Thomas Hellman : French connexion
Musique

Thomas Hellman : French connexion

De retour sur scène, pour un véritable tour de chant cette fois, THOMAS HELLMAN confirme sa passion grandissante pour la langue française, parle de l’accueil élogieux que lui a réservé l’Hexagone et de l’incroyable beauté des Québécoises, qui l’inspire dans l’écriture de pièces pour son prochain album.

Depuis la parution de Stories from Oscar’s Old Cafe, au printemps 2002, le troubadour Thomas Hellman donne l’impression d’avoir changé de cap. Non pas qu’il ait renié son penchant pour la folk états-unienne à partir de laquelle il pratique d’habiles métissages, mais plutôt parce que son intérêt pour la langue anglaise semble décliner au profit d’un français avec lequel l’auteur-compositeur montréalais s’avoue de plus en plus à l’aise.

Déjà, les récentes compositions qu’Hellman présentera lors du Coup de coeur francophone et qui devraient toutes se retrouver sur son prochain album montrent un enracinement géographique et culturel plus prononcé qu’auparavant. "C’est vrai, atteste-t-il. En écrivant en français, je pense que j’ai non seulement découvert ma voix, mais que je me suis aussi vraiment intégré où je vis. […] Je crois que ça m’a permis de m’affranchir jusqu’à un certain point d’influences très fortes comme les Cohen, Dylan et Waits, alors que les chanteurs francophones qui m’ont influencé n’ont pas autant marqué ma manière de faire de la musique. Je sens donc une liberté nouvelle à faire des chansons en français, et ça me plaît énormément."

Une fusion de plus en plus assumée entre la folk, la musique de cabaret et la chanson à textes francophone a apparemment beaucoup plu au public français qui l’accueillait récemment pour une toute première fois, grâce à la bourse Rideau qui lui a permis de s’envoler pour le vieux continent au printemps dernier. Hellman raconte: "Il y a quelque chose de très exotique pour eux dans cette manière de chanter en deux langues et dans le mélange des styles. Mais je dois t’avouer que cet exotisme m’agace un peu par moments, parce que j’avais parfois l’impression que les gens observaient plus le phénomène qu’ils n’écoutaient les chansons, déplore-t-il. J’aimerais mieux ne pas trop capitaliser là-dessus, et qu’on mette l’accent sur les pièces la prochaine fois."

Un prochain voyage qui, si tout va bien, devrait précéder la parution du prochain album de Thomas Hellman, jusqu’à maintenant intitulé Au coin de Duluth et demain. Un disque qu’il promet toujours sous la forme du recueil de nouvelles musicales et de facture encore plus montréalaise – si le titre vous permettait encore d’en douter – que le précédent.

Témoigne aussi de cet enracinement géographique une nouvelle pièce au répertoire du chanteur, une joyeuse mélopée sur laquelle celui qui partage les gènes d’un Américain et d’une Française ne tarit pas d’éloges lorsqu’il vante les charmes des Montréalaises. À croire que, comme Alain Souchon, Thomas Hellman est convaincu que tout ce que font les hommes dans la vie n’a comme unique objectif que de voir sous les jupes des filles? "Oh oui!" rigole-t-il, avouant candidement que son intérêt premier pour la musique ne fut pas non plus étranger au magnétisme qu’exerce le musicien auprès des femmes. "D’ailleurs, se remémore-t-il, c’est mon oncle américain qui m’a initié à la guitare, et c’est en l’écoutant chanter de vieilles chansons du Texas que je me suis intéressé à l’instrument dont il me disait que c’était un babe magnet [un aimant à filles] (rires). Maintenant, par contre, j’ai une blonde, donc je ne m’en sers plus tellement, précise-t-il prudemment, mais c’est certain que la première impulsion vient de là…"

Dans le cadre de Coup de coeur francophone
Du 6 au 16 novembre

Info: coupdecoeur.qc.ca, (514) 253-3024