Musique

Retour de son : Aerosmith

Le 22 octobre, au Colisée
Sur papier, le potentiel du groupe est costaud. Ajoutez à cela une réputation bâtie à coups de concerts déments et vous avez le net sentiment que le show auquel vous allez assister ne peut qu’être réussi. En prenant place dans les gradins, d’aucuns ont pu être surpris par l’allure un peu cheap des statues de chats et des têtes de cobras, les deux éléments illustrant la pochette de Nine Lives.

Mettons que ce n’était pas du meilleur goût et que le déploiement initial illuminé crûment par les lumières du Colisée était loin d’être impressionnant. Et si la teneur du concert reflétait cette première impression? N’ayez crainte, aussitôt que les membres d’Aerosmith ont mis les pieds sur scène, toutes ces considérations sont tombées en même temps que les rideaux babyloniens qui, façon ombres chinoises, leur donnaient des allures de géants.

La recette est aussi simple qu’efficace. Ils étalent des kilomètres de tubes connus de tous, des morceaux qui, à mon sens, prennent toute leur amplitude sur scène. La performance électrisante de Steven Tyler ainsi que la dégaine et le doigté de Joe Perry font le reste. Ce show s’inscrit d’emblée parmi les dix meilleurs que j’ai vus au chic Colisée. (F. Tremblay)

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Richard Desjardins
Le 23 octobre, à l’Anglicane
Si on faisait dans la critique minimaliste, on pourrait aisément résumer le nouveau spectacle de Desjardins: impeccable! Pour ceux qui l’ont déjà vu, rien là de bien surprenant. Ajoutons tout de même quelques précisions pour les autres.

Une soirée avec Desjardins, c’est d’abord une rencontre avec son univers poétique, avec ses passions et ses coups de gueule. Dans l’atmosphère intimiste de l’Anglicane, c’est aussi participer à une espèce de communion avec des spectateurs qui se délectent de la moindre parole de l’auteur, qu’il s’accompagne de sa guitare, de son piano ou de rien du tout. Toujours aussi intense, Desjardins prend manifestement beaucoup de plaisir à interpréter les chansons de son petit dernier, Boom boom. Tellement, d’ailleurs, qu’il y consacre la majeure partie du spectacle et en profite pour laisser de côté quelques-uns des classiques réclamés par la foule.

En cherchant des poux, on pourrait peut-être lui adresser un tout petit reproche. Avec des interventions toutes préparées, des répliques toutes prêtes, Desjardins use trop peu de son sens de la répartie et s’adresse trop rarement aux spectateurs de façon spontanée, dans une salle qui se prête pourtant facilement à ce genre d’exercice.

Mais on ne va quand même pas chipoter pour si peu. (P. Frisko)