Jadis connu sous le nom de Butterfly au sein de la formation rap-jazz Digable Planets, Ishmael Butler est de retour sur les écrans radars grâce à Shabazz Palaces, premier groupe hip-hop sous contrat avec l’étiquette Sub Pop.

"Écouter cet album, c’est comme simuler un évanouissement dans un sauna, se faire garrocher dans les bois à survivre pendant deux jours nu-fesses pis venir back à ta job directement à programmer des apps de smartphones. Après, tu sautes hors de l’immeuble par la fenêtre, ce qui finit par te faire réaliser que tu peux voler, mais que t’es actually dans un car emprunté en train d’écouter Shabazz Palaces."

C’est dans ce jargon très personnel que les membres de Radio Radio nous décrivaient récemment Black Up, le premier disque de Shabazz Palaces, paru l’an dernier. Dès lors, le trio acadien nous avait mis la puce à l’oreille. Il fallait mettre la main sur l’album, ne serait-ce que pour voler un jour.

Boucles électros minimalistes, basses fréquences prononcées, effets caverneux enveloppants et tempo tempéré. La musique de Shabazz Palaces prend bel et bien l’auditeur par la main, l’entraînant dans un vol plané qui a peu d’égal. On pense à Tyler, the Creator ou à Antipop Consortium sans la nervosité. Malgré un chant détendu, le leader du duo de Seattle, Ishmael Butler (alias Palaceer Lazaro), ne manque pas de charisme, déployant une plume à l’esprit aiguisé.

Musique du "future", commente la presse spécialisée. Depuis son domicile, Butler se moque du qualificatif. "Je vois ça comme un excès d’enthousiasme. Je comprends qu’on souhaite décrire ma musique comme quelque chose de rarement entendu, mais je ne dis pas qu’ils ont raison. Pour moi, Miles Davis ou Herbie Hancock ont fait de la musique du futur parce que 50 ou 60 ans après leur émergence, les gens écoutent encore leurs albums pour s’en inspirer. Je ne m’inclus pas encore dans cette catégorie d’artistes."

Complété par le multi-instrumentiste Tendai "Baba" Maraire (fils du virtuose du m’bira Dumisani Maraire), Shabazz Palaces n’affiche pas l’arrogance des plus jeunes rappeurs commerciaux en vogue, mais son expérience lui procure juste assez de confiance pour faire la leçon. "Nous agissons par instinct et non par réflexion. C’est le meilleur moyen d’être original. Il y a trop de rappeurs qui réfléchissent en fonction du marché et des tendances. Ils se donnent des prétentions artistiques, mais l’art n’est pas un produit. Quand tu lances un album et que tes attentes concernent les chiffres de ventes, t’es dans la merde."

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