TBI, Ipad et autres passions technophiles

7 janvier 2013 8h49 · Normand Baillargeon

[Ce texte sera publié dans le prochain numéro de la revue À Bâbord dans laquelle je tiens depuis 10 ans une chronique sur l'éducation. Cette revue indépendante vit de ses lecteurs et lectrices et surtout de ses abonnements. On peut s'abonner ici :-) ]

***

En novembre 2012, le gouvernement Marois a annoncé qu’il mettait fin au programme d’achat de Tableaux Blancs Interactifs (TBI), qui avait été lancé l’année précédente par le gouvernement Charest.

Cet ambitieux programme, au parfum de scandale et de favoritisme (le fournisseur quasi unique de tous les TBI était Smart Technologies, dont le lobbyiste est un ancien membre du cabinet Charest…), prévoyait, sur cinq ans, l’achat de plus de 40 000 de ces tableaux, à un coût estimé de … 240$ millions!

Dans un milieu qui, non sans raisons, crie constamment au manque de ressources, l’importance de cette somme en avait fait tiquer plus d’un. D’autant que le simple bon sens permettait d’affirmer que ces appareils, si (et c’est un gros si…) ils peuvent aider à faire apprendre, ne le pourront qu’à la condition que des sommes conséquentes soient dépensées pour former les futurs utilisateurs. Cela aussi, cette fois encore, a fait défaut.

Le «pathos de la nouveauté» technologique

Quoiqu’il en soit, l’abandon du programme est peut-être encore moins intrigant que son lancement. La recherche crédible, en effet, ne permettait pas et ne permet toujours pas d’affirmer que de tels outils sont globalement bénéfiques pour l’apprentissage, et que cet investissement, important, soit en soi une bonne idée pour le primaire ou le secondaire. Et cette conclusion vaut en gros pour toutes les nouvelles technologies, qui, en soi, ne sont pas des panacées et qui peuvent ou non être utiles pour apprendre — selon le contenu qu’elles permettent de présenter et les caractéristiques des élèves concernés.

Pour ce qui est du niveau universitaire, au même moment où on annonçait la fin du programme d’achat des TBI, une étude financée en partie par la Conférence des Recteurs et des principaux du Québec (CREPUQ) concluait que les étudiantes et étudiants universitaires préfèrent les méthodes d’enseignement traditionnel et s’enthousiasment moins pour les nouvelles technologies éducationnelles que leurs enseignants. Un des responsables de l’étude se disait étonné que «les nouveaux outils d’apprentissage, ce n’est pas ce que les étudiants demandent en priorité. Ce qu’ils veulent, ce sont des professeurs inspirants et stimulants intellectuellement.» Cet étonnement étonne …

Devant la technophilie galopante qui frappe tant de gens en éducation (une de ses dernières manifestations est l’engouement pour les iPad…), on est irrésistiblement tenté de convoquer Hannah  Arendt qui appelait «pathos de la nouveauté» cette maladie affligeant une école empressée de s’ouvrir au monde et à ce qui s’y propose inlassablement comme nouveau et amélioré, au mépris de l’idée que l’école est là pour préserver, conserver et transmettre, et que pour cela elle doit rester largement insensible  aux chants des sirènes de la nouveauté, fut-elle High Tech. En somme, le pathos de la nouveauté technologique n’est que la dernière version du pathos de la nouveauté : et il ne vaut sans doute guère mieux que le précédent.

Le moment me semble bien choisi pour rappeler quelques vérités élémentaires que nous apprennent les sciences cognitives à propos des nouvelles technologies en éducation. Elles ne feront pas de vous d’irrémédiables technophobes — et je n’en suis moi-même pas un, loin de là — mais elles instillent ce minimum de sain scepticisme qui, s’il était répandu,  nous aurait peut-être évité la débâcle des TBI. Je me servirai pour ce qui suit d’un riche article de synthèse de Daniel T. Willingham, un auteur dont je ne saurais trop recommander la lecture sur ces questions[1].

