Arthur H vit sa quarantaine dans l’amour et l’extase.

Tout juste rentré de Montréal où il est allé rendre hommage à Lhasa en janvier dernier, "un des moments les plus vibrants que j’aie vécus sur une scène", avoue-t-il, Arthur H est de retour pour présenter cette fois-ci son nouvel album, Baba Love. Baba comme dans béat d’amour et de passion, une galette où l’on retrouve une panoplie des styles abordés par l’artiste au cours de sa carrière. "C’était un peu voulu. Je voulais être dans les mêmes territoires mais avec une façon de jouer beaucoup plus fluide, sans les boucles et les samples. Pour moi, c’est un résumé de tous les disques que j’ai faits, histoire de pouvoir mieux aller ailleurs après, vers les territoires africains ou alors quelque chose d’extrêmement sobre, à la James Blake."

Il y a du positif dans ce Baba Love. Avec des titres tels que L’arc en ciel, La beauté de l’amour, L’ivresse des hauteurs ou Un rayon de soleil, c’est à se demander si Arthur ne vient pas de découvrir l’ecstasy. "Ouais, mais ça ne m’empêche pas d’avoir de bonnes crises d’angoisse", admet sans honte le principal intéressé. "Reste que dans le climat actuel, la musique et les chansons peuvent donner cette énergie lumineuse, comme pour dire "n’oublions pas que la joie de vivre existe, que ce n’est pas une aberration". Cela dit, je peux aussi être dans un embouteillage ou faire la queue dans un supermarché et avoir des explosions de joie, être juste content d’être là. Ce sont des petits moments anodins qui sont finalement assez importants puisqu’ils nourrissent tout le reste. Car si on s’accorde à la vibration défaitiste générale, on n’a plus qu’à se foutre une balle dans la tête!"

Baba Love est un album lumineux, joyeux, mais aussi une ode à la passion et au désir, preuve que l’amour et le sexe dans la quarantaine, ce n’est pas si mal. "Le sexe, c’est une évidence. On prend plus de plaisir, on se lâche plus", avance Arthur après un long moment de réflexion. "Peut-être qu’on prend conscience que finalement, on est plus libre qu’on ne le croit. Quant à l’amour, c’est une matière tellement sophistiquée et complexe que ce serait prétentieux de dire que ça se simplifie avec le temps. On aimerait tous ça mais ça reste quand même une aventure un peu déroutante", rigole le fils Higelin, tout juste de retour d’Haïti et complètement déphasé après des concerts à Toulouse et en banlieue parisienne. "Mon esprit est partout", ironise-t-il.

Paradoxalement, Arthur H a changé l’équipe avec laquelle il travaillait depuis quelques années pour s’entourer d’autres collaborateurs sur ce dixième album. Une rupture qui amène à l’amour baba? "J’ai toujours envie d’exprimer les choses les plus simples et les plus profondes. C’est une utopie, mais c’est bien de tendre vers une utopie. J’essaie de m’en rapprocher quels que soient les moyens, et là, un des moyens était de découvrir de nouvelles personnes et de me sentir neuf, frais et pas enfermé par le regard de l’autre. Ce qui ne m’empêche pas de continuer à travailler avec mes anciens frères de son."

Donc, Baba Love, un disque d’amour ou de baise? "En tant que musicien, tu as toujours envie que les gens fassent l’amour ou au moins dansent sur ta musique. Une de mes références sacrées est Curtis Mayfield, avec ce côté très doux, très par en dessous, mais finalement très sexuel. Je pense que la réunion de la chair et de l’esprit est ce qu’il y a peut-être de plus beau sur terre, donc j’essaie de célébrer ça à ma petite manière."


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