le 18 novembre, à la Salle Albert-Rousseau
Une toute petite pianiste. Trois messieurs de noir vêtus. Des visages connus. Quelques bons mots, cinq chansons, un enchaînement connu. Pour celui qui a entendu Pierre Perret l’an passé, cette ouverture annonce une redite. Ce ne sera pas le cas… pour le meilleur et pour le pire. D’abord, la Salle Albert-Rousseau n’a pas la chaleur communicative de la Maison de la Chanson. Perret le sent et l’avoue. Il est inquiet et se répète devant un public qui prend tout au premier degré. Perret est à la bourre, pas le temps de s’envoyer un coup de Perrier entre deux chansons sans que le verre ne résonne dans un silence complet. «J’arrive, j’arrive», lance-t-il à deux reprises. Bien sûr, les chansons rigolotes provoquent à tout coup des éclats de rire, mais Au café du canal et Ma nouvelle adresse ne recueillent que des applaudissements polis. Visiblement, on veut Le Zizi, on veut Les Colonies. On veut se marrer… Tout va trop vite. Perret tient le coup, imposant d’une voix plus fragile un répertoire riche qui n’est pas le plus populaire. A l’heure du rappel obligé, la salle est tiède. Perret annonce de nouvelles chansons tirées de son dernier album. On imagine le casse-gueule. C’est une première, Perret hésite, reprend, oublie, s’entête. Ces efforts touchent la salle au cour et, contre toute attente, les titres engagés et écolos de La bête est revenue soulèvent la foule. La voix s’est posée, le calme est revenu. L’artiste conclut avec quelques succès dont, bien sûr, Les Colonies. Ovation debout. Au fil d’arrivée, Perret gagne, mais de justesse. (F. Desmeules)
***
Mass Hysteria
Le 20 novembre, au Kashmir
Lors de son dernier passage à Québec, au mois de mai dernier, Mass Hysteria avait quasiment volé la vedette à GrimSkunk. Sa prestation n’avait pas seulement réchauffé l’atmosphère, elle avait complètement mis le feu à la salle Saint-Esprit. Le week-end dernier, les Français étaient de retour à Québec devant un public venu exprès pour danser sur son mélange unique de métal et de techno. Ce fut le délire! A peine handicapé par le malaise de son bassiste, qui a joué malgré une sévère grippe et près de quarante degrés de fièvre, Mass Hysteria a donné un concert époustouflant.
Mass Hysteria, c’est une affaire de rythme, d’énergie, d’amitié et de convivialité. Les Français ont beau miser sur des guitares particulièrement lourdes et affûtées, on n’a jamais l’impression qu’ils sont là simplement pour nous en mettre plein la gueule et nous arracher les oreilles. Pourquoi? Parce que le groupe assouplit judicieusement sa musique à l’aide de boucles rythmiques et de sampling. Parce que les slogans positifs de Mouss invitent au respect et à la danse. Parce que Mass Hysteria cherche à faire participer son public et non à le balayer avec une surdose de décibels et lui faire croire que ça fait du bien. Ce qui fait vraiment du bien, c’est de danser jusqu’au bout de sa sueur, jusqu’à ce que nos jambes ne veuillent plus nous porter. Et c’est ce qu’ont fait la plupart des spectateurs, jusqu’à la finale sulfureuse. Imaginez: à la toute fin du concert, Mouss a invité les chanteurs de Guérilla, de Putrid et de Tereza à le rejoindre sur scène pour interpréter Refuse/Resist de Sepultura… Démentiel!
Évidemment, Mass Hysteria a profité de cette visite pour nous jouer quelques chansons de Contraddiction, qui paraîtra en janvier dans l’Hexagone. Message à qui de droit: il faut absolument que ce disque soit distribué au Québec! (A. Vigneault)