Musique

Prise de son : Ce n’est qu’un au revoir…

On peut dire ce que l’on voudra sur Bran Van 3000, qui était en spectacle au Métropolis vendredi et dimanche derniers, mais on se doit de respecter ce groupe, parce qu’il travaille sans arrêt.

Vous avez entendu mille fois, comme moi, le merveilleux cliché des artistes qui disent «adorer les spectacles parce que ce n’est jamais pareil». Pourtant, vous allez voir le même chanteur deux fois dans la même tournée, et vous vous apercevez qu’il vous a trompé: son spectacle est réglé au quart de tour et ne bouge jamais. Les mêmes arrangements, les mêmes farces au même moment, le même ordre de chansons.

Chez BV3, les spectacles ne sont jamais pareils. Et cette fois, c’est vraiment vrai. On ne les avait pas vus à Montréal depuis le Festival de Jazz, et le show a beaucoup changé depuis. Plusieurs nouvelles chansons (dont la très punk Party in N.D.G.), quelques reprises (une des Pixies, Enter Sandman de Metallica), et beaucoup de changement (ou peut-être simplement d’évolution…) dans les arrangements (Rainshine, entre autres…).
Si l’aspect musical n’est jamais négligé, le côté visuel est tout aussi soigné. Imaginez: le show commence avec un chanteur d’opéra déguisé en Gene Simmons de Kiss devant le rideau de scène. Lorsque celui-ci s’ouvre, les trois chanteuses (Stéphane Moraille, Sara Johnston et Jayne Hill) sont vêtues de robes de couleur pastel, longues et vaporeuses, et portent des ailes. Dimanche soir, tous les autres membres du groupe étaient en veston bleu poudre et chemise à frous-frous. On se serait cru dans un mariage italien!
Cette volonté de travailler sans relâche donne également ses fruits. Le groupe (après plusieurs spectacles aux États-Unis et, surtout, en Europe) est maintenant rodé au maximum, sait se tenir sur une scène, sans toutefois se «mettre en scène». Les déplacements sont encore bordéliques juste ce qu’il faut, mais un bien beau bordel. La frénésie n’est plus aussi forte sur scène qu’il y a un an et demi aux Foufounes, et c’est bien normal.

C’étaient les derniers spectacles montréalais de la formation avant la parution de son deuxième album. C’est dommage. Parce que des partys comme celui-là, on en prendrait volontiers plus souvent. Et dire que Leloup prend aussi un break en même temps. Avec qui on va fêter en 99?

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Vous avez bien lu. Ce n’est pas un show d’adieu que BV3 a présenté au Métropolis, contrairement aux rumeurs qui circulaient depuis plusieurs jours. Bran Van 3000 reviendra, c’est certain (à moins d’un véritable malheur…). On ne sait pas quand ni comment, avec quels membres et pour faire quelle sorte de musique: mais le groupe reviendra.

Et il sera toujours dirigé par James DiSalvio, ça aussi, c’est certain. James DiSalvio est l’esprit de BV3 comme Kurt Cobain était celui de Nirvana. Rappelez-vous les déclarations de James depuis le début de sa participation à Bran Van 3000. Depuis toujours, il précise que cette formation est celle du premier album, celle qui répondait aux besoins du spectacle tiré du premier album. Que s’il a envie de faire un album de heavy métal, il s’entourera de musiciens capables de jouer ce type de musique. Il n’a jamais, à ma connaissance, juré que cette formation de Bran Van 3000 était la forme définitive du groupe et qu’elle ne bougerait plus.

Oui, en quelque sorte, il s’agissait fort probablement du dernier spectacle de cette formation de Bran Van 3000 à Montréal. Mais le groupe, lui, n’est pas mort.
Et James DiSalvio ne quitte pas BV3. Parce que BV3, c’est lui.
o o o
Dimanche soir, les Foufounes électriques accueillaient le groupe The Hellacopters, pur rock’n’roll, fait en Suède. The Hellacopters jouent fort et dur. The Hellacopters ne donnent ni dans le pop ni dans le métal, pas plus que dans le rockabilly. Juste du bon vieux rock’n’roll, un peu comme si Aerosmith oubliait tous ses gadgets et ses ballades pour revenir dans les clubs. Je dis Aerosmith, parce que Jon Spencer a encore trop de prétention. Je dis Aerosmith, parce que les cinq membres des Hellacopters ont vraiment l’air tout droit sortis des années 70, un peu à la Wayne’s World. La dernière fois que l’on a vu un aussi bon spectacle du genre dans un club montréalais, je crois que c’était lors de la visite de Gilby Clark, guitariste démissionnaire de Guns’n’Roses, au défunt Backstreet, alors qu’il reprenait la classique Dead Flowers des Rolling Stones.

D’ailleurs, l’un des meilleurs moments de la soirée de dimanche a certainement été la reprise de Gimme Shelter des Rolling Stones. Voilà, j’en fais même une proposition officielle pour le prochain compact du groupe: The Hellacopters Sing The Rolling Stones!
Yeah!