Metric s’émancipe. Après avoir lancé sa propre étiquette et un cinquième album qui fait l’unanimité, le groupe rock pop se lance à la conquête des arénas.

« Veux-tu parier? » (« Wanna make a bet?« ) lance Emily Haines, défiante, sur Stadium Love, dernière piste de Fantasies, l’album précédent de Metric, lancé en 2009. Trois années plus tard, la gageure semble gagnée, car quelques mois après la parution de Synthetica, son nouveau jalon, le groupe se lance dans une tournée des arénas de l’Amérique du Nord.

« On en est là, tout simplement », tranche la chanteuse, plus confiante que crâneuse. « Ça ne veut pas dire qu’on délaisse les concerts dans les clubs, mais ça nous paraît comme une progression naturelle », explique-t-elle avant d’avouer que le projet l’a désarmée par moments. « Les deux premiers concerts ont été particulièrement émotifs pour nous, et je crois que ce l’était aussi pour le public qui nous a vus grandir – lentement, mais sûrement – au fil des années et dans des salles de plus en plus grandes. » Quelques secondes plus tard, la leader se reprend. « Mais le rituel, lui, n’a pas changé. Je me prépare toujours de la même manière avant chaque concert. C’est juste que l’expérience est maintenant plus… l’fun! »

Maîtres chez nous

Toujours en 2009, le collectif canadien surprenait l’industrie du disque en revenant – plus ou moins – à ses débuts indépendants en lançant Metric Music International, sa propre étiquette. « Bien sûr, nous nous sommes bien entourés. Ce n’est pas aussi frugal qu’à l’époque de notre premier maxi, spécifie Haynes, mais oui, c’est du travail supplémentaire… qui revient au même, en fait. » Lorsqu’on l’interroge sur ce balancement, la chanteuse s’explique: « Tant qu’à passer notre temps à s’inquiéter, à se demander si les gens de l’étiquette vont bien promouvoir la tournée ou le disque, on préfère consacrer cette énergie à s’en assurer en le faisant nous-mêmes. »

Malgré la charge de travail supplémentaire, la chanteuse et claviériste se dit plus inspirée depuis. « Je l’ai surtout constaté lorsqu’on écrivait Synthetica. Je me sentais plus libre. Je ne me « freinais » pas en pensant que quelqu’un allait tenter d’édulcorer ce qu’on créait de toute façon ou encore que le processus créatif derrière l’album pourrait prendre une tangente hors de notre contrôle », glisse-t-elle avant de faire valoir que le groupe se fait aussi plus critique de son travail. « Ça nous sort aussi du paradigme de la complainte. On ne peut plus jeter le blâme sur quelqu’un d’autre si quelque chose déconne, car il n’y a plus que nous aux commandes! En fait, on ne veut plus jouer à la victime de cette business. »

Rendez-vous dans 10 ans

Dans quelques mois, on soulignera le 10e anniversaire de la parution de Old Word Underground, Where Are You Now?, premier disque du groupe sous sa forme actuelle. Malgré le temps qui passe, Haynes garde la tête froide. « C’est une étape à célébrer, mais elle ne me laisse pas songeuse. Si je dois en tirer un constat, je dirais que je suis agréablement surprise que nous progressions tous: nous sommes devenus de meilleurs musiciens et certains fans nous disent que notre musique les a accompagnés de l’école secondaire à l’université. C’est donc ça, mon bilan: ça va bien, tout le monde avance! »

QUÉBEC
Le 22 novembre
Au Colisée Pepsi avec Stars en première partie

MONTRÉAL
Le 21 novembre
Au Centre Bell avec Stars en première partie


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