Avec Tout est encore possible, l’auteure Lise Vaillancourt et le metteur en scène attitré des Deux Mondes, Daniel Meilleur, croisent enfin le fer, pour notre plus grand bonheur.

Il y a huit ans que Lise Vaillancourt ne nous avait pas donné de nouvelle pièce pour adultes. Après avoir vu Tout est encore possible, irrésistible alliage de gravité et de légèreté, on se dit qu’il est hors de question qu’on attende aussi longtemps pour savourer une autre de ces partitions lucides, vivifiantes et surtout pleines d’imagination dont l’auteure de Billy Strauss et L’Affaire Dumouchon a le secret.

Avec une délicatesse peu commune, une dérision savoureuse et un sens inné de la métaphore, Vaillancourt pose un regard aigre-doux, autrement dit d’une rare honnêteté, sur nos histoires d’amour et de familles. Dans la 27e création des Deux Mondes, on rencontre une femme et deux hommes, trois Québécois dont les destins sont liés au Congo. La première, Ginette, est une journaliste dans la cinquantaine dépêchée en Afrique, une amoureuse au sens large, une femme de tête aussi bien que de coeur. Un personnage en or pour Louise Bombardier, drôle et émouvante.

Le deuxième, Vincent, est un jeune Médecin sans frontières, un homme qui, malgré son sentiment d’insécurité, a choisi de pratiquer son métier au coeur d’une jungle hostile. Émile Proulx-Cloutier arrive à rendre tout le tourment de son personnage. Le troisième, Bota, est un écrivain montréalais d’origine congolaise. À la suite de la mort de sa mère, il s’engage dans une psychanalyse pour le moins… exigeante. Widemir Normil est aussi juste dans les passages plus réalistes que dans les moments d’hallucinations. Peu à peu, les histoires des trois protagonistes s’étoffent et s’enlacent, leurs monologues se répondent, s’éclairent. On se fait prendre au jeu…

Chaque fois qu’ils entrent en scène, les personnages traînent de drôles d’objets, des structures métalliques à l’allure vaguement animalière qui traduisent leur état d’esprit. Sources de lumière, ces intrigantes sculptures sur roulettes signées Guy Fortin constituent, avec les éclairages de Lucie Bazzo, l’essentiel de la scénographie. Quant à l’environnement sonore de Michel Robidoux, bruits de mitraillettes, cris de bêtes et poignantes notes de piano, il donne à la représentation les contrastes qui s’imposent. En somme, le metteur en scène Daniel Meilleur a bien fait de rompre un peu avec son habituelle esthétique multimédia, cela sert fort bien l’oeuvre.

À la fin du spectacle, on a le coeur si léger qu’on serait tenté de croire qu’il est possible de faire la paix avec soi-même, avec le monde dans lequel on vit et avec ceux qu’on a aimés et perdus. Est-ce que tout serait encore possible?

Faire la paix Critique par Voir - . Cote: 3

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