Les Arctic Monkeys rappliquent (déjà) avec un deuxième album, opus à la fois agité et méditatif. Et le troisième serait déjà en chantier…

Il fut une époque où il était entendu qu’un groupe devait, obligatoirement, lancer deux albums par année, plus un ou deux 45 tours inédits, tout en assurant un service après-vente aux quatre coins de la planète. Maintenant, ce rythme de production s’est passablement assoupli. De nos jours, on peut se considérer chanceux si nos musiciens préférés daignent nous offrir une galette fraîche aux deux ans.

Reste quelques cas d’exception. Certains, appliquant une éthique de travail à l’ancienne, tiennent le rythme soutenu par leurs aïeux – Beatles, Kinks, Who… Ainsi, les Arctic Monkeys, qui viennent de lancer leur deuxième album alors que le premier, Whatever People Say I Am…, paru en février 2006, tourne encore sur nos platines. On en connaît à qui il aurait fallu plus de temps rien que pour accorder une guitare.

Mais bon, comme on dit, pourquoi ne pas battre le fer tandis qu’il est chaud? "Pourquoi pas, en effet, réplique laconiquement Alex Turner, compositeur en chef des Monkeys. La musique, c’est ce que j’aime faire, alors pourquoi faire autre chose?"

La réponse nous paraît un peu courte (l’entrevue sera à l’avenant: Turner, parolier fécond, réserve sa salive pour les soirs de concert…). Or, elle a le mérite d’être honnête et, à tout le moins, de nous renseigner sur la nature (modeste) de ce très jeune groupe qui, malgré son ascension phénoménalement rapide, n’a pas perdu de vue les vraies affaires – entendre, la musique.

DES SINGES SUR LE PLANCHER DES VACHES

Les coups d’encensoir de la presse spécialisée et l’amour quasi obsessif de milliers de fans n’y changeront rien, le quatuor de Sheffield a les pieds bien collés au plancher des vaches. "Je pense que c’est de famille, dit Alex Turner. On est assez mollo chez nous. Mon père est comme ça, mon oncle aussi."

Pas étonnant, du coup, que la garde rapprochée des Monkeys se soit enrichie récemment de deux personnages que Turner qualifie de "relaxes", MM. James Ford et Mike Crossey, distingués producteurs de Favourite Worst Nightmare. Le p’tit Monkey reconnaît que "leur approche calme et posée" a porté fruits. "Ils nous ont amenés à travailler les sonorités", affirme Turner. On devinera, en lisant entre les mots, que les deux hommes de studio ont poussé le groupe à élargir sa palette sonore.

Immédiat mais un brin linéaire, le précédent, Whatever People Say…, compensait un manque de relief par une livraison impétueuse. Nightmare, s’il démarre sur les chapeaux de roues (incandescente Brianstorm…), propose un programme efficacement agencé et, surtout, mieux calibré. On remarquera au détour quelques titres plus délicats, presque méditatifs, colorés par une certaine mélancolie (Only Ones Who Know, 505). "Parfois, ça sort tout seul. Les morceaux du genre qu’on a enregistrés ont fait l’unanimité. Alors on les a gardés."

De toute évidence, les Arctic Monkeys ont trouvé l’antidote au syndrome du deuxième album. Leur recette: le changement dans la continuité. Conserver et affiner une signature, vocale et musicale, tout en intégrant quelques coloris frais (on sent çà et là l’influence de The Coral, groupe liverpudlien ami).

Et une autre pièce, écartée de l’album, porte la promesse d’un nouvel élargissement des cadres: sciemment placée en face B du premier simple extrait de Nightmare, Temptation Greets You Like Your Naughty Friend met à contribution la voix et les mots du rappeur londonien Dizzee Rascal. Intéressant.

Et la suite, alors? Du nouveau matériel est déjà en rodage, confirme Turner. La base d’un nouveau disque, peut-être? "Peut-être." Nouvelle réponse à tendance monosyllabique. Est-ce le décalage horaire? L’ennui généré par le cirque médiatique? L’envie d’être ailleurs? Visiblement, Alex Turner a hâte de retourner à ses affaires. On essaiera de lui soutirer une dernière réponse faisant plus de 15 mots. En vain. On n’apprend pas aux jeunes singes à faire la grimace…

Le 12 mai
Théâtre Olympia
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À voir/écouter si vous aimez
-The Coral
-The Little Flames
-The Fratellis


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