

Thomas Fersen : Drôle de moineau
Laurent Saulnier
Photo : Jean-Baptiste Mondino
Ces temps-ci, juste avant son départ pour Montréal, Thomas Fersen est un homme occupé: après avoir passé quelque temps en studio, histoire de jeter les bases de son quatrième album, qui devrait être lancé quelque part à l’automne 99, le voici qui déménage pour la première fois depuis des années. Un exercice qui l’oblige à faire le tri dans l’amoncellement de trucs conservés au fil des ans. «Remuer toute cette poussière, ce n’est vraiment pas rigolo…»
Cet exercice, Fersen commence à y prendre goût. Il l’a fait il n’y a pas si longtemps pour mener à terme un premier livre. Destiné aux enfants, Bucéphale est la rencontre entre le texte de la chanson du même titre (que l’on retrouve sur Le Jour du poisson) et plusieurs photos de Robert Doisneau, celui-là même qui avait tiré le portrait qui orne la pochette du Bal des oiseaux, le premier album du chanteur parisien. C’est Fersen qui a sélectionné chacune des photos du livre dans le catalogue du grand photographe français. Comme si c’était une façon pour lui de boucler la boucle, comme si un premier cycle venait de se terminer… «Honnêtement, je ne croyais jamais qu’il paraîtrait, ce bouquin. Juste de demander la permission à Annette, qui s’occupe du legs de Doisneau, j’avais chaud à la tête. Mais tu vois, au départ, je n’étais pas certain si c’était une si bonne idée de remettre une couche de Doisneau. Puis, j’ai fini par me dire qu’effectivement, c’était peut-être une bonne façon de terminer quelque chose…»
Si Fersen revient au Québec (imaginez, dix-huit concerts: on ne se souvient même plus de la dernière fois où un jeune chanteur français a fait ça… «Je suis un grand inconscient. Quand je pense à ça, j’ai l’impression qu’il y a quelqu’un derrière mon dos qui dit: "Surtout ne le réveillez pas…"») dans un spectacle qui s’apparente à celui que l’on a vu il y a plusieurs mois, il nous présentera tout de même plusieurs nouvelles chansons. «Mais cela ne veut pas dire que le spectacle ressemblera à ce qui sera sur le disque. On tente des expériences en ce moment avec Vincent Frèrebeau (réalisateur des albums de Thomas). On change un petit peu l’habillage des chansons. Remplacer le piano par des Wurlitzer, par exemple, ou un vieil orgue. Pendant le spectacle, là où tu verras un changement, c’est beaucoup plus dans l’écriture des nouvelles chansons. C’est plus rigolo qu’avant. Ça me plaît d’entendre les gens rigoler. Mais attention, tu me connais, pas à n’importe quel prix quand même.»
Cette nouvelle formule, sans la batterie, expérimentée à plusieurs occasions sur les routes de France, a, selon Fersen, fait ses preuves. «On est plus avec les gens que lorsqu’il y a la batterie. Il n’y a pas ce mur sonore que fait la batterie. Et puis, plus ça va, plus ça me plaît de faire le pitre, pour te dire franchement… Je suis beaucoup plus cabot qu’avant. Et puis j’ai un peu – mais vraiment peu – perfectionné mes chorégraphies…»
Les 4, 5, 7 et 17 févrierAu Cabaret