Lorsqu’il a reçu le coup de téléphone de ses amis de Blink 182, Travis n’a pas hésité deux secondes. Appelé à remplacer le batteur Scott Raynor, qui avait décidé de retourner aux études, l’ex-membre du groupe ska Aquabats a tout laissé derrière lui pour rejoindre les rangs du trio pop-punk de San Diego. «Ça m’a fait quelque chose de laisser mon ancien groupe sur un coup de tête, mais la décision de rejoindre Blink 182 n’a pas été tellement difficile à prendre, explique Travis. Quelques jours après les avoir rejoints, j’étais sur scène avec eux. C’était vraiment agréable de passer d’un groupe où je partageais la scène avec neuf autres musiciens à un trio, où l’énergie est beaucoup plus concentrée.»
Ce que Travis omet de dire, c’est qu’il est aussi sûrement très agréable de quitter un groupe quasi inconnu pour une formation gagnante. Grâce au succès de deux petits morceaux aussi niais qu’accrocheurs (Dammit et Josie), Blink 182 surfe gaiement sur cette vague pop punk californienne qui n’en finit plus de s’abattre sur nos côtes.
Tant chez les «vrais» punks que chez les gros bonnets des compagnies de disques, on parle de Blink comme du nouveau Green Day. Les premiers les considèrent comme des vendus; alors que les seconds se frottent les mains en regardant grimper les ventes de leur plus récent album, Dude Ranch, déjà certifié or tant au Canada qu’aux États-Unis. Toutes proportions gardées, c’est au Québec que Blink 182 remporte le plus de succès, ce qui confirme la popularité du punk californien dans la Belle Province.
Pas étonnant que le groupe se pointe au Centre sportif de l’UdM plutôt qu’au Jailhouse ou qu’aux Foufs. «Je n’ai pas encore eu la chance de jouer avec Blink au Canada, mais j’y suis déjà allé avec mon ancien groupe dans le cadre de la tournée Sno-Core où Blink était en vedette, raconte Travis. J’étais vraiment surpris d’entendre les fans québécois me parler de groupes comme les Descendents ou Ten Foot Pole; je pense que les gens là-bas sont très éduqués sur tout ce qui se fait dans le punk et le hardcore. Ce sont de vrais fans, ils connaissent les chansons et ne viennent pas au concert pour entendre les hits.»
Depuis son arrivée au sein du groupe, Travis n’a pas perdu de temps. En trois mois, il a déjà participé à des dizaines de concerts, en plus de réenregistrer une pièce du groupe pour une bande originale de film. «On vient tout juste de terminer la chanson du le film East Grand Valley High dans lequel on a aussi joué un petit rôle. On nous a simplement demandé d’être nous-mêmes, c’est-à-dire un peu attardés. C’est le genre de comédie adolescente à la Fast Times at Ridgemont High, alors ça convient tout à fait à l’esprit du groupe.»
En effet, il s’agit du genre de scénario taillé sur mesure pour les trois éternels adolescents de San Diego, qui ne chantent pas le mal de vivre ou la faillite des sociétés capitalistes, mais qui se concentrent, avec un humour gras, sur les problèmes des filles, sur l’abus d’alcool et sur les blagues scatologiques. Pour le moment, ils profitent encore de la liberté que leur permet leur jeune vingtaine, mais ont-ils encore trois ou quatre albums aussi jeunes et insouciants dans leur manche ? «J’espère bien! Le jour où l’on deviendra sérieux, je pense que Blink n’existera plus, commente Travis. Tu sais, j’apprécie des groupes comme Propagandhi ou Rage Against the Machine, mais pour moi, la musique est une affaire de plaisir et de déconnage. Et avec Blink, on ne manque jamais ni de l’un ni de l’autre.»
Le 26 septembre
Au Centre sportif de l’UdM