Musique

Retour de son : Festival d’été

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Värttinä
Le 13 juillet, à la scÈne Molson Dry
On aura mis quelque temps à s’ajuster à ces quatre voix particulières, à leur registre aigu et à leur phrasé rapide, presque étourdissant, mais force est d’admettre qu’une fois plongé dans l’univers musical de Värttinä, il est difficile d’en ressortir. Comment se lasser, en effet, de cet environnement sonore dense, riche de cette polyphonie féminine bien sûr, mais aussi du jeu impeccable de six musiciens aguerris? Laissant de côté le kantele ancestral ainsi que l’instrumentation électronique, la formation finnoise n’a peut-être pas été aussi aventureuse qu’on aurait pu le souhaiter, mais il n’en demeure pas moins qu’elle a donné une prestation impressionnante qui lui aura certes permis de s’attirer un nouveau public. (N.H.)

Jérôme Minière et Jorane Peltier
Le 13 juillet, au d’Auteuil
Quelle différence entre le Jérôme Minière débutant d’il y a deux ans et celui qui montait sur scène dans le cadre du Festival d’été! Minière s’est maintenant déniché trois musiciens de scène, dont la prestation affranchit ses chansons de la connotation minimaliste qui leur collait à la peau. La rythmique plus puissante et appuyée, et la place prépondérante du côté électronique donnaient une rondeur inattendue à l’ensemble. On a pu aussi remarquer la présence d’un complice idéal et très efficace en Christian Miron, metteur en scène des ambiances électroniques et des échantillonnages. Une surprise de taille et visiblement appréciée de tous.

On en a eu la confirmation une fois de plus ce soir-là au d’Auteuil: autant sur scène que sur disque, la jeune violoncelliste Jorane Peltier fait preuve d’une prestance et d’un aplomb étonnants pour une débutante. Ses accompagnateurs (guitariste et batteur) font eux de même un merveilleux travail en épaulant de façon respectueuse la jeune femme sans jamais commettre de faux pas. Bref, un trio d’essence rock d’une grande exactitude et d’une charmante complicité. Mais, seule petite remarque, la technique semble tellement parfaite et réglée qu’on aimerait parfois que ça dérape un peu pour que ce Vent fou puisse se faire sentir encore plus. (J.-F.D)

Dubmatique
Le 14 juillet, à la scÈne du Maurier
On peut leur reprocher d’être un brin démagogues, ou que le Seigneur apparaît trop souvent dans leurs histoires, mais Dubmatique pourrait faire bien pire. Se comporter sur scène comme des amibes tenant un micro, par exemple: «One two, one two, aller check ça yo!» Oui mais, quand il n’y a rien à voir… La première fois que Dubmatique est venu à Québec, c’était dans le cadre du Festival juste avant Bran Van. Otmc, Disoul et D.J. Choice affichaient déjà une aisance de vieux pros. Cette fois, ils se sont montrés à la hauteur de n’importe quelle formation européenne ou américaine. Ce qui, dans un milieu où la performance scénique n’est pas une priorité, relève de l’exploit. Pour la relève, Dubmatique est encore et toujours l’exemple à suivre. (F.T.)

BNX et «rinôçérôse»
Le 15 juillet, à la scÈne Molson Dry
D’aucuns blâmeront la température maussade, la morosité du public ou l’environnement scénique extérieur pour excuser la froideur des prestations de BNX et des Jardiniers. Reste que le problème se situait ailleurs, sur scène pour être plus précis. Le D.J. bordelais nous a bien concocté un mélange de piécettes dignes d’intérêt, mais on n’avait malheureusement pas l’impression d’assister à un spectacle. Pas de performance physique à admirer, pas d’énergie à drainer. Idem pour les Jardiniers. L’électronica a-t-elle donc sa place sur scène?

«rinôçérôse» s’est chargé de nous rassurer. Ici, 3 guitares décapantes, simples mais terriblement efficaces, clin d’oil à la hard des années 70. Là, un percussionniste possédé, qui étoffait les rythmes house fort variés du D.J. Un peu plus loin, un flûtiste habile, écho lointain de Jethro Tull. Enfin, en retrait, la dame Patou, qui livrait des lignes de basses aussi grasses qu’inventives. Rien n’était froid, tout était dans la performance qui a atteint, çà et là, des sommets qui enflammaient le public, qui, à son tour, enflammait les musiciens… Et pourtant, c’était la même scène, le même public et la même température… (N.H.)

Ray Lema et les Tyour Gnaouas
Le 17 juillet, à la scÈne Molson Dry
La nouvelle aventure de Ray Lema le ramène aux sources de la musique de l’Afrique noire. Les marocains de Tyour Gnaouas, descendants des esclaves venus du Soudan, proposent un voyage initiatique; musique et danse provoquent la transe destinée à la guérison des malades. Sur scène, sagement plantés derrière leurs micros ou virevoltant au rythme des percussions, ils nous entraînent dans cet univers hypnotique. Lema les couve maternellement, le plus souvent les accompagnant au piano, parfois se promenant de long en large, toujours un peu en retrait. Certes, un beau spectacle, mais aucune explication, aucune communication. Nous en sommes repartis déroutés, perplexes. (G.T.)

Vincent Vallières
Le 18 juillet, à la scÈne du Maurier
Le concert de Vincent Vallières m’a rappelé celui qu’avait donné Kevin Parent à ses débuts dans les mêmes conditions. Trop peu d’assurance pour affronter une foule si grande. Le contact avec le public est soit inexistant (Vallières), soit extrêmement maladroit (Parent faisant allusion à ses problèmes de digestion). Ceci dit, Vincent Vallières a en sa possession des atouts qui lui faciliteront la tâche dans le futur. Il croit en ce qu’il fait, il a de l’enthousiasme et a déjà écrit quelques fort jolies chansons. Comme premier contact, on a déjà vu pire, mais aussi beaucoup mieux. (F.T.)