Artiste malien de réputation internationale, Salif Keita souhaite présenter le reste du monde à la jeunesse africaine.

Quelques musiciens traditionnels africains sont parvenus à étendre leur influence au-delà des frontières géographiques et générationnelles. Fela Kuti est du lot, tout comme le virtuose de la batterie Tony Allen. Reconnu pour sa voix puissante, son habileté à croiser les genres musicaux et son albinisme, le Malien Salif Keita l’est tout autant.

Joint au téléphone alors qu’il se trouve à Edmonton dans le cadre de sa présente tournée nord-américaine, Keita revient sur les différents défis qu’il a dû surmonter au cours de ses quatre décennies de carrière, mais aussi en tant qu’albinos. Depuis sa naissance, et encore aujourd’hui, son apparence physique représente un réel danger pour sa sécurité en Afrique. Bébé, Keita devait rester constamment sous surveillance afin d’être protégé de ses propres voisins qui le voyaient comme un fils du diable.

"Le Mali est l’un des pays africains les plus racistes envers les albinos. On les tue pour vendre leurs membres. C’est aussi le cas en Tanzanie, au Swaziland, en Ouganda et au Burundi. Les gens n’ont pas beaucoup d’éducation et n’ont pas les connaissances scientifiques pour comprendre le phénomène, qu’il s’agit d’un problème génétique. J’ai vu des albinos en poste dans le gouvernement de la Tanzanie, mais c’est exceptionnel. Je crois qu’il y a 5000 albinos au Mali seulement, mais la plupart préfèrent se cacher."

Lancé il y a quelques jours à peine, l’album Anthology de Keita survole la carrière du chanteur, accordant une place de choix à son dernier album, La différence (2009), sacré Meilleur album world lors des Victoires de la musique 2010. Enregistré dans quatre pays avec différents convives de nationalités différentes, le disque porte un message d’union entre les hommes de toutes les couleurs. "La différence était ma chance de m’adresser à l’ensemble du peuple africain, explique Keita. Leur parler de choses qu’ils ignorent, de problèmes que personne n’ose aborder. J’essaie d’étoffer une nouvelle culture destinée à la jeunesse africaine, une culture s’adressant à l’ensemble du continent, d’où l’idée d’enregistrer le disque dans quatre pays différents et de mélanger les styles."

"C’est important de comprendre que la culture malienne est particulièrement hermétique. On n’entend pas beaucoup de musique étrangère à la radio ou à la télé. Je veux montrer qu’un vaste monde nous entoure. Les jeunes doivent être au courant. Au fond, ma musique porte sur l’amour et la paix. Voilà tout."

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Mamani Keita, Habib Koité, Oumou Sangare

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