

Jeff Mills / Célébration : Compte à rebours
Deux artistes ayant à c|ur l1évolution des musiques électroniques de par leur démarche futuriste nous feront danser et basculer dans la prochaine année, lors du méga-party du jour de l1An Célébration. Entrevue avec JEFF MILLS et RICHIE HAWTIN.
Sylvain Houde
La véritable attraction de la soirée Célébration, le méga techno réveillon du jour de l1An qui fera vibrer Montréal pour nous propulser en 1999, c1est incontestablement Jeff Mills. Le D.J., producteur, musicien, distributeur, promoteur originaire de Detroit, âgé de 35 ans, qui partage son temps entre Chicago et Londres, débarque chez nous pour la première fois. De la très grande visite!
Virtuose de la table tournante (il en utilise trois, en plus d1une boîte à rythmes TR 909), il va jusqu1à jouer une cinquantaine de morceaux en une heure! Un petit vite sur le mix. Cofondateur du très influent projet Underground Resistance, en 90, qui allait définir le son techno de Detroit, hard et minimal, il poursuivra en solo, portant plusieurs chapeaux. Il met sur pied différents labels (Axis, Purpose Maker et, en janvier 99, Tomorrow), pour autant de genres que le concepteur musical en lui veut explorer. Il joue jusqu1à 250 soirées par année comme D.J. Et il a quand même trouvé le temps de nous parler, depuis Chicago.
«Pour moi, c1est plus facile de faire de la musique si j1ai une raison! Il y a beaucoup d1autres choses à faire dans une vie que de s1asseoir sur une chaise, derrière une console de son. J1ai besoin d1une bonne raison pour rester là des heures et des heuresS» Car la musique est une chose sérieuse pour Jeff Mills. Il ne s1agit pas simplement de cet assemblage de structures rythmiques minimales répétitives. «Il faut avoir une idée, un concept, avant de s1asseoir derrière un clavier pour faire de la musique. Même si l1idée peut se perdre dans la transmission qui s1effectue depuis l1esprit, vers le bras, vers la main, vers le clavier et, enfin, vers le disque!»
C1est pour ça que les titres de ses morceaux sont importants pour Mills: The Rings of Saturn, Cycle 30, Man from Tomorrow, LiquificationS C1est pour ça aussi qu1il est en voie d1ajouter des… voix. «J1ai souvent envie d1utiliser les mots. Et plusieurs morceaux ont été structurés, construits comme si j1entendais une voix qui chante ou parleS Si bien que je lance un nouveau label, Tomorrow, sur lequel il y aura beaucoup de segments avec des spoken words.»
De Jeff Mills, partout où il passe, on dit que c1est aussi bon à écouter et à danser que c1est beau à voir aller! Les disques virevoltent. Il en tient un sur son dos pendant qu1il est penché sur une des trois tables tournantes, ou qu1il a les mains occupées sur le beatboxS Mais l1homme qui mixe plus vite que son ombre ne perd pas de vue sa piste de danse pour autant. «Je pense que pour être un bon D.J., il faut apprendre très rapidement à lire son public, à découvrir sa personnalité, ce qu1il aime. Et réagir en quelques secondes. Parce que vous êtes là pour jouer expressément pour lui. Donc, vous devez fouiller dans vos boîtes pour trouver ce que vous devez jouer pour ce public-là, et le jouer dans le bon ordre. Ensuite, vous mettez le disque sur la table tournante, et vous devez savoir comment introduire ce morceau, comment le couper, pour que le public qui est devant vous aime ça! Et tout ça se passe en quelques fractions de seconde. Et quand je tente de lire le public, je me demande quel disque suivra, quel truc je feraiS C1est un trip mental! Et les années d1expérience ne nuisent pas! Mais c1est aussi un boulot, être D.J. Il y a des soirs où l1on est fatigué, décaléS Mais il y a aussi les soirs où l1on ne voudrait plus arrêter!»
Et Jeff Mills semble avoir bien hâte de lire le public montréalais, alors qu1il officiera à la Célébration de 23 h à 2 h. C1est donc lui qui sera aux commandes lors du moment fatidique ! «J1ai passé les veilles du Nouvel An, ces dernières années, en Angleterre, en Suisse, en Europe; et ce moment où l1on bascule d1une année à l1autre, ce rituel frénétique quand vient minuit me semble beaucoup plus observé et pratiqué en Amérique du Nord. A Londres, on se dit: il est minuit, O.K. Alors qu1ici, tout s1arrête, il y a un compte à rebours. Et la soirée devient crazy! Ça me plaît beaucoup de jouer pendant ce moment. Et ça me plaît que ce soit à Montréal.»
Plaisir que nous partageons égalementS L1année part du bon pied! En souhaitant que vous le preniez.
Le 31 décembre
Au CEPSUM de l1Université de Montréal
Voir calendrier Raves