groupe pourrait encaisser un peu plus chaque fois.

Beaucoup plus, quant à moi, que de faire chanter Trois Petits Chats à la foule…

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Je sais bien qu’il y avait Nick Cave à l’Olympia, vendredi, en même temps que Groovy Aardvark au Spectrum, mais comment se fait-il que je n’y aie vu – encore une fois – aucun représentant de nos grands quotidiens et de nos médias électroniques (sauf MusiquePlus, évidemment)?

Décidément, il n’y en aura pas une de facile pour Groovy, pourtant certainement l’un des cinq plus vieux groupes en activité au Québec. Ce manque total de considération me sidère. Un Nick Cave serait-il plus important qu’un groupe québécois vieux d’une dizaine d’années et qui remplit le Spectrum? Le retour de Nick Cave, qui n’a qu’un statut d’artiste-culte, plus important que la rentrée d’un groupe montréalais? Come on!

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J’avoue une certaine difficulté à vous parler en long et en large du concert de la formation torontoise Big Sugar, qui se produisait le lendemain, toujours au Spectrum, pour la simple raison qu’après une quarantaine de minutes, j’ai dû me replier vers le lobby de la salle parce que le son était trop, mais vraiment trop fort.

J’ai beau être conscient que ce genre de rock doit se jouer à haut volume, il me semble qu’il y a des limites au supportable. D’ailleurs, on a vu plusieurs spectateurs sortir avant la fin du show en se tenant les oreilles. Désolé, les gars, mais vous devriez faire un peu attention la prochaine fois…

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Notre bon ami Elvez était de retour au Cabaret, la semaine dernière, pour nous présenter son show gospel. Vite comme ça, sans le connaître, l’Elvis mexicain a peut-être l’air d’un clown, mais il en est loin. Très loin.

Rarement ai-je assisté à un spectacle faisant appel à autant de références musicales. En connaissez-vous beaucoup, des groupes qui peuvent se permettre de citer autant Iggy Pop (Lust for Life) que Simon & Garfunkel (Bridge Over Troubled Water), Queen et les Rolling Stones, Pink Floyd et Elvis? Personnellement, je ne vois qu’Elvez.

De plus, Elvez, c’est du pur entertainment. On assiste à ses spectacles avec un grand sourire aux lèvres, riant toujours avec lui, jamais de lui. Il a beau faire tous les gestes ridicules qu’Elvis faisait; il a beau changer de costume comme n’importe quel Chippendale (avec les coutures des pantalons en velcro pour qu’ils s’enlèvent facilement); il a beau avoir quatre choristes aussi quétaines l’une que l’autre; il reste une chose: peu d’artistes sont aussi divertissants que lui, et ce, sans altérer la qualité musicale, le groupe restant performant d’un bout à l’autre du spectacle.

Oui, Elvez est drôle. Mais jamais au détriment de la musique.