Lorsqu’ils sont arrivés sur la scène du Corona, mercredi dernier, j’ai eu l’impression que Les Colocs étaient maintenant du calibre de La Mano Negra, avec tout ce que ça comporte de folie, mais aussi d’assurance, avec tout le côté festif et bruyant, tout en étant impeccables musicalement. Un exploit, en quelque sorte.
Il faut dire que même si la compétition au niveau des groupes québécois francophones, en ce moment, n’est pas des plus fortes, Les Colocs tirent extrêmement bien leur épingle du jeu. Le band est tellement soudé qu’il montre un réel plaisir sur scène. Un plaisir tel, en fait, que le groupe ne décroche pas: c’est plus de deux heures trente – et sans entracte – qu’il passe sur la scène du Corona!
Bien sûr, c’est long. Mais regardez le nombre de chansons à succès interprétées et vous verrez qu’ils n’ont pas beaucoup le choix: Passe-moé la puck, Bon Yeu, Dédé, La Rue Principale, Mauvais Caractère, Tassez-vous de d’là, Julie, Maudit qu’le monde est beau, La P’tite Bébitte, etc. Et c’est sans compter les nouvelles compositions de Dehors novembre: la chanson-titre, Belzébuth (en ouverture), Le Répondeur (une classique en devenir), Pis si ô moins, etc. Bref, pas de quoi emballer tout ça, vite fait bien fait, en moins d’une heure trente…
D’autant plus que la nouvelle formation des Colocs (en tout, dix personnes sur scène) est vraiment bonne. Au trio de base (Dédé Fortin au chant et à la guitare, Mike Sawatzki à la guitare principalement, André Vanderbiest à la basse), s’ajoutent quatre compagnons de voyage (Justin Allard à la batterie, Pape Adbou Karim Diouf au chant et aux percussions, Alhadji Fall Diouf au chant et aux percussions et l’harmoniciste Rick Weston), plus quelques invités: Michel Dufour à la batterie, Jean-François Lapierre au saxophone, à la clarinette et au violon, ainsi que Charles Imbeault à la trompette.
Si tous ces musiciens n’étaient que bons, ce serait déjà pas si mal. Mais, à les regarder sur scène, on se dit que lorsque Dédé Fortin sera fatigué de faire de la musique, il aura déjà un avenir tout tracé devant lui: directeur d’une agence de casting!
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Super soirée, mardi dernier, avec, tout d’abord, eels, au Café Campus. Ce groupe-là, c’est le Crowded House du futur. Il a cette même sensibilité pop, lourd héritage lennonien. C’est d’ailleurs beaucoup plus du côté de Lennon que de celui de McCartney qu’il faut se tourner dans le tandem des Beatles. De Lennon, E, le leader de eels, n’a pas que l’apparence physique: il a aussi son penchant expérimental, qui fait qu’il sait aussi déborder, jouer avec les brisures de rythmes, tout en conservant adroitement l’aspect hautement mélodique de ses chansons.
Le meilleur exemple de cette façon de faire est probablement la reconstruction totale de Novocaine for the Soul, un extrait de Beautiful Freak, le premier album du groupe. D’un mid-tempo un peu à la Beck, cette chanson, en concert, devient une espèce de tango bancal, qui pourrait presque s’apparenter à du Tom Waits. Cependant, jamais nous ne sommes perdus en chemin: la mélodie balayant tout sur son passage.
Il faut dire cependant que eels ne nous a pas gâtés en fait de vieilles chansons. Ni Rags to Rags, ni Susan’s House, ni Your Lucky Day in Hell, trois pièces de résistance de Beautiful Freak, ne figuraient pas au programme de mardi dernier. Mais on ne leur en veut même pas. Pas plus que de ne pas avoir interprété Dead Flowers des Rolling Stones, comme le groupe le faisait lors de sa tournée européenne. Electro-Shock Blues, le plus récent compact du groupe, est tellement bon qu’on ne peut plus rien dire. Ne reste qu’à espérer un second passage montréalais le plus tôt possible…
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Tout de suite après, rendez-vous au Cabaret pour le premier spectacle montréalais des Britanniques d’Asian Dub Foundation, un groupe qui mise tout sur le groove et le rythme et qui est passé maître dans l’art de faire plier le genou. Pas énormément d’influences asiatiques, malgré le nom du groupe, mais une irrésistible façon de faire danser les machines, d’imposer un rythme et de le conserver jusqu’à épuisement du stock de danseurs. Et croyez-moi, on en aurait repris encore…
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Un mot sur M, qui était au Lion d’or, vendredi, dans le cadre de Coup de cour francophone. Mec très particulier, seul sur scène, avec, ce soir-là, une envie folle de déconner. Ce qui faisait l’affaire de quelques spectateurs à l’avant, qui auraient entendu M péter et qui auraient ri à gorge déployée. Heureusement, M sait aussi écrire et interpréter des chansons, qui, chez lui aussi, ont parfois un relent pop qui n’est pas sans évoquer les Beatles. Dommage cependant que son spectacle n’ait pas été plus long. Juste comme il terminait, il me semblait que je commençais à y prendre plaisir. Faudra-t-il réclamer son retour à lui aussi?