Michel Cardin / Les Idées heureuses : A la découverte
Musique

Michel Cardin / Les Idées heureuses : A la découverte

L’ensemble Les Idées heureuses concocte un prochain concert autour de l’ouvre de Sylvius Léopold Weiss. Grâce à MICHEL CARDIN, luthiste canadien invité à cette occasion, la musique du compositeur allemand redevient accessible.

Le prochain concert-découverte de la 12e saison des Idées heureuses nous propose une rencontre avec le plus grand compositeur de luth du XVIIIe siècle, Sylvius Leopold Weiss. Né à Breslau, en 1686, et mort à Dresde en 1750, il est presque l’exact contemporain de Bach, dont il était par ailleurs l’ami. Considéré à son époque – chose rare!- comme un très grand musicien, Weiss était, paraît-il, l’instrumentiste le mieux payé de la cour de Dresde. Il a laissé plus de soixante-dix suites, grand ouvre dont nous pourrons découvrir une parcelle le soir du 4 février prochain.

C’est grâce au travail du luthiste canadien Michel Cardin que nous avons maintenant accès à une partie importante de l’ouvre de ce compositeur de génie, c’est-à-dire au fameux Manuscrit de Londres dont l’interprète a entrepris l’intégrale sur disque il y a plusieurs années. En 1998, Cardin remportait d’ailleurs le Prix Opus du disque de l’année, catégorie solo et petits ensembles, pour le Volume 5 de cette intégrale, paru sous étiquette SNE.

Depuis les débuts de cet ambitieux projet, on a loué le jeu précis et subtil du musicien, son sens du phrasé, son habileté dans la conduite des voix. Qui plus est, la redécouverte de Weiss apporte une réelle fraîcheur dans le paysage discographique national et international. Tout récemment paraissait le Volume 7, qui sera lancé à l’occasion du concert des Idées heureuses. Inutile, donc, de dire qui sera l’invité de cette soirée-découverte.

Michel Cardin interprétera pour nous la grande Suite en sept mouvements en ré majeur (Smith 26) tirée du Manuscrit de Londres, ainsi que le Concert d’un luth et d’une flûte (Smith 20) extrait du même manuscrit, avec Natalie Michaud à la flûte à bec. Comme il était de mise à l’époque de Bach et Weiss, on transcrivait fréquemment des ouvres pour d’autres instruments. C’est ce qu’a fait Bach avec la Suite pour luth en la majeur extraite du Manuscrit de Dresde. La violoniste Chantal Rémillard et la claveciniste Geneviève Soly nous l’interpréteront dans cette version du Cantor de Leipzig.

Le concert sera commenté par Geneviève Soly, qui traitera de questions essentielles concernant l’écriture pour luth, sa sonorité, ses dimensions esthétiques et son importance dans l’histoire de la musique.

Salle Pierre-Mercurejeudi 4 février 1998 à 20 h Trio FibonacciUn nouvel ensemble est né. Le concert inaugural du Trio Fibonacci aura lieu le jeudi 11 février à 20 h, à la Salle Tudor du magasin Ogilvy. Formé de l’extraordinaire violoniste Julie-Anne Derome, du violoncelliste Gabriel Prynn, et du pianiste-compositeur André Ristic, le Fibonacci a été fondé au printemps 1998 par ces trois musiciens associés au milieu de la création. Le nom de l’ensemble provient du célèbre mathématicien du XIIIe siècle, dont les théories et découvertes ont eu une influence majeure sur les techniques de composition musicale. Ce choix donne le ton, tout comme dans le cas du Molinari: le Trio Fibonacci se consacrera au répertoire du XXe siècle, en privilégiant la nouvelle musique canadienne. Mais attention, le Trio ne sera pas nécessairement un trio, et exploitera différentes combinaisons instrumentales. Dès le premier concert, on entendra une ouvre solo pour chaque instrument. De Chris Paul Harman, on entendra en première montréalaise Two Incidents pour piano solo, de Mauricio Kagel le Trio en trois mouvements, de Jonathan Harvey, Three sketches pour violoncelle solo, d’Ana Sokolovic, Quatre danses pour violon solo en création, et de Bernd Alois Zimmermann, Présence pour violon, violoncelle et piano, en première montréalaise. On nous annonce déjà que le reste de la saison comprendra des créations de John Rea, Jean Lesage, Yannick Plamondon, André Villeneuve et des ouvres de Toru Takemitsu et Valentin Silvestrov, entre autres. Die Fledermaus (La Chauve-souris) à l’Opéra McGillPour prolonger l’esprit des Fêtes en cette période de déprime hivernale, Opéra McGill présente une opérette très connue de Johann Strauss sur un livret de Carl Haffner et Richard Genée – d’après Le Réveillon d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy-, Die Fledermaus. Chantée dans sa langue originale, l’opérette est présentée par les étudiants du programme d’Opéra de McGill, dirigé par Dixie Ross-Neill. Mais pour sa production, Opéra McGill a néanmoins fait appel à une équipe de professionnels, à même d’aider les étudiants à vivre une véritable expérience scénique – et de donner au public autre chose qu’une modeste production étudiante. Le metteur en scène Hans Nieuwenhuis, le scénographe Mario Bouchard, l’éclairagiste Luc Prairie et la costumière Mireille Vachon travailleront de concert avec les étudiants qui se partageront la double distribution. L’Orchestre symphonique de McGill sera dirigé par son chef attitré, Timothy Vernon. Les mercredi, jeudi, vendredi et samedi 27, 28, 29 et 30 janvier à 19 h, salle Pollack de l’Université McGill.y