Louise Forestier : Phénix de l'année
Musique

Louise Forestier : Phénix de l’année

Abandonnée au présent, LOUISE FORESTIER semble avoir trouvé ses passages secrets entre passé et futur.

L’entrevue a beau se dérouler au téléphone, on se trouve tout à fait dans la cuisine de la chanteuse, entre le café qui s’amorce et les pêches légèrement trop mûres. Pas question pour Louise Forestier de jouer le grand jeu promotionnel, pas plus que de feindre l’indifférence. Elle est là, présente, disponible à ce qui arrivera, de la même façon qu’elle aborde désormais la carrière artistique.

Son récent disque Lumières résume son attitude actuelle. Fait de réinterprétations et de trois nouvelles compositions, l’album est un passage entre hier et demain pour une chanteuse ayant assumé tous les aléas de l’indépendance.

"Je ne fais pas partie des gens après qui courent les grosses compagnies, dit-elle d’emblée. Pour faire un disque, il me faut encore trouver une excellente idée, convaincre. C’est le disque de Robert [Charlebois] qui m’a mis la puce à l’oreille. J’ai adoré ce que La Tribu et lui ont fait ensemble, la correspondance a été parfaite. Ce n’est pas un mince défi que de croiser les générations, de présenter Charlebois ou Forestier à un nouveau public!

"En discutant avec les gens de La Tribu, j’ai décidé de recenser un ensemble cohérent de chansons, en mettant de côté les chansons d’amour. J’ai ensuite ajouté mes nouvelles compositions compatibles avec le reste. Tout s’est fait très instinctivement, en deux ou trois prises. La teneur plus contemplative des nouvelles pièces, écrites avec très peu de mots, représente bien la direction que je veux emprunter maintenant."

Il est assez révélateur de la voir bénéficier à la fois de la collaboration des frères Painchaud et de celle de Pierre Flynn, en plus de l’habituel Jean-François Groulx et de Normand Guilbault. Meublé de ponts entre les époques, le disque évite la formule du best-of et devient presque une création originale. Forestier demeure d’ailleurs attentive aux derniers développements de notre chanson: "Il y a Marc Déry que j’aime beaucoup, Marie-Jo Thériault que j’aime depuis toujours, plein de jeunes que vous ne connaissez pas, parce que je collabore avec Petite-Vallée. Fred Fortin m’épate totalement aussi, il est unique avec sa tête dure."

Ces derniers temps, Louise Forestier s’est beaucoup adonnée à l’écriture, notamment pour Maurane, Nana Mouskouri, Isabelle Boulay et Daniel Lavoie, entrevoyant même un livre: "Cet été, je collabore encore avec Daniel Lavoie pour écrire quelques chansons destinées à Enzo Enzo. Et puis je serai publiée chez Boréal à l’automne, avec un livre réalisé à partir de l’émission Livraison spéciale, lettres à une jeune chanteuse, animée l’an dernier à Radio-Canada. Ce sont des lettres factices que j’ai adressées à moi-même lorsque j’étais une jeune chanteuse. C’est vraiment entre réalité et fiction, une sorte de biographie menteuse."

Son attitude aujourd’hui très différente de celle des dernières années: "Je suis beaucoup plus en paix, plus confiante, détachée. J’ai beaucoup plus de plaisir à chanter. C’est vraiment let it be. Je me suis replongée dans l’état des années 70 pour en garder le meilleur, c’est-à-dire cette espèce de plaisir un peu nonchalant, très planant. Comme sur le disque, on va passer du psychédélique à l’a capella."

Va pour le meilleur, mais le pire, en quoi consistait-il selon l’artiste? "La dope! On n’a plus besoin de ça maintenant."

Les 25 et 26 juillet à 20h30
Au Club Soda
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