Cafeïne livre (presque) un album-concept avec New Love, sa nouvelle offrande.

Les collègues féminines l’épient du coin de l’œil alors que le rockeur Xavier Cafeïne pénètre dans nos bureaux, tiré à quatre épingles. «Mes vêtements, c’est du seconde main… pis avoue que je suis chic!» lance le dandy d’entrée de jeu.

Derrière cette entrée en scène cabotine, se cachent toutefois des mois de galère. Après le dévoilement de Bushido, son album précédent, Cafeïne s’est rapidement retrouvé K.-O. sur le tatami. «Ça a été la grosse peine d’amour dans ma vie. Ça ne m’était jamais arrivé comme ça et ça ne m’arrivera plus jamais comme ça. C’est “cette fois-là”», confie-t-il en abordant l’objet de son affection, puis source de sa tristesse et finalement sujet principal de New Love.

L’œuvre démarre en trombe avec une pièce surprenante. En plus de flirter avec le new wave, Xavier Cafeïne – le briseur de cœurs à qui l’on doit les sulfureuses Vieux vicieux et Mal éduqué – s’y retrouve le spleen à 11, attendant le retour de sa tendre moitié. Dans la chanson suivante, Electric, le rockeur qui signait l’hymne aigre-doux Montréal prie sa promise lassée de s’enfuir avec lui à la campagne. «Ça commence avec New Love puis ça chie dès la toune suivante où je chante que sortir de la ville va tout régler. Un mensonge d’amour, évidemment.» Lorsqu’on lui demande s’il a la prétention de dévoiler un album-concept sur fond de rupture et de deuil, le punk en lui s’énerve. «C’est moi, le concept, là-dedans! s’exclame-t-il. C’est juste que moi, mon véhicule, c’est la musique.»

Le privilège de manger un coup de poing sur la gueule

New Love a été enregistré dans le quartier tendance de Williamsburg, à New York, là où l’ex-Me Mom & Morgentaler Gus van Go ainsi que son acolyte Werner F (à qui l’on doit aussi la production d’albums de The Stills et Vulgaires Machins, notamment) ont un studio qui a accueilli Cafeïne pendant deux mois. D’où une nouvelle œuvre en anglais pour le chanteur qui vient d’enchaîner deux parutions fort remarquées dans la langue de Gainsbourg. «Je veux que ça sorte ailleurs, annonce-t-il, et la règle demeure que les gens tripent sur l’anglais. Manu Chao demeure français même s’il chante en anglais? Ben moi, je demeurerai un gars de Montréal aussi!»

L’œuvre pourrait également être synonyme d’une nouvelle «idylle» entre Cafeïne et le duo de producteurs. «Ils m’ont déconstruit pour qu’on puisse mieux me reconstruire ensuite», glisse Xavier, s’avouant inquiet à son arrivée. «C’est bon d’avoir le trac; ça montre qu’on prend un risque», se reprendra-t-il par la suite. Ainsi, le chanteur rock, actif depuis plus d’une quinzaine d’années, dit avoir bien encaissé coups et critiques lors de l’enregistrement. «C’est un privilège, même!», clame-t-il avant d’illustrer son propos avec une comparaison avec les arts martiaux, son dada. «C’est comme dans les sports de combat, ce n’est que de l’énergie positive. Tu ne peux pas te choquer quand tu te bats, car c’est un privilège. Manger un coup de poing sur la gueule, c’est un privilège… tout comme pouvoir en donner un!»

New Love

(Indica)

Dans les bacs dès le mardi 23 avril (Écoutez New Love en entier sur voir.ca jusqu’au 23 avril.)

Lancement avec courte prestation le jour même aux Foufounes Électriques.


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