Le mythique Van Dyke Parks viendra enfin donner un premier concert en ville, dans le cadre du Pop Montréal. Rencontre avec un héros de l’ombre.

Producteur convoité, arrangeur chevronné, compositeur raffiné, parolier émérite et même acteur, Van Dyke Parks est entré dans la légende en 1966 en écrivant les paroles pour le fameux album Smile des Beach Boys, disque qui demeura longtemps inachevé et qui ne vit le jour qu’une quarantaine d’années plus tard. Mais hormis cet exploit, le type a surtout collaboré d’une manière ou d’une autre avec un nombre impressionnant d’artistes aux horizons variés. U2, Rufus Wainwright, The Byrds, Frank Black, Ringo Starr, Ry Cooder, Joanna Newsom et Scissor Sisters ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres. Pourtant, malgré tous ces faits d’armes, peu de gens le connaissent. Il faut dire que Van Dyke Parks a toujours préféré l’arrière-scène aux feux des projecteurs.

En presque 50 ans de carrière, ce natif du Mississippi établi aujourd’hui en Californie n’a fait paraître que sept albums sous son propre nom… C’est peu, mais chez Parks, la qualité l’emporte sur la quantité. Ses disques regorgent d’arrangements aux orchestrations somptueuses, classiques ou typiques du music-hall, mais audacieuses et inusitées. "J’ai peu de respect pour les applaudissements. Je trouve ça… désagréable. Aujourd’hui, on applaudit n’importe qui pour n’importe quoi. Lorsque le président des États-Unis entre dans une pièce, il est applaudi! Ça m’offusque!" s’indigne Van Dyke Parks, au demeurant très affable et accueillant. "Et c’est comme ça que je me sens par rapport à ma musique, poursuit-il. Elle doit servir à quelque chose, avoir un but. Je sais que ça peut paraître un peu prétentieux, mais je tiens à ce qu’elle fasse une différence, et je prends très au sérieux cette musique non sérieuse que l’on nomme pop. Donc, j’avoue, j’y mets tout mon coeur et je tente très fort de toujours trouver une nouvelle approche. J’aimerais dire que je fais quelque chose d’ordinaire, mais ce n’est pas le cas. Je créé quelque chose de différent et c’est pourquoi je mets tant de temps avant de sortir un album."

Si Van Dyke Parks a fait paraître peu d’albums, il s’est aussi fait rare sur scène. Le spectacle qu’il présentera à la Fédération ukrainienne dans le cadre de Pop Montréal sera, en fait, son premier concert chez nous! "J’ai découvert Montréal en 1964. Je m’y étais rendu pour voir certains des merveilleux chanteurs qui s’y produisaient à l’époque. Mon préféré était un type du nom de Claude Gauthier. Un excellent chanteur, une énorme urgence et une exceptionnelle beauté dans ses mélodies. Et quelle force dans ses textes!" se souvient avec enthousiasme Van Dyke Parks. "J’ai aussitôt adoré cette ville! Mon fils a d’ailleurs fait ses études à McGill, j’y suis donc retourné à quelques reprises."

Pour son premier concert en sol montréalais, Van Dyke Parks interprétera certaines chansons de ses albums ainsi que plusieurs nouvelles compositions qu’il entend endisquer d’ici peu en compagnie des musiciens de Clare and the Reasons. "Ce sont de vrais musiciens, ce que je ne suis pas. Je m’accompagne au piano en chantant et eux jouent du violon, du violoncelle, de la basse, un peu de cor français ou de clarinette… Des gens très talentueux et imaginatifs. Ce ne sont pas eux qui m’accompagnent sur scène, c’est moi qui les suis!"

À voir si vous aimez /
The Beach Boys, Harry Nilsson, Randy Newman


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