Intérêt pour les NTIC et aptitude au mode multitâche

Pour commencer, c’est un fait indéniable que les plus jeunes utilisent beaucoup les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) et sont à l’aise avec elles, en particulier pour travailler en mode multitâche : ils prennent leur courriel pendant qu’ils rédigent un texte sur leur portable en écoutant de la musique tout en lisant un texto qui vient de rentrer.

On voit parfois dans ces deux faits (forte utilisation des nouvelles technologies et habileté à pratiquer le mode multitâche) des arguments décisifs en faveur de l’introduction de ces nouvelles technologies à l’école. On dira alors que ne pas avoir recours aux NTIC et obliger à se concentrer sur une seule tâche semble la meilleure recette pour offrir à ces jeunes — eux qui, selon la doxa,  apprennent sans doute différemment du fait de leurs pratiques— une école profondément ennuyante.

Mais c’est négliger deux choses.

Pour commencer, c’est oublier ce fait capital que ce ne sont pas les technologies en soi qui intéressent, mais le contenu auquel il permet d’accéder. Comme le dit Willingham, un enfant qui ne pourrait utiliser son cellulaire que pour appeler sa mère ne le trouverait pas très intéressant.

À propos des TBI, justement, des études ont été menées, notamment en Grande Bretagne où on en a acheté pour équiper toutes les écoles ou peu s’en faut. Ces études confirment pour l’essentiel que l’intérêt des enfants pour le TBI ne se traduit que très modestement — et encore : à condition que son utilisation soit réfléchie et préparée — en intérêt pour le contenu enseigné.

C’est là une conclusion qui n’est pas trop surprenante et n’importe qui, je pense, prendrait toujours Socrate pieds nus et ne disposant que de sa seule parole pour intéresser avant n’importe qui d’autre, équipé de toutes les nouvelles technologies qu’on voudra.

J’en viens à la deuxième idée, celle qui veut que le mode multitâche qu’ils pratiquent tant et pour lequel ils semblent si doués, impliquerait que les plus jeunes générations vont trouver ennuyante une école qui n’invite pas à le pratiquer. Cette conclusion est encore une fois erronée et ne prend pas en compte ce qu’on sait désormais sur la pratique du multitâche.

Les plus jeunes sont en effet meilleurs que les personnes plus âgées pour le pratiquer : mais ils le sont indépendamment de leur pratique, ils le sont d’emblée, naturellement, sans doute parce que leur mémoire de travail, en vertu de leur âge, est meilleure. Des jeunes personnes qui ne touchent pas ou très peu aux NTIC sont en fait aussi bonnes pour le mode multitâche que d’autres qui le pratiquent sans cesse! De plus, et de toute façon, le seul le fait qu’ils soient bons à cette pratique, n’implique pas qu’elle doive être adoptée en éducation ou qu’elle soit judicieuse pour apprendre.

Or, une chose est désormais acquise par la recherche : ce n’est presque jamais une bonne idée que de faire plusieurs choses à la fois (comme parler au téléphone en conduisant) et de passer de la sorte d’une tâche à une autre. On est meilleur en se concentrant sur une tâche, qu’en en faisant plusieurs à la fois. Cela est même vrai du simple fait de faire ses devoirs devant la télé : on les fait mieux si la télé est fermée (la musique — avec ou sans paroles, ce n’est pas clair — pourrait être une exception à cette règle…)

Plus étonnant encore, rapporte Willingham, on a montré en laboratoire que les jeunes adultes qui pratiquent beaucoup  le mode multitâche sont moins bons dans les tâches cognitives que les autres, qui le pratiquent moins. Ce fait signifie sans doute non que la pratique du multitâche les a rendus moins bons, mais que les personnes qui sont moins bonnes à ces tâches cognitives sont plus enclines à papillonner et donc à pratiquer le mode multitâche.

