

Société musicale André Turp : La voix de son maître
Dominique Olivier
Photo : Hanya Chlala
La fondation de la Société musicale André Turp permet de faire découvrir l’art lyrique québécois. Avec la mise au jour d’archives et de documents, ainsi que la production de spectacles, les voix d’ici se feront mieux connaître.
Le 26 mai dernier naissait à Montréal un nouvel organisme chargé de promouvoir la musique vocale: la Société musicale André Turp. Ce nom revêt une importance particulière puisqu’il est celui d’un des grands ténors québécois de réputation internationale, décédé en 1991.
Après une carrière sur les scènes lyriques qui l’avait amené à s’installer à Londres avec sa famille, Turp revenait à Montréal vers la fin des années 70 pour devenir professeur au Conservatoire de musique de Montréal. Les auditeurs de L’Opéra du Metropolitain, à la radio de Radio-Canada, ont pu entendre ses commentaires à partir de cette période. De toute évidence, le nom donné à la nouvelle société se veut en même temps un stimulant pour ses membres et un hommage rendu à cet artiste rayonnant.
La toute première activité publique de la Société musicale André Turp sera d’ailleurs une table ronde consacrée à la vie et à la carrière du ténor, avec certains de ses amis et différentes personnalités du monde musical. Cette table ronde aura lieu le 25 octobre à 11 h 30 au café du Monument-National et sera animée par Françoise Davoine.
Je chante donc je suis
C’est aussi en s’inspirant «du travail et de l’ouverture spirituelle de ce grand interprète de la scène lyrique» que les membres André Lemay Roy et Richard Turp – le fils du chanteur – rédigeaient le tout premier mandat de la Société: «En suivant l’évolution des idées, la Société musicale André Turp fera la promotion de tous les répertoires, anciens et nouveaux, de la musique vocale (chant choral, mélodie, opéra et opérette) sous toutes ses formes d’expression (disques, documents imprimés, concerts/récitals, films, site électronique et autres).»
Pour ce faire, l’organisme a déjà entrepris plusieurs actions visant à augmenter le rayonnement de la musique vocale. Celle-ci, selon ses membres, n’occupe pas la place qui devrait lui revenir sur la scène musicale en général. Outre la nécessaire publication d’un dépliant promotionnel, la Société produit un bulletin de liaison bilingue, baptisé Voce (la voix de la musique), très utile pour qui veut avoir une idée des activités de l’organisme et de ce qui se passe en musique vocale à Montréal. On espère également, pour le printemps 1999, l’ouverture de la Phonothèque Christian Delmas. En septembre dernier, la SMAT recevait en cadeau un fonds d’archives de plus de 8 000 documents sonores et imprimés consacrés à la musique vocale, fonds constitué par le comédien et scénariste Christian Delmas. Une fois le travail de catalogage effectué, la Société ouvrira donc un centre de documentation, qui sera accessible aux amateurs.
Voix d’ici
Côté concert, maintenant, la Société musicale André Turp a déjà mis sur pied une saison qui débute le 25 octobre prochain avec le baryton canadien Nathan Berg, qui chantera Schumann en récital avec le pianiste Michael McMahon. Cet événement ouvre la série consacrée aux interprètes d’ici, qui se poursuivra le 29 novembre avec la prestation de la soprano Karina Gauvin, consacrée à des chants de Noël traditionnels et classiques. Dominique Labelle terminera ce volet national avec un concert de mélodies françaises le 23 mai 1999.
Le volet international, qui comprend deux concerts, débute le 5 mars 99 avec le baryton Wolfgang Holzmair, dans un programme commémoratif du 250e anniversaire de naissance de Gothe. Le grand baryton sibérien Dmitri Hvorostovsky chantera le 5 mai 99 dans un programme célébrant lui aussi un écrivain, mais russe cette fois, puisqu’il s’agit du bicentenaire de la naissance de Pouchkine.
Comme gâterie pour les amateurs, un spectacle des Fêtes est prévu pour le 20 décembre. Des conférences et tables rondes viennent compléter cette première programmation de la Société musicale André Turp, qui comblera certes un vide important dans l’activité musicale montréalaise.
Concert de Nathan Berg, 25 octobre, 15 h
A la salle Redpath
Rien à voir 4
Rien à voir en est, déjà, à sa quatrième édition! Ces mini-séries consacrées à la musique électroacoustique se tiennent régulièrement depuis deux ans et touchent un public enthousiaste et curieux. Il n’y a qu’à voir: salles combles, intérêt manifeste des auditeurs, l’événement Rien à voir est devenu un must pour tout mélomane en mal d’acousmatique, cet art musical qui n’implique pas le regard, mais qui mobilise totalement notre sens auditif et, surtout, notre imagination. Comme à l’accoutumée, la série propose un lancement de disques de l’étiquette empreintes DIGITALes, des rencontres avec les compositeurs ainsi que des concerts. Cette 4e édition débute le mercredi 28 octobre à 19 h avec un concert présentant des ouvres de Jacques Tremblay et Yves Daoust, en plus des fondateurs de Réseaux – qui organise Rien à voir -, Jean-François Denis, Gilles Gobeil et Robert Normandeau. Le Montréalais invité à cette édition est Stéphane Roy, à qui on a donné carte blanche pour le concert solo du 28 octobre à 21 h. Les invités étrangers sont le Suédois Erik Mikael Karlsson, l’Allemand Ludger Brümmer et le Français François Bayle, qui seront présents et dont les ouvres seront diffusées respectivement les 29, 30 et 31 octobre. Chacune des soirées consacrées à ces compositeurs européens présente deux concerts, précédés d’une rencontre. Le dimanche 1er novembre, trois concerts sont prévus: un premier qui fera se rencontrer François Bayle et de jeunes compositeurs électroacoustiques, ainsi que la reprise des deux rétrospectives Bayle déjà présentées la veille. La cinquième édition de Rien à voir est déjà annoncée pour le mois de février prochain, entre le 17 et le 21. Monique Jean, Christian Zanési, Paul Dolden, Francis Dhomont et de jeunes compositeurs sont invités à participer à cet événement marquant de l’hiver qui s’en vient…
Du 28 octobre au 1er novembre
Au Théâtre La Chapelle
Pro Musica fête ses cinquante ans
La Société Pro Musica, qui assure la promotion de la musique de chambre, a cinquante ans cet automne. Plus précisément, elle présentait son premier concert en octobre 1948. Depuis, elle a produit 700 concerts avec plus de 560 prestations de musiciens canadiens et 1 700 de musiciens étrangers. Dietrich Fischer Dieskau, entre autres artistes, faisait ses débuts montréalais avec cette Société. Pour fêter sa persévérance, Pro Musica présente un concert anniversaire le 26 octobre prochain, avec le Quatuor Prazak de Prague et les comédiens Andrée Lachapelle, Gérard Poirier et Jean-Louis Roux, dans une mise en scène de ce dernier, sur un scénario de Marcel Dubé. Les ouvres musicales au programme sont les Quatuors no 1 et 2 de Leos Janacek.
Lundi 26 octobre, 20 h
A la salle Maisonneuve de la Place des Arts
Erratum
La photo publiée la semaine dernière pour illustrer notre article sur l’événement Chitarra 1998 n’était pas celle d’Alvaro Pierri, mais bien celle de Gilles Auger, chef d’orchestre. Mille excuses aux artistes et à notre journaliste Dominique Olivier. (P. N.)