Musique

Retour de son : Finale du Conga 99

Le 21 janvier, à l’Université LavalDans l’autobus qui nous ramenait vers le centre de la ville, ça spéculait fort: qui allait remporter cette treizième édition du Conga? One Ton et son melting pot musical rappelant parfois Bran Van 3000? Alaska et son ska? Ou RSK 720 et son «rock fusion», comme ils l’appelent? Le jury allait-il, comme l’an dernier, récompenser l’efficacité au détriment de l’originalité ou plutôt l’inverse?

Tard dans la nuit, le verdict est tombé. Les membres de One Ton, réunis au Kashmir, ont appris qu’ils étaient les champions. Étonnant, ce verdict? Oui et non. One Ton est, de loin, le groupe le plus original à s’être produit sur la scène du pavillon Pouliot. Tout en étant dans la mouvance actuelle, son mélange de funk, de pop noire, de rap, de rock et de new wave a quelque chose d’appétissant, sinon de rafraîchissant. Ce combo amoureux du rythme peut compter sur la voix puissante de sa chanteuse, Zita Laverdière, et la folie inventive de Byron Mykalof (guitare), Billy Martin (basse) et Cristobal DeVeer (batterie), autrefois des irrévérencieux Blokes.

On demeure cependant un peu surpris par le verdict car RSK 720, une formation rock alternatif assez conventionnelle, a nettement dominé la bataille. Du point de vue de la performance, s’entend. Paul Blanchard (voix) et les siens formaient une équipe nettement plus resserrée que les huit membres de One Ton. Et leur prestation, ponctuée de hits appartenant à d’autres, fut la plus appréciée du public. Quant à Alaska, on a vite compris qu’il avait peu de chance de coiffer les deux autres au fil d’arrivée. Le ska est une musique si codifiée que, lorsqu’on ne se permet pas quelques incartades, elle devient vite lassante…

Conclusion? On se réjouit de voir que Byron et sa bande auront enfin les moyens d’enregistrer un produit de qualité. Depuis qu’on a entendu Supersexworld cet automne, on savait que le groupe était sur la bonne voie. Ceci dit, on espère quand même revoir RSK 720 sur scène très bientôt. (A. Vigneault)

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The Smitty’sLe 23 janvier, au Kashmir

Ceux qui suivent The Smitty’s depuis quelques années le savaient déjà: le nouveau groupe de Gustavio Coriandoli et Baltimore Bix n’a vraiment rien à voir avec Me Mom & Morgentaler. L’ère ska-pop est bel et bien enterrée et a cédé le pas à un rock indéfinissable. Ce n’est pas du punk, mais ça relève du même état d’esprit. Ce n’est surtout pas du métal, mais ça a la même force de frappe. Ce n’est pas non plus du rock’n’roll, quoique les harmonies vocales fleurent le tournant des sixties.Le début du concert fut inquiétant. Je n’avais pas vu Gus sur scène depuis le tout dernier show de Me Mom et j’ai trouvé qu’il avait beaucoup vieilli. A ses côtés, Baltimore, Anthony Pops et Andreï Sputnik avaient, eux aussi, de sales gueules. Leur jeu était précis, mais leurs voix ne portaient pas. Quelques pièces plus tard, Gus annonçait que tout le band jouait malgré une forte fièvre et qu’il craignait même de perdre la voix. Belle soirée en perspective…A notre grande surprise, les musiciens se sont pris au jeu. Au beau milieu du concert – peu après que Gus ait sifflé quelques gorgées de whisky dans le verre d’une spectatrice consentante -, le groupe au grand complet a connu un regain d’énergie. Ils ont mis tout le jus dont ils disposaient. Et ça a marché! Gus est redevenu le showman que l’on connaît. Décidément, il n’y a que lui pour arpenter la scène à grandes enjambées, avec force mimiques, tout en brandissant sa guitare dans tous les sens. The Smitty’s n’a pas cassé la baraque, loin de là. Mais ils ont donné un concert qui donne envie de les revoir en pleine possession de leurs moyens. Au fait, à quand un vrai disque des Smitty’s?