System of a Down : Système nerveux
Musique

System of a Down : Système nerveux

Difficile de croire que le gars à qui je viens de parler, avec cette voix douce et calme, devient littéralement une bête sur scène, grognant et chantant ses textes d’une voix aiguë indescriptible, tellement elle est étrange. Serj Tankian, le chanteur du groupe californien System of a Down, aime bien que les gens manquent de mots pour décrire sa formation. «Je n’aime surtout pas qu’on qualifie notre musique de rock arménien simplement parce qu’on est d’origine arménienne ou parce qu’un morceau de l’album, P.L.U.C.K. (pour Politically Lying, Unholy, Cowardly Killers), dénonce le génocide qui a eu lieu en Arménie en 1915», dit-il doucement.

En fait, Serj n’apprécie pas les comparaisons simplistes car, pour lui, si System of a Down – également composé du guitariste Daron Malakian, du bassiste Shavo Odadjian et du batteur John Dolmayan – est difficile à décrire, il l’est encore plus à analyser. «Lorsqu’on compose, on évite à tout prix le piège des influences ou des recettes. Mes goûts musicaux sont extrêmement variés, tout comme ceux des autres membres du groupe, alors je pense que ça nous facilite grandement les choses. Quand on s’intéresse à une grande variété de styles musicaux, je pense que c’est impossible de copier les autres. D’ailleurs, selon moi, c’est encore possible d’être original musicalement, il suffit d’avoir un peu d’imagination, d’être ouvert d’esprit.»

Afin de savoir ce qu’il veut dire par beaucoup de styles différents, je demande à Serj de m’énumérer des formations qu’il aime. «Hum! Cite-moi des styles, et je te donnerai des noms», suggère-t-il. Commençons par les plus évidents, ceux qu’on retrouve sur le premier album éponyme, disponible depuis l’été dernier. Métal: «Bien sûr, Slayer, Metallica, et si on parle de death, j’aime Obituary, Cannibal Corpse, Mortician et ce groupe au drôle de nom, As Fuck.» Maintenant, le rap: «Il y a Nas (Escobar), Cypress Hill, les Beastie Boys. Pour être bref, j’aime tout ce qui est bon, que ce soit de la musique arménienne – je pense que SOAD possède le côté dramatique de la musique arménienne -, du reggae, jazz, new wave, punk, gothique, dance, etc.»

Les textes aussi sont un aspect important de la formation existant depuis 1995. «J’écris tout le temps des textes, à propos de ma vie, de celle de mes amis ou d’événements m’ayant marqué. Parfois, ils sont dénonciateurs (P.L.U.C.K.), tristes (Soil) ou sarcastiques (Cuebert, D-Devil). A travers eux, j’exprime mes opinions. D’ailleurs, pendant les spectacles, j’aime parler aux gens des sujets qui me touchent», ajoute le chanteur.
Parlant de spectacles, c’est lors d’un concert donné au Viper Room d’Hollywood que les gars ont attiré l’attention de Rick Rubin (producteur des Beastie Boys, de Public Enemy, et président d’American Recordings) et ensuite signé une entente en septembre 1997.

«Enregistrer avec Rick Rubin a été toute une aventure; il nous a permis d’enregistrer l’album de nos rêves. Sincèrement, si cet album devait être mon dernier, eh bien, je n’aurais aucun regret», conclut Serj. En spectacle avec Fear Factory, Obliveon et Puya (de Puerto Rico).

Le 26 janvier
Au Medley