L’écrivain français Jérôme Ferrari a remporté aujourd’hui le Goncourt, l’une des plus prestigieuse distinction littéraire française, tandis que le Renaudot était remis à Scholastique Mukasonga.

L’auteur de 44 ans, Jérôme Ferrari, s’est mérité le prix Goncourt pour la publication de son roman Le Sermon sur la chute de Rome (Actes Sud), où il entraîne le lecteur dans un bar corse qui se fait le centre d’une réflexion sur les espérances déçues, les frustrations, la tourmente, la violence et la corruption des lieux, et la fugacité. Le lauréat, en lice pour nombre de prix littéraires cette année, a été choisi au deuxième tour, devançant le Suisse Joël Dicker, jeune écrivain de 28 ans, auteur de La vérité sur l’affaire Harry Quebert.

L’auteur a accueilli sa récompense avec un brin d’humour, rappelant que Barack Obama avait été élu hier soir, et s’adressant aux journalistes en leur demandant s’ils «ne [manquaient] pas un peu de sens de la hiérarchie?»

Ferrari, né à Paris en 1968, est professeur de philosophie et conseiller pédagogique au Lycée français d’Abou Dhabi. Auparavant, l’auteur a enseigné au lycée international d’Alger puis au lycée Fesch d’Ajaccio, en Corse. Le titre de son sixième roman fait allusion au sermon de saint Augustin prononcé en 410 dans la cathédrale disparue d’Hippone, devant des fidèles désemparés après le sac de Rome. Augustin les rassure : «Le monde est comme un homme : il naît, il grandit, il meurt.» Seuls ce passage et les têtes de chapitre du roman sont extraits du sermon.

En plus des livres de Dicker et Ferrari, deux autres publications étaient en compétition: Peste & choléra (Seuil) de Patrick Deville qui remportait, plus tôt cette semaine, le Prix Femina. L’écrivaine française d’origine vietnamienne Linda Lê était aussi en lice pour Lame de fond, monologue posthume d’un homme renversé par une voiture, raconté du fond de sa tombe.

Le Renaudot à Scholastique Mukasonga

La rwandaise Scholastique Mukasonga, qui ne figurait pas dans la sélection du Goncourt, a été couronnée du prix Renaudot pour Notre-Dame du Nil (Gallimard). Valessis Alexakis et Philippe Djian ont aussi obtenu des voix au dixième tour, au terme duquel le roman de Mukasonga fut sélectionné.

Scholastique Mukasonga livrait un premier roman, où des jeunes filles, tentent d’échapper à l’histoire terrible du génocide rwandais, génocide qui a décimé la famille de l’auteure. Mukasonga est la quatrième écrivaine africaine a être couronnée par le prix Renaudot ces dernières années. Elle a aussi reçu pour cet ouvrage le prix Ahmadou Kourouma. Le prix Renaudot de l’essai a été attribué à Franck Maubert pour Le Dernier Modèle (Mille et une nuits).

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