Musique

Nathalie Bonin : Violon dingue

Le mois des festivités soulignant les vingt ans de L’Air du temps prendra fin de façon téméraire et novatrice. Pour une rare fois, le bar jazz, qui d’habitude présente des musiciens «pluggés» et très consentants à l’être, offre une autre facette à son nouveau mandat (après le CyberJazz Experience, les jam nights, la musique brésilienne et les big bands) et fait toute la place au violon: musiques klezmer, folk, celte, contemporaine, chaque soir, qu’il s’agisse du trio de Stéphane Allard et de son hommage à Stéphane Grappelli le 26; des montagnards bluegrass de Nobody You Know du joueur de mandoline Bob Cussen le 27; du duo de musique tzigane Djelem des camarades Sergueï Trofanov et Anatoli Lakovenko, le 28; du quatuor de tango-rock Intakto (voilà qui promet) le 29; du programme double avec l’Américaine et professeure Julie Lyonn Lieberman (qui enseigne au Julliard School of Music et qui donnera aussi des ateliers durant cette période: 279-6893), suivi de celui de Nathalie Bonin, l’instigatrice de ce mini festival de cordes, le 30; ou enfin celui du sophistiqué trio de jazz contemporain Tricycle, d’Helmut Lipsky, le 1er novembre, un seul dénominateur commun les relie: le violon.

Nathalie Bonin, à vingt-sept ans, est probablement la violoniste qui offre la plus belle polyvalence du genre en ce moment: elle a joué avec Ann Victor (chanson-jazz), Saïd Mesnaoui (violon arabe), Nakï (instrumental), Katjar (worldjazz), une série de concerts récents avec Sylvie Royer (chanson), une tournée avec Richard Cocciante, des stages réguliers à New York, et à l’intérieur d’ensembles à cordes, accompagnant les Luciano Pavarotti et Holy Cole lorsqu’ils passent par Montréal; bref, la jeune femme a le nez fourré partout.
Sa prestation du 30 octobre, sera également l’affaire du pianiste Jean-François Groulx, du clarinettiste Matthieu Bélanger (Ann Victor), de M. Contrebasse lui-même, Michel Donato, de la percussionniste Mireille Marchal et, pour maintenir le rythme, de Pierre Tanguay à la batterie et aux tablas. Violon électrique, MIDI ou acoustique; la demoiselle est violon-dingue.

«Je suis dans une phase où j’aime explorer, d’annoncer Bonin. J’ai besoin d’aborder différents styles, même si je ne suis pas en avant, même si ce n’est pas mon propre spectacle, parce que j’aime l’esprit d’équipe. Ma plus grande qualité est sûrement ma capacité d’adaptation. C’est facilement explicable, mes parents ont passé leur vie à changer de ville (elle est née à San Francisco et jouit d’une double nationalité). Pendant mes études classiques, je préférais les compositeurs qui avaient une ouverture sur le monde, qui proposaient une saveur gitane ou tzigane, comme Saint-Saens, par exemple. Ce que je suis devenue musicalement, ça reflète mes vingt-deux déménagements.»

«L’objectif avec ce festival, de poursuivre la musicienne, c’est justement de souligner toutes les possibilités de styles et d’influences qu’offre le violon. Je ne m’inspire pas de la technologie pour construire des mélodies ou pour dicter la façon dont je vais jouer. On ne fait pas des effets (en parlant de la technologie) pour des effets; moi, je ne crois pas à ça. Faut vraiment que ça me parle d’abord, en dedans de moi. Sinon, ces effets servent à cacher tes défauts!» finit-elle en s’esclaffant…»

Du 26 octobre au 1er novembre
A L’Air du temps