J’avoue qu’après plusieurs semaines de vacances, j’aurais peut-être pu me forcer un peu et essayer de trouver quelque chose d’un peu plus punché pour amorcer l’année. Peut-être aurais-je pu traverser le désert du Nevada à la poursuite de Marilyn Manson. Peut-être aurais-je pu tenter d’intercepter notre homme Keith dans sa désormais célèbre et extrêmement risquée bibliothèque.Même pas.
Mais, si j’en crois ce que j’entends depuis l’automne dernier, parler d’artistes inconnus qui donnent dans la chanson, au Québec, semble être un sport tout aussi dangereux. Certains disent même qu’on prêche bêtement dans le désert. Que nos lecteurs – et on visait particulièrement les plus jeunes – ne s’intéressent pas du tout à la question. Qu’il ne sert à rien d’apporter tous les arguments prouvant le contraire; toutes les études consacrées au sujet sont d’une rare unanimité: les jeunes ne veulent rien savoir de la musique québécoise.
Jeune et inconnu, François Marquis l’est sûrement. Il a passé deux soirées au Cabaret, la semaine dernière, avec son spectacle, aussi frais qu’inédit, qui mélange tout: chanson, humour, conte, complainte, etc. Un spectacle plutôt indescriptible où un plus vraiment jeune personnage nous raconte sa carrière, ne lésinant ni sur son époque grano des années 70, ni sur son époque «claviers» des années 80. En compagnie de son groupe et de ses instruments inventés. Et de ses «amies»: Jupon, Sheryl, etc.
En fait, ce que François Marquis nous offre, c’est un petit concentré de l’histoire de la musique pop contemporaine québécoise. Vite fait, bien fait, et le sourire aux lèvres. Sans mentionner de noms trop évidents; sans nous la jouer monstrueusement grosse. Juste un comédien-chanteur qui a une bonne petite idée et qui la pousse jusqu’au bout. Mais vraiment jusqu’au bout…
Est-ce que je peux vraiment vous en dire plus sur François Marquis? Lorsque je suis allé le voir, je n’avais aucune idée de la chose. Je ne savais aucunement à quoi m’attendre. Eh bien, franchement, c’était parfait ainsi. Peut-être en savez vous même déjà trop. C’était le risque à prendre pour que, la prochaine fois que vous verrez le nom de François Marquis, vous n’ayez pas peur d’investir quelques dollars. Honnêtement, cela m’étonnerait que vous le regrettiez…
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Les Foufounes électriques accueillaient, lundi dernier, le groupe Queens of the Stone Age, issu des cendres des mythiques Kyuss. On dit de QOTSA qu’il donne dans le stoner-rock, équivalent anglais de notre bonne vieille musique de drogués. On dit même, dans Rolling Stone, que QOTSA serait un des groupes qui donnent dans le heavy à surveiller de très près. Qu’il ferait partie, avec Pantera, Metallica et quelques autres, des dix meilleurs groupes métal actuellement en activité.
Désolé, mais non. Queens of the Stone Age donne dans un rock rétrograde, près de Steppenwolf et de cette période du début de années 70, alors qu’on tentait, pour la première fois, d’alourdir le blues-rock et d’y instiller le psychédélisme en vigueur sur la Côte-Ouest américaine. Rien à voir avec un rock lourd et contemporain.
Si le son propre de QOTSA me semble vachement rétro, il en va de même pour les structures de chansons; le groupe se perdant régulièrement dans de longs jams et ayant peine à retrouver son chemin à travers ce fatras de mélodies avortées, de solos interminables, de claviers monophoniques distorsionnés, etc. Honnêtement, rien pour me faire lever. Quant à Rolling Stone, on se demande encore comment ils ont pu inclure QOTSA dans cette courte liste et oublier Entombed… Est-ce, encore une fois, une marque indéniable du chauvinisme américain?
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En première partie de QOTSA, une des trop rares présences sur scène des Snitches, groupe de Montréal sur qui on a déjà fondé beaucoup d’espoir, mais qui manque cruellement de suivi, qui donne trop peu de spectacles pour que l’on puisse vraiment persister dans notre foi. Cependant, avouons-le, chaque apparition est un réel plaisir. Même si, encore une fois, on a eu affaire avec un bassiste ayant disposé d’un week-end pour apprendre la dizaine de chansons que le groupe a interprétées lundi soir.
Cela dit, insistons quand même sur la qualité des compositions des Snitches. Insistons sur l’implication du groupe sur scène. Insistons sur la maturité que le groupe acquiert petit à petit, trouvant le moyen d’en faire parfois moins, tout en restant d’une grande efficacité. Insistons sur l’originalité du son du groupe grâce au violon, instrument rare dans la musique pop. Insistons sur l’évolution du groupe qui joue de plus en plus dur dans les coins sans toutefois perdre son côté pop.
Espérons maintenant qu’ils ne souffriront pas du syndrome Me, Mom & Morgentaler…