Journée internationale de la musique : Star d'un jour
Musique

Journée internationale de la musique : Star d’un jour

La musique a aussi sa Journée internationale: le 1er octobre, date à laquelle le Conseil québécois de la musique orchestre, depuis cinq ans, une foule d’activités. Porte-parole de la Journée et musicienne engagée, la claveciniste GENEVIEVE SOLY nous parle de l’importance de la manifestation. Que la fête commence…

En 1975, alors que se tenait au Canada la première Semaine mondiale de la musique sous l’égide du Conseil international de la musique de l’Unesco, son président, le violoniste Yehudi Menuhin, désignait le 1er octobre Journée internationale de la musique. Cette initiative allait se concrétiser selon la suggestion même du musicien américain: «J’aimerais inciter chaque village et chaque ville, chaque région et chaque pays à organiser des manifestations musicales de tous genres. J’aimerais personnellement qu’elles se concrétisent non seulement par des concerts et des diffusions de la musique de toutes les époques de l’histoire, en s’attachant plus spécialement au monde contemporain; mais aussi que les musiciens de tous genres, chanteurs, chorales, interprètes de jazz comme de musique classique, fassent jaillir spontanément la musique dans les rues.»

Tout à fait dans l’esprit souhaité par l’instigateur de la Journée internationale de la musique, le Conseil québécois de la musique (CQM) organise à Montréal, depuis cinq ans, des événements pour célébrer le 1er octobre. Les concerts dans le métro ont contribué à faire de cette journée un événement public. Cette année, c’est au Complexe Desjardins qu’aura lieu la fête musicale. Rappelons que le CQM est un organisme sans but lucratif ouvrant de différentes façons au développement du secteur de la musique de concert. Lors du premier gala des prix Opus – ces oscars du milieu musical québécois présentés par le CQM -, la claveciniste et organiste Geneviève Soly recevait le prix de la Personnalité de l’année 1997. Il était donc logique que la musicienne devienne porte-parole de cette Journée internationale de la musique 1998. «Je crois que je répondais à quelque chose que le CQM attendait d’une porte-parole, analyse Geneviève Soly. J’ai toujours pris part à l’activité musicale d’une façon très engagée, pas seulement comme musicienne, mais aussi pour les aspects politiques et représentatifs. Je fais partie de comités, je suis engagée sur le plan administratif, parce que je trouve que c’est très important de défendre la cause pour laquelle on travaille et en laquelle on croit.»

C’est évidemment pour ces raisons que le CQM a décerné à la claveciniste le prix Opus de la Personnalité de l’année et l’a nommée porte-parole de la Journée internationale de la musique. Geneviève Soly a d’ailleurs une opinion très favorable relativement à cette initiative artistique, qui va dans le sens du développement et de la sensibilisation des publics, cause à laquelle elle contribue énergiquement au sein du milieu musical québécois. «Les journées internationales ont ceci de bon qu’elles permettent d’afficher les choses qui ont de la valeur. C’est important d’en faire une action et, même si ça ne dure qu’une journée seulement, c’est symbolique. Bien sûr qu’on voudrait que la musique soit toujours dans nos vies. Mais cette journée symbolique, elle a de l’importance pour tout le monde, elle est publique. Et même ceux qui ne s’y intéressent pas vont voir, en passant au Complexe Desjardins, et se dire: "Ah, c’est vrai, la musique a sa place." C’est comme d’autres actions publiques qui font réfléchir. Ça fait partie de nos acquis au XXe siècle d’avoir des journées pour ci ou pour ça, et je trouve ça beau d’en avoir une pour la musique.»

Un combat quotidien
Mais est-ce que donner de l’importance à la musique de concert une seule journée par année ne sert pas à s’en débarrasser les 364 autres jours? Comme si on se libérait la conscience d’avoir constaté qu’elle existe bel et bien, et continue de survivre malgré une certaine indifférence des médias et des pouvoirs publics? «Je comprends qu’on puisse penser que c’est dommage, et qu’il faudrait que la musique soit là tout le temps, répond Geneviève Soly. Mais, par ailleurs, on fait ce travail-là aussi. On fait les deux, mais ça n’a pas des portées identiques. Quand on se bat pour qu’il y ait plus de sociétés de musique baroque, plus de concerts, plus d’événements, pour que les programmes gouvernementaux soient plus adéquats, on le fait dans l’ombre. C’est le train-train quotidien. Quand on crée une journée internationale, on fait une fête en même temps. On veut que les gens en bénéficient, aient du plaisir, qu’ils en parlent, qu’il y ait une visibilité accrue du phénomène. Il n’en reste pas moins qu’il faut travailler tous les jours!»

Très variée, la programmation présentée au Complexe Desjardins débutera à 16 h 30 avec un concert de la claveciniste Mireille Lagacé, mère de Geneviève Soly. Cette dernière, qui devait jouer en duo avec sa mère, a dû malheureusement annuler pour cause de maladie. L’atelier lyrique de l’Opéra de Montréal prendra la relève à 17 h 20 avec des extraits de l’Elisir d’amore de Donizetti. A 18 h 10, la Capella McGill, comprenant 17 chanteurs, et le Groupe vocal de McGill, incluant 25 membres, se réuniront pour donner un concert sous la direction du chef Iwan Edwards. L’Ensemble Amati, dirigé par Raymond Dessaints, donnera un concert intitulé «Le Monde merveilleux des cordes» à 18 h 50, clôturant les activités musicales de cette journée du 1er octobre. Deux jours plus tard, toutefois, le Montreal Jazz Big Band agrémentera un Pique-nique musical au Vieux-Port de Montréal, à partir de 12 h 30. Le Conseil québécois de la musique coordonne la promotion des activités reliées à la Journée internationale de la musique au Québec, et prend également part à la programmation en conviant les villes, musées, entreprises commerciales, diffuseurs de spectacles et maisons d’enseignement à organiser des activités musicales dans le cadre de cette journée. A surveiller.

Concerts CBC / McGill
A McGill, toujours à l’occasion de la Journée internationale de la musique – mais pas dans le cadre des activités organisées par le CQM, cette fois -, la Chaîne culturelle de Radio-Canada et CBC Radio Two diffuseront en direct un concert spécial donné à la salle Pollack. L’ensemble Les Violons du roy, sous la direction du chef invité Raffi Armenian, jouera des ouvres d’Edvard Grieg et d’Igor Stravinski. La soprano Karina Gauvin se joindra à l’ensemble pour interpréter le cycle Les Illuminations, de Benjamin Britten, sur des poèmes d’Arthur Rimbaud. Le concert, ainsi que les émissions sur les deux chaînes, débutera à 20 h.