Peter Brötzmann : Souffle de vie
Musique

Peter Brötzmann : Souffle de vie

À l’instar de tous ceux qui oeuvrent dans la musique "vivante", le saxophoniste allemand Peter Brötzmann existe avant tout sur scène. Mais ça n’a pas empêché ce libre penseur (et grand improvisateur devant l’Éternel) de poser son souffle impétueux sur un nombre incalculable de disques au fil des ans. Aujourd’hui âgé de 60 ans, Brötzmann "joue free" depuis plus de 35 ans, et ne semble pas montrer de signes de fatigue, ni dans le soufflent, ni dans  l’audace.

À l’instar de tous ceux qui oeuvrent dans la musique "vivante", le saxophoniste allemand Peter Brötzmann existe avant tout sur scène. Mais ça n’a pas empêché ce libre penseur (et grand improvisateur devant l’Éternel) de poser son souffle impétueux sur un nombre incalculable de disques au fil des ans. Aujourd’hui âgé de 60 ans, Brötzmann "joue free" depuis plus de 35 ans, et ne semble pas montrer de signes de fatigue, ni dans le souffle ni dans l’audace. "C’est sûr, je suis connu pour mon style flamboyant et audacieux, comme vous dites, mais avec les années, on apprend à développer une subtilité dans le geste. Cette force qui est la mienne, elle vient de l’intérieur."

Et il a du feu dans le ventre, le vieux Peter. La dernière fois qu’on l’a vu sur scène, c’était à Victoriaville, avec son fabuleux Tentet, un collectif allumé de têtes grisonnantes. Il nous revient cette semaine avec le Die Like a Dog Trio, un combo où il partage la vedette avec deux des figures les plus importantes de la musique improvisée des 20 dernières années: le percussionniste Hamid Drake et le bassiste William Parker. "J’adore jouer avec le Tentet, mais ça établit quelques contraintes logistiques. Je dois agir à titre de chef et imposer ma vision aux autres musiciens de l’ensemble, même si je veux leur laisser le plus de liberté possible. En trio, c’est forcément plus immédiat."

Die Like a Dog se présente généralement sous forme de quartette, mais le trompettiste Toshinori Kondo n’étant pas libre, les trois autres comparses ont décidé de visiter l’Amérique du Nord sans lui. Attendez-vous donc à une performance plus épurée, en l’absence des traitements électroniques dont Kondo est coutumier. "Ça fait un bail qu’on n’a pas joué en trio, mais ça ne devrait pas poser de problèmes, lance Brötzmann en riant. Je connais William depuis 20 ans et Hamid, depuis une douzaine d’années. On est tellement habitués les uns aux autres que ça vient tout seul." Au-delà du naturel, composante essentielle de la musique free, les musiciens qui la pratiquent ajouteront systématiquement que la plus grande qualité d’un bon improvisateur, c’est l’écoute. Mais Brötzmann nuance: "Pour moi, la façon de parler est aussi importante que celle d’écouter. En impro, il faut que tu sois à l’affût des moindres gestes de tes partenaires; mais tu as aussi la responsabilité de parler clairement, de faire comprendre tes intentions à l’autre." Et est-ce facile de discuter lorsqu’on est confronté à des personnalités aussi fortes que celles de Drake et de Parker? "Disons que nos concerts ressemblent souvent à des discussions animées entre amis, parfois presque à des engueulades. On a des idées différentes mais, dès qu’on joue, on se retrouve. Cette tension est fondamentale."

Les 10 et 11 avril
À la Casa del Popolo
Voir calendrier Jazz, Blues, etc.