Quelques conseils avisés

Willingham conclut en donnant aux enseignantes et enseignants des conseils que je trouve particulièrement avisés quant à l’utilisation des NTIC en classe.

En voici trois — je reformule:

  • Découragez la pratique du multitâche chez vos élèves, tout particulièrement quand  ce qu’ils et elles doivent faire est important;
  • Ne vous demandez pas tant ce que vous pourriez faire avec telle ou telle technologie, mais décidez ce que vous devez ou voulez faire et demandez-vous si telle ou telle technologie peut ou non vous aider, vous aider non seulement à le faire, mais aussi à le faire mieux;
  • Consultez pour vous inspirer des sites sur lesquels des collègues partagent le fruit de leurs expériences avec les NTIC : par exemple : [www.tammyworcester.com]; ou : [www.freetech-4teachers.com]

 


[1] Daniel Willingham, «Have technology and multitasking rewired how student learn?», American Educator, Summer 2010, pp. 23 – 28 et p. 42 .

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 18

  • 7 janvier 2013 · 10h42 Thibaud de La Marnierre

    Encore un article très pertinent… je confesse être moi aussi fasciné par les NTIC, mais assez sensé pour ne pas en être obnubilé.

  • 7 janvier 2013 · 17h14 Edouard Mercure

    Sans connaissances particulières en éducation, il est clair selon moi que la concentration est l’un des préalables les plus importants à l’apprentissage. Les « différentes facettes »du cerveau utilisées pour le mode « multitâches » ont très certainement intérêt à se concentrer pour voir un même problème sous différentes facettes et ainsi l’analyser de manière « globale ». Peut-être que le mode « multitâche » s’avère à être plus efficace pour appliquer des notions, tandis qu’il est préférable d’être concentré pour les intégrer en premier lieu?

  • 7 janvier 2013 · 17h21 Loys

    Smart Technologie fait du très bon lobbying en France aussi :
    http://www.laviemoderne.net/forum/viewtopic.php?f=41&t=279

    • 7 janvier 2013 · 17h38 Normand Baillargeon

      En effet! Merci de l’info.

    • 12 janvier 2014 · 13h25 phiplaf

      Bonjour,

      Enseignant français en primaire, je me suis battu pour ne pas avoir de TBI dans ma classe de CP (6/7 ans). J’aurais préféré un vidéoprojecteur installé au plafond pour internet. Mais je ne vois pas l’intérêt pédagogique du TBI pour les élèves et les enseignants. depuis je questionne collègues, conseillers pédagogiques, inspecteurs de circonscriptions, des promoteurs venant du Centre National de Documentation Pédagogique, voire émissaires du ministère de l’éducation nationale lors de formation aux ressources pédagogiques numériques sur la pertinence pé-da-go-gi-que du TBI. Plof !!! pas de réponse intellectuellement satisfaisante.

      Merci, je saurai désormais comment l’appeler : légende pédagogique.

  • 7 janvier 2013 · 19h25 François Doyon

    Pour poursuivre la réflexion, on peut méditer ce que disait Heidegger sur la technique. J’en ai parlé dans mon Devoir de philo de l’an dernier.

    http://vitamimpenderevero.wordpress.com/2012/09/28/lensorcellement-de-liphone-heidegger-y-verrait-un-signe-de-decadence/

  • 7 janvier 2013 · 21h22 Marie

    Dites moi si je me trompe mais j’ai le sentiment que ce débat se rattache à la question du déterminisme technologique (la technologie serait le facteur explicatif primordial de tous les changements sociaux) dont les prémisses ont été remises en cause au cours des dernières années: http://dea128fc.free.fr/CoursA/A2-ManagementChangement&TIC/expo/matilde/DEA128FC_d%E9terminisme_technologique.pdf.

