Deux hommes autonomes: le duo ontarien PS I Love You.

Sur scène, Paul Saulnier est un homme occupé. Guitare à la main, micro, clavier actionné avec les pieds… Il mène toutes les tâches de front. Et pas qu’à moitié: fan fini de Hendrix, il déploie un jeu de six cordes plutôt élaboré selon les anémiques standards indie rock actuels. "Ça a pris beaucoup de pratique; jouer des deux instruments en même temps plus chanter… Mais j’ai le tour maintenant", note l’Ontarien depuis New York, où son "groupe" jouit d’un séjour lucratif avec quelques dates à guichets fermés.

Avant, dit-il, c’était pire: PS I Love You n’était pas encore un duo, mais un projet solo. Saulnier s’accompagnait de machines à rythmes et de séquences de clavier qu’il devait enclencher. "C’est sûr que l’arrivée de Benjamin (Nelson, batterie) a rendu les choses beaucoup plus faciles. Je peux jouer beaucoup mieux."

On se dit que pour en arriver là, à vouloir ainsi tout faire, il faut avoir été traumatisé par les expériences en groupe, être antisocial sur les bords. Saulnier jure que ce n’est pas le cas. "À Kingston, quand quelqu’un avait besoin d’un guitariste lead, c’était moi qu’on appelait. J’ai été dans beaucoup de groupes et j’aimais ça! Sauf que je n’avais jamais l’occasion de jouer mes propres compositions, explique-t-il. J’ai démarré ce projet en solo pour que ce soit juste à propos de moi. Pour m’exprimer, avoir un exutoire."

D’un ton très doux, inversement proportionnel à sa stature, Saulnier explique qu’à Kingston, être différent rapporte. "C’est une bonne scène d’où émerger. Comparée à celle d’une grosse ville comme Toronto, elle n’est pas très compétitive. Il y a beaucoup de groupes, mais ils sont tous différents les uns des autres et c’est ce que j’aime. On doit éventuellement partager les affiches, donc on en vient à s’ouvrir à d’autres genres de musique. Comme on ne cadrait dans aucun genre en particulier, on a su se démarquer."

Féru de Metallica, de Devo et de Sonic Youth, le musicien n’est pas d’accord lorsqu’on lui signifie que PS I Love You est l’une des rares forces rock actuelles à mettre l’accent sur la six cordes. "J’adore le jeu de guitare d’un groupe comme Deerhoof. Et l’un de mes groupes canadiens favoris de tous les temps est Women. Ils me rappellent Television en version plus sombre et moderne." La bonne guitare ne passe pas nécessairement par les prouesses techniques, donc? "Il ne faudrait pas puisque je suis moi-même assez brouillon!"

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