Cherry Poppin' Daddies : Daddy nostalgie
Musique

Cherry Poppin’ Daddies : Daddy nostalgie

Il faut le dire: les Cherry Poppin’ Daddies, d’Eugene en Oregon, ne sont pas montés dans la queue du train swing qui fonce présentement à vive allure vers on ne sait quelle destination. Déjà, en 1990, les sept blancs-becs du jive étaient acceptés à bras ouverts dans les milieux alternatifs avec un premier album. Trois autres ont suivi, dont l’actuel Zoot Suit Riot, album-compilation qui sévit actuellement sur les palmarès.

Qu’est-ce qui les différencie des autres groupes de même allégeance? Je n’en ai pas la moindre idée. Sont-ils meilleurs que, par exemple, Big Bad Voodoo Daddy? Existe-t-il une compétition (ou une certaine jalousie) entre tous ces groupes? L’unique prestation montréalaise des Cherry Poppin’ Daddie s’est déroulée lors du dernier Vans Wraped Tour, en juillet. Une demi-heure en plein après-midi. Cette fois, le Métropolis ouvre ses bras – et ses bars – au groupe de la Côte-Ouest.

Jason Moss, si je me fie à sa voix, pourrait encore habiter chez ses parents. Avant d’être le guitariste des CPD, Moss étudiait à l’Université de l’Oregon et jouait dans des groupes de blues locaux. Est-il un bon guitariste? Meilleur ou moins bon que, par exemple, celui des Royal Crown Revue? Pas la moindre idée. Vous aurez compris qu’avec les groupes swing, c’est l’esprit de corps qui prévaut. L’attitude. L’abandon de soi. Le magazine Swing Time décrivait le swing nouveau comme une rédemption culturelle de la pop, rendue trop unisexe et politiquement correcte. Et comme on le constate en découvrant la mode vestimentaire avec le swing, un homme est un homme et une femme est une femme. Il n’y a pas d’ambiguïté. Est-ce là une révolution?

Jason Moss, donc: «Juste l’an passé, on a vendu plus d’un million de copies de Zoot Suit Riot. Pour avoir du succès avec ce genre de groupe, il est primordial de posséder sa touche personnelle et d’éviter la nostalgie. On ne veut pas recréer le passé. Pour être un bon swing band, il faut être capable de swingner, dit-il simplement. Il n’y a qu’une seule personne dans notre groupe qui écrit les chansons et les arrange,et c’est Steve Perry, notre chanteur. Mais, pour les détails, c’est un effort de groupe. S’il y a résurgence en ce moment, c’est par besoin d’exubérance. C’est une façon réactionnaire de fuir le présent. Les gens sont peut-être tannés du grunge et de Nine Inch Nails. L’élément plaisir est omniprésent dans le swing, comme il l’était dans le rock’n’roll au tout début. Sauf que, dans mon cas, ce ne sont pas mes parents qui tripent sur ma musique, ce sont mes grands-parents!»

«Le buzz autour du swing était underground jusqu’à ce que les médias le récupèrent. Avant, on n’était qu’une petite clique de la Côte-Ouest à participer à la fête. Dans dix ans d’ici, je ne me vois plus être dans un swing band. J’espère juste faire de la bonne musique.»

Le 4 novembre
Au Métropolis