Quatre ans après le Twenty-Two Bar, cet hymne guilleret qui en a fait le chanteur-vedette de la «nouvelle chanson française», Dominique A a décidé de secouer les idées reçues avec Remué, un disque qui porte sacrément bien son nom. Sur un riff de guitare minimaliste, il murmure d’une voix étouffée: «Oh comment certains vivent_ comment veux-tu les suivre?»
Avec ce quatrième album, le chanteur nantais a décidé de ne suivre personne d’autre que lui-même, quitte à emprunter des chemins abrupts et rocailleux. Pas question de recréer l’improbable conjonction des astres qui a fait de La Mémoire neuve un improbable succès (environ 100 000 copies vendues, ce n’est pas rien). «On les aime, ils trahissent, se trahissent et nient tout», poursuit-il d’une voix neutre, bercée par la guitare rugissante. Sur ce nouveau disque, Dominique A ne trahit pas ceux qui l’aiment, mais il les teste. Car n’entre pas dans Remué qui veut: pour parvenir au cour de ce disque dense, il faut affronter un barrage de ronces et d’orties. «Évidemment, c’est un choix très réfléchi d’avoir mis Comment certains vivent au début du disque; je ne voulais pas commencer l’album en douceur, avec une chanson acoustique, et il n’y a pas de chanson fédératrice du genre du Twenty-Two Bar, alors il fallait donner le ton», lance Dominique.

La première chose qui frappe dans Remué, outre la forte présence des guitares électriques, c’est que l’étrange voix presque féminine que l’on retrouvait sur La Mémoire neuve semble avoir mué. «De tous les objectifs que je m’étais fixés avant de faire l’album, c’est l’un des rares que j’aie respectés, confirme Dominique. Sur La Mémoire neuve, il y avait des envolées lyriques qui ne me plaisaient pas du tout, et je voulais m’éloigner de ce style. Mais en fait, je reviens à quelque chose de plus naturel pour moi, à savoir une voix chantée-parlée proche de celle que l’on retrouvait sur La Fossette (son premier disque), mais une octave en dessous. Sur ce disque, je suis plutôt narrateur.»

Fort de sa nouvelle voix, Dominique a aussi modifié les conditions d’enregistrement, cherchant d’abord un son plus live lors de sessions d’enregistrement à New York, une expérience plus ou moins réussie. «La motivation première, c’était de déléguer un petit peu. J’ai voulu me concentrer sur mon rôle d’auteur-compositeur-interprète, et laisser tomber les rôles de producteur et d’arrangeur. Je suis d’un naturel assez paresseux et nonchalant, alors il m’est plutôt facile de déléguer mais, à un moment donné, j’ai failli devenir spectateur de mon propre disque.» Étrangement, les seules chansons qui sont restées de l’expérience new-yorkaise sont les plus calmes (la très belle Je suis une ville, ainsi que Ma vieille tête et Avant l’enfer).
De retour en France, en Bretagne, le groupe a durci le ton. «À New York, on était tellement tendus qu’on s’est payé des intermèdes champêtres pour oublier l’énergie de la ville. Curieusement, c’est à la campagne que les chansons les plus électriques sont arrivées. Je crois que c’est une question d’équilibre: on essaie toujours de compenser les effets de son environnement.» Dans l’ensemble, il faut donc s’attendre à un concert beaucoup plus rock que celui qu’il a livré lors de son dernier passage, intimiste, au Cabaret. Et même s’ils ne partagent pas la même affiche, il semble que notre souhait de voir Dominique rejoindre son ami Yann Tiersen sur scène pour quelques chansons sera exaucé. En ajoutant ces apparitions-surprises aux deux concerts «officiels» de Dominique A, vous n’avez guère d’excuses pour le manquer.y

Le 3 août à 22 h
Au Parc des Festivals

Le 4 août à 23 h
Au Spectrum
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