Chitarra 98 : Cordes sensibles
Musique

Chitarra 98 : Cordes sensibles

Chitarra 98 se veut une occasion de faire connaître aux spécialistes et aux néophytes le meilleur de la guitare, instrument mal perçu par le public. Du 18 au 24 octobre, classes de maîtres, conférences, expos et concerts sont au programme de ce Festival international qui promet de belles découvertes.

Chitarra 98, c’est à la fois un Festival international de guitare et de luth et un Concours de guitare, soulignant le 25e anniversaire de la Guitar Foundation of America. La GFA, en collaboration avec les Éditions Doberman-Yppan, organise cet événement qui s’étend sur toute une semaine, du 18 au 24 octobre. Plusieurs guitaristes et luthistes parmi les plus renommés au monde seront présents à ce Chitarra 98, événement qui ne se contente pas d’offrir des concerts.

Il s’agit en fait d’une sorte de happening autour de ces instruments à cordes pincées, comprenant conférences, classes de maître et expositions. Après le Festival international de clavecin Bach en 1997, ou le très récent Festival d’ondes Martenot de Montréal, Chitarra 98 permet un accès multidimensionnel à un instrument connu, mais souvent mal perçu. Véritable manne artistique pour les guitaristes montréalais, l’événement tient compte également des intérêts du grand public avec plusieurs concerts.

Conte pour tous
L’ouverture se fera le dimanche 18 octobre, à 20 h, avec un concert de l’ensemble I Musici de Montréal, dirigé par Yuli Turovsky, et du guitariste Alvaro Pierri. Une partie de ce concert présentera Pierri seul en scène, avant que l’orchestre ne l’accompagne dans le Concerto pour guitare et orchestre à cordes de Jacques Hétu. Deux ouvres, commandées par le Festival à Ginette Bellavance et Denis Gougeon, seront créées durant ce concert d’ouverture.

Du lundi 19 au samedi 24 octobre, le Centre Pierre-Péladeau résonnera tous les matins, entre 8 h30 et 9 h 30, des sons de l’Orchestre de guitares de Denis Poliquin. Les expositions de luthiers et d’éditeurs seront accessibles ces mêmes jours, dès 9 h. Du mardi au vendredi, de 8 h 45 à 9 h 45, on pourra assister à des conférences données par Michael Carenbauer, Richard Provost, Christopher McGuire et John Muratore. De 10 h à midi, se tiendront des classes de maître avec David Russell, Alvaro Pierri, Arnaud Dumond et Paul O’Dette ainsi qu’une conférence, avec Dusan Bogdanovic.

Journées chargées, direz-vous? C’est encore loin d’être tout. Dès 13 h 30, l’événement reprend ses droits avec des concerts d’environ une heure, les 19, 20 et 21. A partir de la même heure, le jeudi 22, on pourra assister aux semi-finales du Concours; le vendredi, à une classe de maître avec le grand Abel Carlevaro; et le samedi, aux finales du Concours GFA. Ça n’est encore pas tout. Une autre série de conférences se tiendra entre 15 h et 16 h du lundi au mercredi, alors que des concerts d’après-midi auront lieu à 16 h 30 tous les jours sauf le jeudi, à cause des semi-finales. Ouf! Ceci ne sert que d’introduction à la prestigieuse série de concerts en soirée, présentés à 20 h tous les soirs du Festival, sauf le samedi où l’on remettra les prix du Concours pour terminer l’événement.

Le guitariste écossais David Russel occupera la scène de la salle Pierre-Mercure, le soir du 19 octobre. Russel, bien que né à Glasgow, a passé son enfance sur l’île espagnole de Minorque (Baléares) – ce qui n’est certainement pas étranger à son succès… Une enfance idyllique en pays latin n’est pourtant pas indispensable pour obtenir une renommée internationale comme guitariste. Le 20, la guitariste australienne d’origine allemande Karin Schaupp donnera son premier concert sur le continent américain. Le L. A. Guitar Quartet, formé à l’University of Southern California, jouera le mercredi 21. alors que le merveilleux luthiste Paul O’Dette sera parmi nous le jeudi 22. C’est le Duo Assad qui clôturera cette série, le 23 octobre. Beaucoup d’autres noms de chez nous et d’ailleurs sont associés à cette grande fête de la guitare, dont Peter McCutcheon, Jean Vallières, Arturo Parra, Michel Bélair, André Roy, Marc Deschênes, le Santa Fe Guitar Quartet, le Trio Con Brio, etc. Pour en savoir plus et participer activement à l’événement, vous pouvez vous inscrire le lundi 19 à partir de 8 h 45, au Centre Pierre-Péladeau, où auront lieu toutes les activités; et ce, pour la semaine, ou pour une journée. Les billets des concerts en soirée sont en sus.

Le Vampire et la Nymphomane, prise 2
Le 50e anniversaire de Refus global fait couler beaucoup d’encre et, surtout, nous fait revivre des moments marquants de l’histoire culturelle du Québec. Il sert aussi de prétexte – en fallait-il un? – à la reprise d’une ouvre lyrique québécoise importante: Le Vampire et la Nymphomane de Serge Provost sur un texte de Claude Gauvreau. Décriée d’une part, la création du Vampire a été saluée d’autre part de façon officielle comme un événement majeur de l’année 1996. Lauréat-finaliste pour le Grand Prix 1996 du Conseil des Arts de la Communauté urbaine de Montréal et lauréat du Prix Opus de la création de l’année, décerné par le Conseil québécois de la musique, ce Vampire n’aura pas laissé indifférent. Le texte de Gauvreau – son unique livret d’opéra -, écrit en 1949, était destiné à être mis en musique par le regretté Pierre Mercure. Si Serge Provost n’y avait pas trouvé l’essence qui l’incitait à composer son opéra, Le Vampire et la Nymphomane serait encore aujourd’hui dans les cartons. Ouvre forte, aux accents de folie et de grandeur, l’opéra de Serge Provost mérite qu’on lui prête à nouveau une oreille attentive, disponible.

C’est la compagnie lyrique de création Chants libres, dirigée par l’audacieuse soprano Pauline Vaillancourt, qui présente pour la seconde fois Le Vampire et la Nymphomane, dans une mise en scène de Lorraine Pintal. La distribution se compose de Pauline Vaillancourt en adorable verrotière et en nymphomane, du baryton Brian Nickel en vampire, de la mezzo-soprano Renée Lapointe en femme aux deux pieds bots. Les comédiens Albert Millaire et Monique Mercure, ainsi que Claude Lemieux, Jean Maheux et Renaud Paradis font également partie de cette distribution. L’orchestre sera celui du Nouvel Ensemble Moderne sous la direction de Lorraine Vaillancourt. La scénographie, plutôt inusitée, est signée Michel Goulet, tandis que les costumes sont de Ginette Noiseux.y

Les 22, 23 et 24 octobre à 20 h
A l’Usine C

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