Le 23 juin, sur les plaines d’Abraham

Savoureux. Durant l’interminable spectacle de cette Saint-Jean 2000, les techniciens ont probablement dû manquer de ruban sur la cassette qui diffusait l’immense fleurdelisé sur les écrans géants jouxtant la scène. Si bien que pendant un moment, le drapeau claquant au vent avait ce mouvement bizarre d’un film qu’on passe à l’envers. En ces temps de plan B et de conditions gagnantes, c’était du bonbon pour les caricaturistes et les chroniqueurs politiques. Il y avait tout de même un show. Mais bon, le spectacle de la Saint-Jean, c’est un peu comme un Bye-Bye, beaucoup d’attentes et finalement bien peu à mettre sous notre grosse dent de mélomane. En dehors des grands noms annonçés (Kevin Parent, France d’Amour, Sylvain Cossette, et l’animation de Normand Brathwaite) se sont tout de même ajouté quelques belles surprises, parmi lesquelles Bob Walsh et Claude Léveillée. Comme le spectacle donne davantage lieu à refaire «en gang» les classiques du répertoire québécois, il y a en général bien peu à dire musicalement, dans le bon comme dans le mauvais. Passons donc sur Pierre Bertrand venu faire son tour de piste en chantant platement un Beau Dommage suranné, ou encore Sylvain Cossette interprétant le Jonquière de Plume comme s’il s’agissait d’une tournée de promotion rock-détente. Le spectacle, à la sonorisation correcte, recelait malgré tout des perles qui valaient à elles seules le déplacement: très beau duo de France d’Amour et de Claude Léveillée qui ont refait une Frédérique jazzée mémorable. Et que dire de Bob Walsh dans Offenbach? Du bon rock pur, efficace, sans fioritures, un pur délice. Même Normand Brathwaite, énergique harmoniciste dans Câline de Blues nous a fait regretter le temps où il accompagnait ses invités quand il faisait Beau et Chaud. L’hommage obligé à Dédé Fortin a quant à lui déçu. Pourquoi ne pas avoir profité de la Saint-Jean pour inviter son orhestre jamaïcain à venir jouer sur scène LA version de Tassez-vous de là ? Ce ne sont pas les 125 000 personnes bien intentionnées, mais pas chanteurs pour deux sous, qui ont sauvé le mémorable succès. Il n’y a tout de même pas de quoi fouetter un chat. Un spectacle sans grandes failles, une atmosphère bon enfant, des jeunes saouls peu portés sur le terrorisme et un beau feu d’artifice à la clé. C’est pas des conditions gagnantes, ça?

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