Louis-Jean Cormier |
Qu'il pleuve, grèle ou tonne à outrance, on allait surtout pas manquer les prestations de nos deux groupes québécois favoris, Karkwa et Malajube, en formule-club-deluxe sur les planches du Pigeonnier, en prélude au concert de Louise Attaque. Encore une fois, la météo se fit accomodante et le sac de vidange pu rester bien plié au fond du sac à dos.
Karkwa |
La bande de Louis-Jean Cormier (voix, guitare) s'est une nouvelle fois présentée sur scène au sommet de la forme, balançant avec tout le talent, l'énergie et la cohésion habituelles les bombes de son jouissif album Les Tremblements S'Immobilisent (et non les Tremplins madame la présentatrice). Récipiendaire du Prix Félix-Leclerc aux récentes Francofolies de Montréal, le quintette fait mouche à tout coup, qu'il s'agisse de casser la baraque (La Fuite, Vertige, Le Coup d'État, Red Light) ou nous bercer dans les méandres de l'être (Les Vapeurs). Tout comme au Théâtre Petit Champlain il y a quelques mois, le groupe s'est montré parfait à tous les égards, et comme le signifiait un collègue, s'élève bien au-delà des réductrices comparaisons avec Radiohead. Vraiment solide.
Malajube |
On peut en dire autant de Malajube, quoiqu'en pensent certain(e)s critiques. Avec le matériel de ses deux savoureux recueils (Le Compte Complet et Trompe L'Oeil, ce dernier valant au groupe une nomination pour le nouveau prix Polaris) la formation possède tout ce qu'il faut pour offrir un spectacle des plus relevés. Oui, peut-être serait-il à leur avantage d'exploiter encore plus les voix de Thomas Augustin (claviers) et du cinquième jujube (pour le reste fort utile et très efficace) afin de donner de l'ampleur à leurs succulentes mélodies. Et oui, peut-être les gars ne maîtrisent-ils pas tout à fait l'art du contact avec le public.
3 jujubes dans le vent |
Mais en ce qui me concerne, la performance musicale importe bien plus que tout le reste: rien à cirer des enchaînements boîteux, de la nonchalance chronique et de ne pas entendre les "Bonsoirs Québec!" synchronisés ou autres anecdotes convenues sur les morceaux. Des pièces telles La Monogamie, Le Crabe, Montréal -40, Pâte Filo, Ton Plat Favori, Fille à Plumes, Casse-Cou, La Maladie (finement réarrangée), Le Métronome et La Valérie, envoyées de la sorte, suffisent amplement.
Gaëtan Roussel |
Après quelques morceaux bien sentis de Louise Attaque, laissant présager une soirée explosive devant une foule monstre, on descendit vers Place d'Youville histoire de donner une seconde chance à Jay Farrar et ses complices. Car si sur disque la musique de Son Volt nous laissait plutôt sur notre faim, voire indifférent, on osait présumer que son country-rock prendrait une dimension plus intéressante sur scène.
Jay Farrar |
Mais ça ne fut malheureusement pas le cas. Alors qu'on se disputait les pouces carrés au Pigeonnier, le troupe avait la tâche ingrate de jouer devant une Place d'Youville quasi déserte. Tout à leur honneur d'avoir néanmoins offert un spectacle des plus corrects. Mais force est d'admettre que leur musique ne lève tout simplement pas et se fait diablement prévisible, malgré tout le talent des musiciens et la sonorisation impeccable. Dommage.