Poète, compositeur et soldat dévoué du mouvement slam, Ivy lance un deuxième album, sans guitare électrique. "Si vous trouvez de la guitare électrique, je vous rembourse!"

En magasin la semaine prochaine, Hors des sentiers battus n’est pas un disque de slam, de rap ou de chanson. "C’est un disque d’Ivy", répond celui qui s’intéresse peu à ce débat sémantique. "Oui, j’ai créé une scène slam, un réseau, mais pour moi, le slam est une compétition de poésie, pas un disque."

Le poète n’a pas tort. Bien qu’il y parle plus qu’il n’y chante, son deuxième disque solo, Ivy l’a voulu plus musical que Slamérica, paru en 2008. Il a retenu à nouveau les services du réalisateur Philippe Brault (Pierre Lapointe, Philémon Chante, Random Recipe), mais lui a conféré plus de latitude. "Souvent, chez les groupes, la voix devient un instrument, alors que chez les auteurs-compositeurs-interprètes, c’est la musique qui accompagne la voix. Ici, je voulais que les deux sphères coexistent en harmonie parce que la musique dicte l’émotion, et les mots t’en donnent le sens. Philippe permet à mes textes de respirer. Je n’ai plus peur d’arrêter de chanter parce qu’il s’assure de la pertinence des passages instrumentaux."

Ivy va plus loin, affirmant que la musicalité de Hors des sentiers battus, un alliage de jazz, de rock (sans guitare électrique) et de folk dominé par le classicisme des violons, remplace l’excitation d’un concert. "Lorsqu’on va voir un spectacle, il y a de l’excitation dans l’air, un thrill. Les gens communiquent entre eux, la foule s’anime. Je voulais que la musique recrée cette excitation, qu’elle donne de l’ampleur et de la force dramatique au disque."

L’artiste en convient, ses textes et leur livraison demeurent toutefois liés à la tradition slam de par leur manière d’interpeller l’auditeur et de l’interroger sur sa quête identitaire. "L’art d’la ségrégation / C’est garder ses distances / Attirer l’attention sur sa différence / Chu Franc-Comtois de naissance / Mais vis en Nouvelle-Transe", chante-t-il dans Au loto de l’univers. "Le slam m’a amené à adresser mes textes au public et entrer en relation avec l’auditeur. Au moment d’écrire, le poète a la liberté totale et essaiera ensuite de singulariser ses paroles. Avec le slam, tu dois plutôt collectiviser ta pensée pour rejoindre tout le monde. Pas juste les poètes et leurs amis, mais toutes leurs familles qui vont manger à La Cage aux sports. Il ne faut pas pêcher par excès de profondeur, mais il faut quand même nourrir l’interlocuteur."

Comparé à huit ailes de poulet gratis, pas de doute, Hors des sentiers battus est plus consistant.

Ivy
Hors des sentiers battus
(Productions de l’onde)
En vente le 31 janvier

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 1

  • 27 février 2012 · 13h36 Bricio

    Je ne comprends pas vraiment l’insistance sur « Si vous trouvez de la guitare électrique, je vous rembourse! ». Sur les affiches de promo, dans les communiqués de presse, partout…

    À mon avis c’est très similaire à Slamérica. Même rengaine et rien de nouveau. De bons textes, bien interprètés.. Aucun « hook » musical en vue. Destiné aux amateurs de slam.

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