Natalie Choquette troque la folie des bigoudis et des spaghettis de ses alter ego pour le caractère solennel des chants sacrés d’église, dans le cadre de sa tournée Æterna.

Le tout a débuté alors que sa directrice artistique, Édith Provost, lui demande de faire un album de musique sacrée en l’honneur de son père, décédé du cancer, pour réconforter les gens qui vivent un deuil. Natalie Choquette, dont les deux parents ont déjà survécu au cancer, accepte. Elle deviendra par la suite porte-parole de la Fondation québécoise du cancer, lui offrant tous les profits des disques vendus à partir du site Internet de la Fondation et un dollar par billet de la tournée Æterna. Sur ce premier opus, lancé en novembre 2004 et lauréat du Félix de l’album de l’année dans la catégorie classique soliste et petit ensemble, la soprano interprète les œuvres les plus connues du répertoire de musiques sacrées de Bach, Haendel, Webber, Schubert, Mozart, Fauré, etc. "Le disque est assez méditatif, les chansons sont plutôt paisibles, alors, en spectacle, il faut quand même réveiller ceux qui s’endorment, donc je mets des Alléluia de Mozart et des choses plus rapides avec plein de vocalises."

Celle qui a l’habitude de mêler l’humour à l’opéra ajoute: "Ça me demande un effort en ce qui concerne mon insécurité par rapport à l’absence de décor, de mise en scène, de folies, de spaghettis qui revolent et de gargarisme avec du vin… Il faut que j’aille chercher autre chose au fond de moi, que j’avais avant de faire toutes mes folies et quand je chantais cette musique. Mais je fais quand même des présentations, je fais rire quand même les gens, je ne peux pas m’en empêcher."

Si Natalie ne croit pas qu’il faille être croyant pour interpréter ces chants, elle précise que c’est un exercice qui ressemble davantage à une prière. "Il faut quand même aimer la vie spirituelle… Je ne parle pas de religion, mais juste de plonger dans son for intérieur et de savoir qu’il y a quelque chose qui nous habite, qu’on n’est pas juste des machines, mais qu’il y a une partie de nous qui n’est pas physique…"

Fille de diplomates, elle découvre la musique sacrée en Italie à l’âge de 11 ans, alors qu’elle accompagne son père à une grande messe papale célébrée dans la chapelle Sixtine. "J’étais vraiment dans un lieu de beauté absolue lorsque j’ai découvert cette musique et ça m’est toujours resté… C’est un des moments très forts de ma vie."

Natalie Choquette vient de lancer Æterna Romantica, le deuxième opus de la trilogie Æterna, qui rend hommage cette fois à l’amour et à la vie. "Ce sont des pièces qui inspirent l’amour, comme la fameuse Barcarolle [elle en chante un extrait], pour se laisser bercer, aussi des nouveautés, comme la Vox Divina, dont j’ai écrit les paroles, alors que le compositeur montréalais cousin de ma fille Michel Cafard a fait la musique. Mon conjoint [le contrebassiste Éric Lagacé] a pensé à des extraits symphoniques qui pourraient être transformés en chanson, comme le mouvement lent de la cinquième symphonie de Mahler [elle chante], des choses qui portent au romantisme, quoi. Il y a aussi Sing With Me, sur un extrait de la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak, en duo avec ma fille Éléonore, ça, c’est ma préférée, je la trouve tellement belle", affirme Natalie en entamant l’air pour le plaisir de mes oreilles.

Et peut-on avoir un indice de ce que sera le troisième volet de la trilogie? "On est en train d’y réfléchir. Je ne sais pas si ce sera Æterna Electrica… Parce qu’on a vraiment fait de la musique de réconfort, le troisième sera plus dynamique." Bref, cette trilogie est à l’image de son interprète: fondamentalement spirituelle, inéluctablement romantique et extrêmement dynamique!

Le 4 décembre à 14 h
Au Théâtre Granada
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