

Holly Cole : Remise à neuf
Claude Côté
Sur disque, elle nous a étonnés par sa simplicité et son sens du renouvellement. Sur scène, c’est son charme fou et ses airs grivois qui ont pris le relais. Holly Cole revient visiter sa ville préférée, avec, sous le bras, Treasure 1989-1993, un mélange de succès et de chansons inédites. Même si, de son propre aveu, elle a toujours été mal à l’aise dans le créneau jazz, il reste qu’à sa manière, elle est entrée dans le jeu. Aujourd’hui, elle en est ressortie. Autre aveu qui confirme ce qu’on savait déjà: femme-enfant, elle l’a toujours été, et ce n’est ni vous ni moi qui allons la changer.
«Ce sera assurément un concert de Noël, mais sans tout le côté religieux de la fête, précise-t-elle. Vous n’entendrez pas tous les jingles de centres commerciaux. Les chansons de Noël que j’ai choisies ne sont pas tellement connues. Elles évoquent une tout autre attitude par rapport à la fête de Noël. It’s a pretty fun show. Mais je tiens à ce que le concert conserve l’intégrité du trio. Je ne voulais pas avoir l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières du début à la fin et ainsi projeter une forte masse sonore.»
Toujours à propos du trio: «A mes débuts, nous n’étions qu’un pianiste (Aaron Davis) et un contrebassiste (David Piltch, maintenant remplacé par George Koller). Lorsque nous avons ajouté le batteur Mark Kelso, il a autant respecté que compris ce que nous avions bâti auparavant: notre son minimaliste, qui revient à less is more.»
«On a enregistré quelques nouvelles chansons, poursuit-elle, ainsi que des plus vieilles qui ne figuraient sur aucun de mes albums. Si Treasure est sur le marché, c’est grâce à mes fans. En correspondant avec eux sur mon site Web, j’ai constaté qu’ils voulaient entendre les chansons de mon premier trio. Après quelques recherches, à mon grand étonnement, je me suis aperçue qu’il y avait des titres jamais parus. C’est fou comme le temps passe. En observant les photos de ces époques, je n’en reviens pas d’avoir porté certaines robes et, dans la même veine, d’avoir chanté des chansons que je n’oserais certainement plus interpréter aujourd’hui.»
On retrouve donc sur Treasure, les meilleurs plages de Girl Talk, Don’t Smoke in Bed et Blame it on my Youth. On redécouvre aussi deux nouvelles chansons, Tea For Two et une chanson de Mary Margaret O’Hara, Christmas Trees and Holly Leaves. Cole, un peu comme Cassandra Wilson, est passée maître dans l’art de sortir des rangs. Sa version d’Alison (Elvis Costello), entre autres, est un choix éclairé, à l’intérieur de son registre. Mais il y a plus.
«J’adore toujours chanter Calling You. Comme j’aime encore chanter I Can See Clearly Now (Johnny Nash). Une chose est sûre, que ce soit une interprétation ou une composition, mon approche est la même: j’y ajoute mon attitude. Je m’approprie la chanson. Et j’en fais même un défi personnel. J’aime défier les gens sur la perception qu’ils avaient de la version originale. Un exemple de cela est ma version d’I’ve Just Seen a Face (Beatles). En agissant ainsi, je reste éveillée. Hé! j’ai besoin de défis comme n’importe qui. La seule et unique raison pour laquelle je choisis une chanson, c’est pour la réinventer.»
Le 5 décembre
A la salle Wilfrid-Pelletier