Slide, le nouvel album de Lisa Germano, n’a rien d’une partie de plaisir. L’auteure-compositrice américaine, autrefois connue comme «la violoniste de John Mellencamp», a l’habitude des productions sombres et des histoires d’amour douloureuses, si bien qu’on se demande ce que vient faire un instrument appelé «Fun Machine» dans cette nouvelle collection de pièces mélancoliques. «C’est Tchad Blake, le réalisateur de Slide, qui a trouvé ce drôle de clavier, explique Lisa, jointe dans sa maison de la Côte-Ouest. Je trouvais vraiment comique l’idée qu’un instrument porte le nom de Fun Machine, comme si les seuls sons qui devaient en sortir étaient forcément amusants. On s’est bien sûr amusés à en mettre dans les chansons les plus tristes!»
Lisa Germano aime bien déjouer les idées reçues. Elle n’hésite pas à décrire Slide comme un album optimiste (dans le genre, on a déjà vu plus joyeux!) même s’il exprime les mêmes sentiments d’absence et de regret que ses fans connaissent trop bien. On y retrouve d’ailleurs une nouvelle When I Think of Love, déjà parue sur l’unique album du groupe OP8, qui reçoit un traitement pour le moins sombre. «C’est une chanson très sarcastique, mais tout le monde pense qu’il s’agit d’une jolie pop song. Lorsqu’on l’a enregistrée avec OP8, je la trouvais incomplète, et c’est pourquoi j’ai voulu la reprendre dans cette version plus lente qui exprime mieux mes intentions.»
Cette semaine, en première partie de eels, vous aurez l’occasion de découvrir l’essence des chansons de Lisa, qui s’exécutera seule, au piano et à la guitare. On vous dirait bien de vous préparer à vivre quelque chose d’intense, mais personne, surtout pas la principale intéressée, n’oserait vous suggérer quoi ressentir face à cet univers unique. «Je ne comprends pas comment on peut dire que telle ou telle musique convienne à tel ou tel état d’esprit. Tout ce qu’il faut pour apprécier une pièce de musique, c’est une certaine ouverture d’esprit. Mes chansons conviennent autant aux après-midi pluvieux qu’aux journées ensoleillées. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’elles sont la trame sonore idéale d’un bon entraînement physique, mais au fond, pourquoi pas?» Au Café Campus, le 3 novembre. (Nicolas Tittley)
Korn
Parce que les politiciens affirment que le rock détruit la jeunesse, Korn a intitulé la tournée supportant son troisième disque, Follow The Leader, Family Values, afin de créer une zone libre, sans parents autour. Le chanteur Jonathan Davis a même envoyé une invitation personnelle au vice-président américain Dan Quayle: lui et sa famille ont pu assister à autant de concerts qu’ils ont voulu depuis le 22 septembre, les chanceux. En première partie du spectacle à Montréal, Incubus et Orgy, premier groupe signé sur l’étiquette Elementree Records, fondée par Korn. Ceux qui ne pourront pas assister au concert, consolez-vous avec l’After School Special, une émission moitié talk-show, moitié concert diffusée sur Internet et accessible via le site du groupe (http://www.korn.com). Le 3 novembre, au Cepsum de l’Université de Montréal. (Christine Fortier)
Sloan et Rufus Wainwright
Après un passage remarqué lors du EdgeFest estival, le groupe des Maritimes revient enfin à Montréal où il pourra nous prouver que le reste du Canada a raison de l’aduler à ce point. Parce qu’il faut bien se l’avouer, sans dire que ça va mal pour lui ici, il reste que Sloan est beaucoup plus populaire au Canada qu’au Québec, même s’il récolte chez nous sa part de lauriers. Mais la première partie me semble beaucoup plus intéressante puisque notre bon ami Rufus Wainwright remet ça, toujours en solo. D’ailleurs, l’avez-vous finalement acheté, l’album de Rufus? Le 1er novembre, au Spectrum. (Laurent Saulnier)
Le Show du Refuge
Dan Bigras, parrain de l’événement depuis ses débuts, vient d’annoncer qui sera avec lui sur scène pour la huitième édition du Show du Refuge. Préparez-vous, la liste est longue: Isabelle Boulay, Sylvain Cossette, Luce Dufault, Les Fabuleux Élégants, Steve Faulkner, Patrick Huard, Éric Lapointe, Plume Latraverse, Marjo, Gilles Vigneault, Nanette Workman, Jim Zeller et la chorale Umoja, dans une mise en scène de Mouffe. Les billets sont en vente dès le samedi 31 octobre, et le Show aura lieu au Spectrum, le 24 novembre. (Laurent Saulnier)