Un après-midi dans le grenier

19 avril 2006 16h05 · Nicolas Dickner

Il y a des moments où j'envie Ivan Quinn – ce Johnny Cash oublié du golfe Saint-Laurent.

Quinn composait des ballades country sur des thèmes maritimes, qu'il chantait d'une voix éraillée. Il n'a jamais vraiment fait carrière, mais dans la microscopique épicerie insulaire qu'il opérait, sa vieille Fender gardait le fort, plantée au milieu de la place dans un garde-à-vous perpétuel. Sur demande, il vous poussait quelques chansons et vous vendait une boite de soupe Campbell. De la porte de son épicerie, on voyait, je vous jure, des centaines de kilomètres d'eau salée, des îles, des noyés, du vent, le cimetière de l'île – l'un des paysages les plus époustouflants du monde.

Il n'est pas vraiment important de savoir si j'aurais été plus heureux dans la peau de Ivan Quinn. L'important, c'est d'avoir un petit Ivan Quinn personnel, planqué quelque part dans le grenier, avec qui on peut aller fumer le cigarillo de temps en temps.

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  • 21 avril 2006 · 08h54 Alain Fortaich

    Je ne sais si vous auriez été heureux si vous étiez Yvan Quinn; il me semble qu’en tant qu’épicier, il ne réalisait pas pleinement son potentiel d’artiste. Cependant, qui peut prétendre affirmer que vous ne seriez pas heureux si vous étiez ce personnage de Yvan Quinn? N’est-ce pas Rimbaud qui prétend que « Je est un autre ». Dans cet éventualité, je m’inquiète : êtes-vous Yvan Quinn? J’élabore: est-ce la condition d’artiste de cet Yvan Quinn harnaché à son comptoir et donc confronté perpétuellement à la réalité qui vous passionne et qui vous soulage de votre culpabilité d’être un écrivain ou bien le paysage qui lui permettait l’évasion de sa maudite et plate réalité? Vraiment, je ne sais si vous êtes Yvan Quinn mais dans ce texte je note qu’il y a sûrement un appareillement avec Fred Pellerin. Êtes-vous Fred Pellerin?

  • 21 avril 2006 · 13h13 Alain Fortaich

    Je ne sais si vous auriez été heureux si vous étiez Yvan Quinn; il me semble qu’en tant qu’épicier, il ne réalisait pas pleinement son potentiel d’artiste. Cependant, qui peut prétendre affirmer que vous ne seriez pas heureux si vous étiez ce personnage de Yvan Quinn? N’est-ce pas Rimbaud qui prétend que « Je est un autre ». Dans cet éventualité, je m’inquiète : êtes-vous Yvan Quinn? En fait, on peut élaborer: est-ce la condition d’artiste de cet Yvan Quinn harnaché à son comptoir et donc confronté perpétuellement à la réalité qui vous passionne ou bien le paysage qui lui permettait l’évasion de sa maudite et plate réalité? Vraiment, je ne sais si vous êtes Yvan Quinn mais dans ce texte je note qu’il y a sûrement un appareillement avec Fred Pellerin. Êtes-vous Fred Pellerin?

  • 30 octobre 2007 · 12h20 Serge Gallant

    Je connaissais Ivan(qui a déja fait la « front page »du globe and mail en passant!!)c’est vrai que sur l’Ile d’Entrée, la vie se faisait a un autre rythme,lui semblait s’en accomoder, mais apres 2-3 semaine, peut etre aurais-tu marché sur l’eau pour retourner vers un peu de confort!!!
    Anyway ca me rapelle des bons souvenir a matin
    Bonne journée
    Un madelinot

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