

By Divine Right : Profession de foi
Nicolas Tittley
Même avec toute l’ironie du monde, il faut un sacré toupet pour appeler son groupe By Divine Right. Après tout, à l’exception de Normand L’Amour, l’inspiration divine, ça ne court pas les rues. Mais du toupet, ça n’est pas ce qui manque à José Contreras, guitariste, chanteur, claviériste et guide spirituel du groupe de Toronto. «Le nom du groupe, c’est une blague, mais je pense sincèrement qu’il y a une dimension spirituelle à notre musique», m’assure-t-il.
Joint au téléphone avant son départ pour la tournée canadienne avec les Tragically Hip, pour laquelle By Divine Right assurera la première partie, l’homme parle sur le ton calme et optimiste de ces croyants à la foi inébranlable. En effet, si Contreras et sa bande ont accepté le défi de tourner en compagnie du groupe canadien le plus populaire du moment, ce n’est pas pour jouer les martyrs et servir de chair à canon, mais pour transmettre la bonne nouvelle, en véritables évangélistes. «On sait très bien que les gens viennent voir les Hip, mais on dégage tellement de bonnes vibrations, qu’on s’attend à être très bien reçus, explique Contreras. Jusqu’à ce jour, on a toujours pu compter sur notre ange gardien, et on suppose qu’il va continuer à faire des merveilles pour nous. Le fait que les gens ne nous connaissent pas est tout à notre avantage, parce que lorsqu’on monte sur scène, on représente quelque chose de frais et de nouveau pour eux.»
C’est certainement vrai pour le public de Montréal, qui semble avoir largement ignoré le groupe depuis sa fondation en 1990. Dans le «rest of Canada», il en va tout autrement: depuis que leur dernier album (All Hail Discordia) a été repris par l’étiquette Nettwerk (qui abrite aussi Sarah MacLachlan), BDR s’est attiré les louanges de la presse musicale. Il faut dire que le groupe a tout ce qu’il faut pour être un succès canadien. Ces anciens étudiants du Thornlea Highschool (école ontarienne baptisée «Rock and Roll High School», puisqu’elle a abrité des membres de Change of Heart, Philosopher Kings, Moxy Früvoüs, hHead, Hayden et autres) sont des adeptes du pop rock mélodique, et ils ont travaillé avec le réalisateur Brendan McGuire (collaborateur de Sloan et des Superfriendz) sur All Hail Discordia, tout comme sur le nouveau Bless This Mess, qui devrait paraître à la fin février.
Moins beatlesque que Sloan, le son de BDR emprunte parfois à l’idiome musical de Pavement ou des Flaming Lips; mais, dans l’ensemble, le groupe aime bien la pop simple et joyeuse. «J’ai fait mon éducation musicale à la belle époque du cold wave; j’étais le petit goth typique habillé de noir de pied en cap, qui écoutait Joy Division toute la journée», explique José. Mais un jour, je me suis rendu compte que si je chantais tous les jours des trucs comme «La vie, c’est de la merde!», c’est exactement comme ça que ma vie serait, et j’ai voulu chanter quelque chose de plus positif. Tu sais, c’est facile de voir les choses en noir: le cynisme, le détachement et le pessimisme sont les attitudes les plus conformistes de notre époque. Aujourd’hui, les plus grands révolutionnaires sont ceux qui croient en l’amour et en l’espoir.»
A défaut de réinventer la musique rock, Contreras espère que By Divine Right pourra contribuer à une autre révolution, celle de l’esprit. «Le rock est simplement un véhicule pour toucher le plus grand nombre, c’est la musique folk de notre époque», explique José. «La forme n’a pas grand-chose d’original, mais c’est l’attitude, le message qui sont différents, et je suis persuadé que les gens sont réceptifs à ça.»
Le 5 février