    On semble vouloir imposer au modèle éducatif des outils techniques non pour ce qu’ils pourraient apporter mais pour leur « caractère « incontournable »et selon l’idée qu’ils représentent une évolution naturelle de notre société. C’est oublier que la technologie n’est qu’un outil qui doit avant tout chose répondre à un besoin, être développé en accord avec la réalité des utilisateurs finaux et faire la preuve de sa supériorité avant toute adoption ou la preuve de son utilité potentielle avant tout développement. Autant d’éléments souvent mis de l’avant pour expliquer le taux d’échec faramineux des projets dans le domaine (notamment dans le fameux rapport chaos: http://www.directioninformatique.com/savoir-exiger/7492).

    La logique « if we build it, they will come » n’a de sens qu’en marketing…

  • 9 janvier 2013 · 16h35 Nicolas

    Sérieusement, qui a cru qu’un tableau interactif pouvait offrir quelque chose de plus qu’un simple tableau noir ne pouvait pas offrir. En ce qui concerne le iPad, je crois que ce n’est pas le iPad en soit qui constitue un avantage pédagogique, mais plutôt l’accès à internet ou l’utilisation de logiciels d’apprentissage, ce qui n’est pas strictement réservé au iPad, mais à tous les types d’appareils, ordinateurs ou tablettes.

    D’un autre côté, les possibilités offertes par le matériel didactique partagé en ligne me semble incroyable. Je suis présentement en train de suivre un cours de calcul en ligne offert gratuitement sur le site http://www.coursera.org : j’apprends à mon ryhtme, j’ai accès à un forum ou poser des questions, j’ai accès à des présentations vidéo de qualité, des devoirs et des examens et tout ça sans avoir dépenser un seul sous! Dans mon cas, je trouve les résultats vraiment impressionnants, quitte à me demander même si ce n’est pas plus efficace que la plupart des cours magistraux que j’ai suivi.

    Sur ce point je suis surpris que nous n’aillons pas emboîté le pas au Québec. En effet il est vraiment difficile de trouver une alternative française aussi complète que le matériel offert sur des sites comme opencourseware, coursera ou khanacademy. Bref, méfions-nous de la technologie, mais restons ouvert aux opportunités réelles qu’elle offre!

  • 9 janvier 2013 · 16h47 Loys

    Le business model de la start-up de Daphné Koller ne repose malheureusement pas sur la gratuité. Et, au delà du questionnement sur la validité pédagogique de cette forme d’enseignement, le principal problème de ces université en ligne avec leurs centaines de milliers d’ »étudiants » reste bien la validation des acquis. Coursera vend la marque Stanford plus que le produit : ceux qui ne peuvent pas se payer une robe Chanel peuvent toujours s’acheter le parfum ou le tee-shirt…

    • 9 janvier 2013 · 17h10 Nicolas

      Bien sûr, ce que j’ai partagé n’est que mon expérience personnelle, il faut se baser sur des études plus sérieuses pour confirmer la validité pédagogique.

      En ce qui concerne la validation des acquis, il est évident que dans le contexte actuel, un cours en ligne ne pourra pas remplacer une formation de médecin ou d’ingénieur! Mais je n’ai pas de doutes qu’une personne motivée qui investit du temps peut aller chercher nombre de connaissances très utiles. Sur le plan personnel et professionnel, cela est très enrichissant.

      En fait, la forme actuelle d’un cours universitaire (ou de cégep) n’est pas si éloignée de ces cours en lignes. La différence majeure comme vous dites, est surtout la question de validation des acquis. On n’obtient pas de diplôme en suivant un cours en ligne!

      Je ne comprends pas votre commentaire suggérant que Coursera vend la marque Stanford en particulier. Sur le site y est mentionné une trentaine d’universités et en aucun cas un traitement particulier n’y est pas réservé. Je ne le savais même pas… Sur quel fondement affirmez-vous cela ?

  • 9 janvier 2013 · 17h17 Loys

    Stanford est bien mis en évidence sur le site : Daphné Koller a enseigné à Stanford, université prestigieuse qui sert de locomotive à Coursera.

