Un D.J. devant deux platines, c’est bien; deux D.J. devant quatre platines, c’est mieux! Cet exercice, exigeant une complicité, un sens de l’improvisation et une flexibilité à toute épreuve, sera accompli par deux poids lourdd du house: l’un a une envergure internationale, l’autre, locale… mais plus pour très longtemps!

«C’est ben plate, y a rien à voir…» Combien de fois avez-vous entendu des commentaires du genre de la part de gens qui, peu habitués ou peu stimulés à la vue d’un seul D.J. derrière ses platines, se plaignaient de n’avoir aucun repère visuel pour apprécier la soirée? Il est de plus en plus clair que le public des musiques électroniques s’élargit, mais, en prenant de l’expansion, il inclut dorénavant une bonne partie d’amateurs de spectacles de type «rock» en mal de sensations nouvelles, ayant l’habitude de «regarder» un show, d’assister à une performance. Pour ce public, danser le dos tourné à la scène, sans regarder «l’idole», demande un certain effort d’adaptation. Voilà qui explique peut-être la prolifération de performances électroniques live avec visuels ou celle des duos de D.J. jouant simultanément sur une scène bien en vue, comme le Montréalais Laflèche et le D.J. d’origine portoricaine DJ Sneak le feront lors de la sixième édition de l’événement Swirl, en ce week-end férié.

«C’est un peu dommage que dans le flyer ils aient parlé de confrontations entre moi et Sneak, car il n’y a aucun élément de compétition, précise Laflèche. C’est tout le contraire d’un combat de D.J. hip-hop; c’est avant tout un travail d’équipe.» En fait, même si aucun des deux n’est prêt à l’avouer, cette collaboration entre notre aspirant D.J. international et celui qu’on appelle l’inventeur du son «house filtré» (popularisé à plus grande échelle par des artistes comme Daft Punk et Armand Van Helden) prend des allures de parrainage. Il est clair que pour un gars comme Laflèche, qui nourrit de grandes ambitions, la présence de DJ Sneak à ses côtés ne peut être que bénéfique. Malgré tout, les deux, interrogés séparément, ont tenu à spécifier que l’amitié et les intérêts musicaux communs étaient les seules raisons motivant leur union: «Je connais Laflèche depuis quelques années et je l’ai toujours encouragé, explique Sneak. Je crois que c’est un D.J. incroyable, il sait ce qu’il fait, et il contrôle très bien la foule. Je l’ai déjà entendu jouer durant sept heures d’affilée au Sona et j’ai été très impressionné car, moi-même, je n’ai jamais fait ça. On a déjà joué ensemble au jour de l’An, mais pas très longtemps. Cette fois, ce sera quatre heures et on pourra vraiment explorer toutes les possibilités d’une telle collaboration. Ce sera très stimulant car Laflèche et moi, on a comme un câble imaginaire qui relie nos deux cerveaux…» «Avec le temps, on est devenu des amis, raconte Laflèche; mais, très franchement, au départ, il n’était pas vraiment enthousiasmé par mon style. Je voyais bien qu’il ne tripait pas tant que ça; mais il voyait la crowd qui réagissait très fort, et il a fini par "catcher" la vibe. On a des approches assez différentes et, lorsqu’on joue ensemble, ça donne quelque chose de vraiment intéressant. La première fois, on s’est aperçu qu’on connaissait assez bien le stock de disques de l’autre. Ce qui fait qu’à un certain moment du set, je l’ai pris par surprise en sortant le disque même qu’il étit en train de jouer, et j’ai passé le début de la pièce en boucle par-dessus la sienne. C’est des moments comme ça qui sont tripants…»

La signature sonore de Laflèche (un house progressif avec une touche funky), couchée sur deux parutions sur vinyles (un sur le label britannique Slang, et un remix pour l’Américain DJ Dan sur Moonshine), est connue des grosses pointures comme Luke Slater, Carl Cox, Roger Sanchez ou Derrick Carter, qui l’ont tous ajoutée à leur playlist. Et, alors qu’il prépare le terrain pour sa propre étiquette de disques (Frost Recordings), un deuxième Montreal Mix Sessions sur étiquette Turbo devrait atterrir dans les bacs des disquaires dès le 23 mai. Celui-ci, contrairement au précédent, sera distribué un peu partout à travers le monde, ce qui lui permettra certainement d’élargir son territoire. «Le premier était orienté "afterhours à cinq heures du matin"; quelque chose de très énergique. Alors que celui-ci, je le pars très funky et je fais monter la dynamique plus graduellement. En tout cas, il n’est pas fait que pour la piste de danse… C’est plus pour écouter avant de sortir, question de se mettre dans le beat.»

Dans la nuit du 21 au 22 mai, au CEPSUM, vous aurez tout le temps voulu pour vous mettre dans le beat, car Laflèche et Sneak officieront derrière les platines entre 8 h du matin et midi! Une autre bonne raison pour dormir durant la fête de la Reine…

Le 21 mai
Au CEPSUM

Voir calendrier Raves


Swirl 6

Tourbillon de saveurs

Le Britannique Luke Slater offrira sa première performance live en territoire nord-américain.

Même si DJ Sneak dit avoir déménagé de Chicago à Toronto pour l’aspect plus sécuritaire de cette ville, il reste que les forces de l’ordre de la métropole canadienne prennent tellement leur rôle au sérieux qu’il serait pratiquement impossible d’y organiser un événement comme Swirl. La politique de tolérance zéro (si elle permet de combattre la drogue) est aussi en train de tuer la scène rave torontoise. Heureusement, nous n’en sommes pas (encore) rendus là; et la sixième édition de Swirl aura même lieu sur un campus universitaire, haut lieu du savoir et de la formation intellectuelle de notre belle jeunesse!
Au menu de cette cybercélébration de la «Fête du Dollard» (comme les Productions 514 l’ont écrit sur le flyer de l’événement…), deux saveurs principales: l’une house, techno et trance; et l’autre, hip-hop. Du côté électronica, vers minuit, il ne faut surtout pas manquer la prestation live qu’offrira Luke Slater, l’un de nos chouchous techno depuis la parution de ses deux derniers albums, Wireless (99) et Freek Funk (98). Une première nord-américaine pour le musicien britannique! Et si plusieurs se pourlèchent les babines à l’idée d’entendre en primeur les morceaux trance que l’Allemand Paul Van Dyk nous offrira sur un nouvel album, début juin, la véritable découverte pourrait bien être l’Américain Bad Boy Bill, qui se sert de ses techniques d’ex-champion du DMC (concours de turntablists hip-hop) pour les adapter à une musique house et techno qui virevolte comme celle d’un Fatboy Slim sur l’acide. Prometteur.
Aussi au programme de cette salle: Justin Robertson de Lionrock; le maitre torontois du house progressif Max Graham; et nos D.J. locaux Luc Raymond, Tiga et Pfreud. Les amateurs de hip-hop qui arriveront vers les 23 h pourront profiter des mix de Kid Capri, mais c’est entre 3 h et 4 h 30 du mat’ qu’il y aura la plus grande concentration de talents derrière les quatre tables tournants: Mix Master Mike (voir chronique BPM), Apollo, Shortkut et Vinrock! Aussi à surveiller: le champion 98 du DMC Cash Money vers les 6 h; et la formation montréalaise Obscure Disorder avec A-Track aux commandes, vers les 7 h 30 du matin.

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