«Je me fous pas mal des critiques, ce sont des ratés sympatiques…»
– Mouffe /Robert Charlebois /Pierre Nadeau
Non, vous n’assistez pas à l’essor d’une carrière prometteuse (et lucrative?) en journalisme. Je n’en ai ni le talent ni l’ambition. Ce n’est pas non plus la vengeance écrite d’un musicien frustré par ces méchants scribes qui se font un devoir de couper l’air sous les ailes de jeunes artistes ayant à peine pris leur envol. Loin de moi ces pensées négatives. D’ailleurs, je ne pourrais dire grand-chose, Groovy Aardvark (c’est mon groupe) ayant été épargné – voire choyé – de ce côté depuis plusieurs années. Rien de tout ça. Je ne fais que me prêter de bonne grâce au jeu. Le jeu des rôles inversés.
En effet, pour clore sa douzième édition, Coup de cour francophone propose un retour d’ascenseur bien spécial, soit un spectacle où les journalistes vont «chanter» et les artistes, «critiquer» les performances de ces ratés sympathiques dans leurs médias respectifs. Les profits de cette soirée, animée par Gildor Roy, seront versés à l’organisme de dernier recours Les Enfants de l’espoir Maisonneuve, qui offre des services aux familles en difficulté du quartier Hochelaga-Maisonneuve.
Dans le coin gauche… Stimulés par le poids du défi: les journalistes Claude André, Marie-Christine Blais, Jean-François Brassard, Renée-Claude Brazeau, Alain Brunet, Geneviève Borne, Alain Chartrand, Sylvain Cormier, Claude Côté, Patrick Gauthier, Monique Girard, Richard Labbé, Diane Lafrance, Élaine Lauzon, Valérie Letarte, Patrick Marsolais, Pénélope McQuade, Eric Parazelli, Nathalie Pelletier, Nathalie Petrowski, Maryse Roberge, Nathalie St-Pierre, Laurent Saulnier, Pierre Thibault, Nicolas Tittley, Marie-Christine Trottier et Pascale Wilhelmy. Ouf. tout ce beau monde se commettra dans au moins un numéro, dirigés musicalement par Jean Garneau et entourés du band à Gildor, soit les musiciens Jean Comeau, Mathieu Cormier et Jean-Sébastien Fournier.
Dans le coin droit. pesant tous leurs mots: les artistes Nancy Dumais, Louise Forestier, Bourbon Gauthier, Éric Lapointe, Sylvain Lelièvre, Térez Montcalm, Patrick Norman, Geneviève Paris, Marie-Denise Pelletier, et la liste de descendre bien au-delà de mes cinq cents mots permis!
Un face-à-face musclé donc, qui pourrait sûrement donner l’occasion à certains de régler de vieux comptes avec ceux et celles qui auraient eu la mauvaise fortune de glisser quelques phrases dures à leur égard. Prêts à faire face à la musique? «Ça ne m’énerve pas encore, assure Richard Labbé. J’ai été dans plusieurs groupes, et mon dernier, les PsychoTramps, s’était même rendu en demi-finale du concours Polliwog en 96.» Pas trop hors de son élément, Richard nous proposera sa version de Ça plane pour moi de l’idole de tous: Plastic Bertrand (Plastique Labbé?). Du côté de monsieur Saulnier (que je remplace pour l’occasion), le défi pourrait en être un de taille. S’autoproclamant «le pire chanteur de la planète», il a mis une croix sur une carrière d’artiste dès le début. «Pour ne pas casser les oreilles à ceux qui en ont!» Comment s’en sortira-t-il? «En interprétant Lola Rastaquouère, une pièce. parlée de Gainsbourg! Le seul fait de monter sur scène est suffisamment stressant, s’il fallait que je chante en plus!» Dommage, ç’aurait pu être, pour le moins, assez bidonnant.
L’organisme communautaire Les Enfants de l’Espoir Maisonneuve loge au 4375, Ontario Est, d’où l’idée de fixer le prix d’entrée à cette soirée-bénéfice au montant de 43,75 $. Ce n’est pas tout puisque, suivant la même logique, deux paires de billets sont offertes à 437,75$, et une autre à 4375 $. En cette soirée, l’espoir a un prix! Un reçu d’impôt pour don de charité sera émis par l’organisme, le soir du spectacle, à tous les acheteurs de billets sur présentation de ceux-ci. Artistes, à vos magnétophones, vous pourriez vous doter d’un puissant outil de chantage.
Le 15 novembre
Au Cabaret