    Je vous renvoie à cet article du « Monde » : http://www.lemonde.fr/education/article/2012/08/09/la-salle-de-classe-planetaire_1742909_1473685.html

    • 9 janvier 2013 · 17h41 Nicolas

      Merci pour le lien, très intéressant. Personnellement, je suis tout à fait vendu à ce genre d’initiative. Peu importe les motivations derrière, le résultat final est qu’une quantité incroyable de matériel pédagogique devient disponible en ligne et ce gratuitement. Cela contribue à enrichir l’offre déjà importante de matériel disponible en ligne gratuitement.

      Maintenant, qu’il faille payer pour un diplôme officiel me semble normal: des énergies et du temps est dévoué sur ces projets: tôt ou tard le travail des personnes qui s’y investissent doit être monayé. La question est de savoir qui doit payer, comme d’habitude : la collectivité ou l’individu ? Je ne me prononcerai pas là-dessus, mais libre à chaque société de décider.

      Je suggère aux sceptiques de suivre un cours, rien que pour se faire une idée. Qui sait, ça peut donner des idées…

  • 10 janvier 2013 · 09h47 alain a

    Les nouvelles technologies procurent à leurs utilisateurs une aura de compétence. Cela a toujours été et s’est empiré avec l’avènement des ordinateurs. Mais il est aujourd’hui démontré qu’un conférencier inintéressant le demeurera même avec son PPT. Le gadget techno va peut-être gommer l’angoisse d’un présentateur quelconque mais il ne dupera pas l’assistance. Idem pour le prof, j’imagine.

  • 10 janvier 2013 · 11h46 Claude

    Mais qu’est-ce que le multitâche vient faire avec un TBI ?

    Vous n’avez manifestement aucune idée de ce que c’est.

    À l’école de ma fille, au primaire, on a constaté que les classes qui disposent d’un tel outil obtiennent de meilleurs résultats en mathématiques que les autres classes, avec d’aussi bons professeurs.

    Bref, encore un article réconfortant pour technophobes «dans mon temps…», ah nostalgie de la plume et la bougie.

  • 10 janvier 2013 · 11h56 Loys

    Vous pouvez indiquer le lien vers l’étude des meilleurs résultats scolaires aux sceptiques que nous sommes… heu pardon, aux technophobes adeptes de la plume et de la bougie que nous sommes. Je cherche ce genre de résultats depuis très longtemps.

  • 11 janvier 2013 · 10h01 DavidHume

    Texte enrichissant que j’ai fait suivre à trois professeurs de CEGEP. Il me semble que les technologies sont des outils (ἐργαλεῖον) et non une fin en soi.

    Si l’ajout de technologie comme interface d’enseignement est inévitable, il serait avisé qu’elle le soit au moins pour une période définie, admettons 3, 5 ou 7 ans afin d’obtenir un équilibre entre la période de latence et d’assimilation du contenu du savoir et de sa forme (contenant). Cela pourrait s’avérer bénéfique pour les conditions d’apprentissage.

    Mais est-ce la priorité présentement…?

  • 13 janvier 2013 · 18h26 Ian

    (1)

    « Bref, encore un article reconfortant pour technophobes  »

    (a)

    Au dela des technophiles et des technophobes…

    Le point c’est d’utiliser les ressources au mieux et en regard des de ce que l’on sait sur les recherches en education.

    (b)

    On va aller meme au dela de la maternelle 5 ans enrichie ou math forte de secondaire 2. Pour avoir vu des presentations de chercheurs en science de bien des manieres (tableau, acetate, power point, pdf construit par latex, etc…) je peux pas dire que celle sur pdf sont plus interessante et qu’ultimement je retiens mieux ou apprend plus.

    Ca peut etre plus joli, ca peut permettre de recuperer du contenu d’une conference a l’autre pour le conferencier, pas besoin de prendre beaucoup de temps pour ecrire une equation au moment de la presentation, mais sur le fond un meilleur apprentissage ?

