Angèle Dubeau et son ensemble La Pietà interprèteront des pièces de Philip Glass et d’Arvo Pärt cette semaine à L’Astral. Le concert fait suite à la parution du disque Arvo Pärt: Portrait.

En 2008, Angèle Dubeau nous avait surpris avec une production entièrement dédiée au compositeur Philip Glass. La violoniste et La Pietà, son ensemble, pénétraient ainsi dans le cercle restreint des musiciens privilégiés qui peuvent interpréter le compositeur américain. Après avoir relevé ce défi avec brio, la directrice artistique a décidé de récidiver pour cette série discographique qu’elle a intitulée Portrait. Elle nous offre maintenant un deuxième tome consacré au compositeur estonien Arvo Pärt. "J’ai été comblée lorsque j’ai vu que le public nous avait suivis pour Philip Glass, avoue-t-elle. C’était un changement de cap, un cheminement parallèle, si on veut."

Lorsqu’elle nous précise son travail de chef, on distingue chez Angèle Dubeau un instinct affûté. Pour elle, on ne peut pas se mentir. Avec Arvo Pärt, un compositeur qu’on pourrait qualifier de mystique, la musicienne a pris le temps nécessaire pour assimiler cette matière sonore qui interpelle. "C’est une oeuvre troublante par moments, constate-t-elle. D’un point de vue musical, ces compositions reposent très souvent sur une série d’accords parfaits et tenus. Dans certains passages, on ne fait qu’émettre une note. Simplement la note, à l’état pur. Elle doit naître. En tant qu’interprète, on aime bien en mettre un peu plus. Avec Pärt, on se discipline et on met de côté le vibrato. Finie la fioriture! Pour être confortable avec cette esthétique, on a un ménage intérieur à faire."

Le programme est imposant: Tabula Rasa, Spiegel im Spiegel et Cantus in Memoriam Benjamin Britten, entre autres. Des oeuvres marquées par le tintinnabulisme – qui pourrait se traduire par "le son en continu" – qui a révélé le compositeur à la face du monde. "Il touche un large public. Beaucoup de musiciens, issus de différentes disciplines, s’y sont attardés et ont contribué à cette ouverture. Björk, par exemple, qui je crois fait encore jouer un extrait de Tabula Rasa lors de son concert. À tort, et peut-être par réflexe, on identifie Arvo Pärt au courant minimaliste. C’est beaucoup plus que ça. Il se distingue avant tout par la force de recueillement contenue dans son travail. Croyant ou non, lorsqu’on entre dans une belle et grande église, elle s’impose à nous. On adopte un comportement. Avec cette musique, c’est la même chose."

À VOIr si vous aimez /
Henryk Górecki, John Tavener, Philip Glass


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