Cryptopsy : Lourd de sens
Musique

Cryptopsy : Lourd de sens

Le responsable de la promotion chez Century Media, Matthew Bower, affirme que Cryptopsy a complété, avec Whisper Supremacy, ce que Black Sabbath avait amorcé trente ans plus tôt, avec son premier album éponyme. C’est-à-dire enregistrer un disque encore plus noir et lourd, en plus de briser les limites de la brutalité et de la rapidité pour un groupe de death métal. Ou plutôt de musique extrême, pour reprendre les termes du quintette.

Lorsque je leur demande leur opinion sur cette affirmation, quatre paires d’yeux tout ronds me fixent d’un air pour le moins ahuri. C’est que les guitaristes Jon Levasseur et Miguel Roy, le bassiste Éric Langlois et le batteur Flo Mounier (le chanteur Mike DiSalvo est absent) reviennent d’une tournée de quatre semaines aux États-Unis. Depuis leur retour, ils n’ont pas eu le temps de prendre connaissance de la note de Bower aux médias. «C’est absolument impossible de nous demander d’évaluer notre matériel de façon objective, commente Flo. Je pense qu’il y va un peu fort mais bon, s’il veut pousser Whisper Supremacy (produit par Pierre Rémillard) de cette façon…»

Faut dire que Century Media voulait vraiment avoir Cryptopsy dans son équipe. «En fait, trois compagnies de disques s’intéressaient à nous, probablement suite à notre succès auprès du public lors du Milwaukee Metalfest, en 1997, explique Jon. On a donc procédé par élimination, et on a signé avec la compagnie répondant à nos exigences en plus d’offrir les meilleures conditions.»

En 1996, quelques mois après la sortie de leur second album, None So Vile, le chanteur Lord Worm quitte la formation pour être remplacé par Mike DiSalvo (ex-Infestation). Quelle a été la réaction? «A Montréal, je dirais qu’il y en a deux: ceux regrettant Lord Worm, sa présence sur scène, sa manière de chanter; et ceux préférant Mike pour ces mêmes raisons», lance Éric. Cela dit, c’est de la vieille histoire pour le groupe, conscient de sa chance d’avoir trouvé Mike. «Il s’est adapté rapidement, et on est très satisfaits, car ce n’est pas tout de trouver un bon chanteur, il faut que ça clique et que les idées musicales concordent», ajoute Flo. Lors de la tournée venant de se terminer, les gars ont pu s’assurer de leur bonne entente. «On avait déjà fait des tournées de quelques semaines au Canada, mais disons que celle-ci, avec Gorguts, Oppressor et Nile, était le test ultime», dit Jon.
Cryptopsy ayant habitué ses fans à un produit de qualité, les attentes étaient grandes. «Ça n’a pas été facile, car on voulait un album de huit morceaux différents et très intenses», explique Flo, un peu exaspéré de répondre à la sempiternelle question concernant leur préférence pour le matériel extrême. «Lorsqu’on compose, on ne se pose pas de questions, on joue ce qu’on aime, tout simplement», lance-t-il. Et leurs préférences musicales ne vont pas nécessairement aux musiques extrêmes. «Il faut garder en tête que les gens ne veulent pas entendre du réchauffé. Il faut avoir l’esprit ouvert, écouter d’autres genres musicaux pour ensuite incorporer ces nouveaux éléments à sa propre musique. Par exemple, tel big band peut m’avoir inspiré un grind mais personne ne s’en doutera puisque je l’ai adapté à ma vision de la musique qui s’appelle Cryptopsy», de conclure le batteur.

Le 6 novembre
Aux Foufounes électriques