Les Demon’s Claws émergent des contrées plus obscures et complexes de la scène garage montréalaise. Un monde où les 45 tours font toujours loi, et où signer un contrat avec une étiquette italienne est pratiquement plus facile qu’avec un label du boulevard Saint-Laurent.

Les dédales du milieu rock garage montréalais regorgent de liens incestueux qui unissent les différentes formations entre elles. Il devient alors facile de s’y perdre. "Notre bassiste Ysaél Pépin a récemment fondé Mind Controls avec BBQ (ex-Sexareenos et Spaceshits), explique le batteur des Demon’s Claws Skip Jensen. Notre chanteur Jeff Clarke a joué avec The Cut Offs et Les Météors avant de fonder les Demon’s. Notre guitariste Pat Météors était aussi des Météors. Pour ma part, mon aventure avec Stack O’Lees et Scat Rag Boosters (où Skip était chanteur-guitariste) est bien terminée, mais je poursuis ma carrière solo."

Tel que mentionné dans la biographie des Demon’s Claws, l’esprit de cette scène rock se résume en quelques mots: "Je jouerai de la batterie pour ton groupe à condition que tu joues de la basse dans le mien." De surcroît, le milieu garage anglophone des Demon’s Claws évolue aujourd’hui en marge des populaires activités musicales du Mile-End et dans l’ombre des musiciens francophones du Nombre, des Breastfeeders et autres Psycho Riders. Pourtant, le combo inspiré des Stooges et des Rolling Stones a vu son premier album éponyme pris en charge par une maison de disques américaine (Dead Canary en Ohio), tandis que P-trash a lancé en Allemagne une version vinyle du compact.

"Les étiquettes québécoises ne s’intéressent pas vraiment à notre créneau plus pointu. En revanche, nous connaissons plusieurs labels étrangers se spécialisant dans la musique garage. Nous leur envoyons nos démos, et leurs réponses s’avèrent souvent positives." À 38 ans, Skip Jensen connaît particulièrement bien ce réseau indépendant mondial pour avoir tourné en Europe et aux États-Unis avec les Demon’s Claws, Scat Rag Boosters et son projet solo. Résultat, tous groupes confondus, Jensen apparaît sur une vingtaine d’enregistrements (dont plusieurs 45 tours) lancés en Suède, en Italie, en France, en Allemagne, aux États-Unis, au Canada et même en Nouvelle-Zélande. N’allez pas croire que le rockeur vive dans le luxe pour autant. "Impossible de contrôler tes droits d’auteur quand une petite compagnie italienne lance 500 copies de ton 7 pouces. Notre paye, ce sont les recettes des quelques exemplaires envoyés par les étiquettes vendus lors de nos concerts."

Évoluer sous l’aile de compagnies étrangères comporte tout de même de précieux avantages: les Demon’s Claws passeront les mois de novembre et décembre en Europe, histoire de donner plusieurs concerts et d’enregistrer leur deuxième album complet. Le disque paraîtra sur la prestigieuse étiquette In the Red (The Dirtbombs, Black Lips) en 2006. Les Claws devraient y conserver leur attitude rock défonce, bien qu’ils prévoient y injecter une touche plus country-folk. "Nous n’avons pas vraiment d’argent pour partir en Europe, révèle Skip. Afin de renflouer les coffres, en plus des concerts de cette semaine, je serai en spectacle le 31 octobre avec Ysaél et Pat au Cheval Blanc. Ce sera un party ouvert à tous pour souligner notre départ."

Le 21 octobre à 21 h
Au Main Hall

Le 24 octobre à 20 h 30
Au Petit Café Campus
Voir calendrier Rock / Pop

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