

Pierre Flynn : En terre commune
PIERRE FLYNN n’a pas la prétention de pouvoir enseigner quoi que ce soit à qui que ce soit, et pourtant, il a été choisi comme porte-parole, se produira en spectacle en plus d’offrir un atelier d’écriture pour cette dixième édition du Festival Musiqu’en Nous.
Marie-France Lettre [email protected]
Photo : Eric-Olivier Dallard
Avec le succès que connaît son dernier album, Mirador, on pourrait donner le droit et la légitimité à Pierre Flynn d’inoculer quelques conseils aux bizuts du showbusiness. "C’est pas à moi de dire ce que j’ai de spécial ou de pas spécial, c’est pas à moi de m’expliquer ou de proposer une appréciation de ce que je fais, c’est aux gens de l’apprécier ou de le qualifier." C’est sans doute pour ça que son rôle de porte-parole en est un de porte-voix, et non d’enseignant.
Toutefois, ça ne l’empêchera pas de présenter un atelier d’écriture de chanson. Ce n’est pas une initiative nouvelle du Festival Musique qu’en nous que de présenter ces ateliers. "Steven Faulkner l’a fait l’an dernier. J’ai appelé Steven cette semaine et lui ai demandé comment il avait fait, puis il m’a répondu qu’il s’est laissé guider… alors je ne dis pas que je ne me préparerai pas, mais je vais là-dedans, autant comme apprentis, que comme apprenteur, dans le sens que je n’y vais pas avec l’intention d’enseigner quoi que ce soit, mais de partager mes points de vue mes façons de faire, mes méthodes ou mes non-méthodes avec des gens que ça intéressent. Mais je le dis et le redis, je ne serai jamais professeur de chanson. La chanson doit rester un art de la rue. On ne l’apprend pas dans les écoles, même si de plus en plus c’est une discipline qui s’enseigne, moi j’ai encore une notion un peu romantique et bohème de la chanson, je veux qu’elle reste lâchée lousse, que ça reste l’art des rebelles et des incompris."
Retour à la terre
Ce ne sera pas un premier passage dans la Petite Nation pour Flynn. En fait, grâce à Michel Séguin (fondateur de Musique en août) il a découvert la région en 1975, où il avait eu un contrat pour aller y jouer, alors qu’il faisait partie du groupe Octobre. "On se disait que c’était un coin perdu, même Montebello je ne connaissais pas ça, on s’attendait à se retrouver dans le fond d’un rang, on y allait avec un peu d’appréhension. On arrive là dans un bar-spectacle, un hôtel, mais c’était plein à craquer et c’était le délire là-dedans. Vraiment, vraiment cool tsé! Et je pense que c’était le premier show qui s’organisait là avec des bands de l’extérieur. Michel Séguin est resté derrière tout ça et ça a été peut-être la Genèse de Musiqu’en nous."
Il y avait donc déjà une histoire entre la Petite Nation et Pierre Flynn, "une espèce de vieille connaissance" comme le dit le chanteur. "Et ça a commencé dans les années 70. Dans ce temps là, c’était un trip… ben j’imagine que Séguin dirait que c’était un trip de bière! Mais je pense que c’était une gang de freaks, qui s’installaient dans les campagnes, qui trippaient sur la musique et qui se sont demandé pourquoi ne pas faire venir des bands qu’ils aiment ici, à Saint-André Avellin, même si ça a l’air impossible. Et puis ce petit côté anarchique, amoureux, pas très business, bohème, ça correspond à ce que je suis. Maintenant, ce sont encore des passionnés de musique qui sont à la tête de ce festival et c’est ce qui me plait."
Le festival Musiqu’en nous se tiendra du 12 au 15 et du 19 au 21 juin 2003.
Renseignements: www.musiquenous.com. Billeterie:1-877-983-3131.