    Moi j’invite les gens a partir de leur propre experience d’apprentissage je pense que ca les aiderait a reflechir sur le theme…

    (c)

    « les technologies sont des outils (ἐργαλεῖον) et non une fin en soi »

    En fait les technologie sont interessante en soi et remplie de science…

    En fait, on devrait peut etre s’interesser davantage aux technologies elle meme. Combien de citoyen sont assis devant un portable sans meme connaitre c’est quoi un transistor et encore moins comment on peut faire des circuits logiques avec… et sans meme la curiosite intellectuelle

    d’aller sur google voir un peut c’est quoi…

    (i)

    Je me rappel que les « cours de techno » en secondaire 3 se resumait a faire un plan de maison, gosser une connerie en bois et gosser une autre connerie en plastique.

    Quand bien meme j’aurais gosse a n’en plus finir le cossin de bois ou de plastique en ayant a cote de moi un portable… a quel moment ca devient formateur ?

    (ii)

    Secondaire 4 science physique… circuit ouvert et ferme en electricite… quand bien meme j’aurais eu un portable a cote de moi avec 4-5 disque dur externe de 2 tetra quand j’ai fait l’experience « veritable challenge intellectuel » de faire un circuit ouvert et ferme avec une ampoule….

    (iii)

    Alors que radio shack ou d’autres magasins… ont des kits d’electronique 30 en 1, 60 en 1, 300 en 1… ou on peut jouer avec transistor, condensateur, resistance, LED, diode et meme des puces electroniques, et faire une couple de circuit….

    Avant la fin du kit on comprend comment faire une couple de circuit logique, une radio, une minuterie, etc…

    Moi ca je trouve que c’est formateur…

    Mais c’est sur que lorsque des gens voient pas plus loin que circuit ouvert ou connerie a gosser en plastique…

    —-

    (2)

    (a)

    Je pense qu’il faut revenir aux mots de la ministre de l’education Line Beauchamp qui a mon sens sont transparent

    « rendre plus attrayante l’ecole publique »

    C’est ce que j’ai entendu essentiellement comme justification…

    (b)

    La rendre attrayante mais a quel niveau et pour qui …

    (i) Qui… les parents

    (ii) A quel niveau… au niveau des apparences

    (c)

    On va pas jouer sur les mots… prenez 5 min pour ecouter ceux qui dans votre entourage se questionne sur l’ecole publique et le prive. Au dela des prejuges sur le public… on parle des batiments, infrastructures sportives, le nombre d’activites parascolaires, le voyage ici ou la, les trophes en ceci…

    et ultimement la classe surperequipe…

    (3)

    L’attrait des TBI et autre est relie a une certaine marchandisation de l’education.

    Avec des ecoles prives par exemple dont le prix est de 3500 et davantage par annee par enfant. Il faut que « le plus » qu’on evoque donner aux enfants soit « evident ». Le parent quand il visite l’ecole primaire ou secondaire prive ca doit etre evident pour lui que ca vaut la peine de payer x milliers de tune…

    Un peu comme quand papa quand il va chez best buy et que le gars lui dit que cette tele 84 pouce avec y ou z technologie plus chere que celle de 54 pouce avec la technologie d’il y a 6 mois… ca lui est evident pourquoi il va payer plus….

    Meme concept quand il veut donner « un plus » a ses flots… meme ampleur intellectuelle…

  • 17 février 2013 · 17h56 Rachel Bégin

    D’un côté, de coûteux équipements technologiques. De l’autre, des écoles de quartiers populaires aux prises avec des moisissures…

    Le dilemme est-il VRAIMENT cornélien?

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  • Normand Baillargeon
    Je suis professeur à l'UQAM. Ma spécialité est la philosophie de l'éducation. J'ai écrit quelques livres sur différents sujets qui m'intéressent, dont celui-là, mais aussi quelques autres.

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