Ça fait un bail qu’on n’a pas vu les Smitty’s à Montréal. Un an et demi, en fait: une éternité si l’on pense qu’à la belle époque de Me Mom and Morgentaler, on ne pouvait sortir sur Saint-Laurent sans croiser leur leader Gus Coriandoli (qui se fait aujourd’hui appeler Gus Van Go). Il faut dire qu’il y a trois ans, peu après la désintégration de Me, Mom., Gus s’est tiré vers la Grosse Pomme en compagnie des Smitty’s, un geste ambitieux mais essentiel, selon lui. «Ça n’a pas été facile, au début, affirme Gus. A Montréal, personne ne travaille; tous les musiciens vivent grâce à l’aide sociale ou à l’assurance-chômage, et les appartements ne coûtent pratiquement rien. Mais, à New York, c’était tout autre chose: on ne connaissait personne, on devait trouver un local de répétition et un appart, en plus de se tailler une place sur la scène musicale.»
Les Smitty’s se sont donc installés à Williamsburgh, un coin de Brooklyn que Gus appelle «le nouveau Soho» (le magazine Utne Reader a déclaré qu’il s’agissait du quartier le plus hip en Amérique du Nord), et se sont mis à travailler d’arrache-pied. Leurs efforts seraient sur le point de porter fruit: après d’innombrables concerts (du CBGB’s au Coney Island High) et quelques offres intéressantes d’étiquettes indépendantes réputées, ainsi que de quelques majors, le groupe a le vent dans les voiles. Ils viennent d’enregistrer quelques chansons en compagnie du réalisateur Tim Latham (Eryka Badhu, Lauryn Hill, Fun Loving Criminals), qu’on pourra se procurer en cassette lors de leur concert chez nous. Gus qualifie leur son actuel, riche en harmonies vocales et en guitares accrocheuses, de Mod-Core. «÷>Mod", pour l’inspiration britannique des sixties et pour notre look, et "core" pour le côté un peu agressif et rock.» En attendant l’album, Gus s’attend à de belles retrouvailles avec le public de sa ville natale. «Le moral est bon: on sait qu’on est le meilleur groupe non signé à New York, et que we rock like motherfuckers, alors on est prêts à revenir à Montréal.» Le 22 janvier, au Petit Campus. (Nicolas Tittley)
François Marquis
L’énigme de la saison. Ceux qui ont assisté aux quelques soirées des Noctambules se souviendront peut-être du fameux participant au concours d’amateurs. C’était François Marquis, qui après avoir fait quelques soirs à La Petite Licorne l’an dernier, remet ça pour deux spectacles au Cabaret. Qu’en dire à l’avance? Rien. Ou si peu de choses. Même les gens du Cabaret, qui produisent le spectacle, ne savent pas trop comment le vendre. Une solution: il faut le voir pour le croire. Les 21 et 22 janvier, au Cabaret. (Laurent Saulnier)
Jonas and the Blues Blooded
Excellente occasion, le week-end prochain, de suivre l’éclosion de Jonas Tomalty, ce jeune chanteur de blues montréalais de dix-neuf ans. Avec son père Rick à la guitare et à l’harmonica, on se trouve peut-être face au premier tandem blues local père-fils. Pour avoir vu le jeunot à trois reprises, je peux vous dire une chose: il progresse à un rythme étonnant. Assurance, désinvolture, présence sur scène, le p’tit gars est de cette graine. Avec une section rythmique honnête et un guitariste (retenez ce nom) à toute épreuve, Corey Diabo, une belle petite machine de blues se promène dans les rues de la ville. Avec Jonas, tout est dans la façon. Non, il n’écrit pas encore tout son répertoire, mais son entrain et sa naïveté à refaire quelques standards font sourire. Eh oui, on est d’accord, il fait ses classes. Avec toute l’innocente fraîcheur qui vient avec. Un petit tour du côté des Beaux Esprits, les 22 et 23 janvier, pourrait même vous emballer. (Claude Côté)