

DJ Lafleche : De fil en aiguille
Sylvain Houde
La vague déferlante de compilations mixées par des D.J. est loin de s’apaiser. Même qu’elle gagne Montréal. Voilà donc le volume 2 des Montreal Mix Sessions de Turbo Recordings. Après un premier compact, par Tiga, à tendance techno, en voilà un second, par DJ Lafleche, d’allégeance house, celui-là.
Et pour le jeune D.J. montréalais dans la vingtaine, la sortie de cette compilation, où se côtoient les Arthur Baker, Roger Sanchez et le Québécois DJ Mateo, représente une percée dans la jungle des D.J. à l’échelle internationale. En effet, pour acquérir une réputation qui puisse dépasser nos frontières, il faut qu’un D.J. s’impose, soit en sortant ce genre de compilation, soit en produisant ses propres morceaux. «C’est un premier pas vers la réalisation de mes compositions», de nous confier le résident des soirées du samedi au Sona, où fut enregistré, live, le CD.
Et il ne faut pas s’étonner de la destinée de DJ Lafleche. «Mon père était batteur, d’abord dans des groupes pop-rock, puis au sein de formations jazz. A l’âge de six ans, je jouais déjà de la batterie. Et c’est à 13 ans que j’ai commencé à m’amuser avec des tables-tournantes, après être allé dans un club pour adolescents. J’ai compris que c’était la façon la plus simple de faire de la musique seul, sans avoir besoin d’autres musiciens. Au début, je n’avais même pas de pitch sur mes tables-tournantes, mais j’essayais de mixer, et j’ai commencé à acheter des disques.»
Et maintenant, 13 ans plus tard, non seulement tourne-t-il à travers le Canada au volant de ses platines, mais DJ Lafleche a commencé à s’installer à l’ordinateur pour créer ses propres pièces. S’il a l’ambition de faire une carrière internationale comme D.J. et producteur de house, il veut également sortir de l’underground pour toucher un plus vaste public. Toutefois, il demeure un ardent défenseur de la scène montréalaise et il entend bien participer à la définition du son de Montréal. «Les gens qui sortent dans les clubs viennent entendre les D.J. d’ici. Bien sûr, c’est intéressant de recevoir des gros noms de l’extérieur lors des méga-partys, mais il ne faut pas perdre de vue que ce sont les artistes locaux qui tiennent le fort le reste de l’année.»
Avec la sortie de ce volume 2 des Montreal Mix Sessions, DJ Lafleche va commencer à se promouvoir, d’abord à l’échelle canadienne, en se rendant dans les semaines qui viennent à Québec, Ottawa, Toronto, Vancouver, Victoria… Mais que ses fans montréalais ne s’inquiètent pas, il officiera tous les samedis au Sona.