Dirigés par le chorégraphe Michael Trent, les cinq interprètes de la compagnie Dancemakers remettent en question le caractère absolu des choses à travers It’s about time: 60 dances in 60 minutes, une étude ludique sur le temps.

Dans la foulée de la récente visite du Ballet national du Canada, voilà qu’une autre institution torontoise s’arrête à Montréal: la compagnie de danse contemporaine Dancemakers. Fondée en 1974 par un groupe d’interprètes indépendants, elle se caractérise notamment par le haut degré de participation des danseurs à l’élaboration des oeuvres. "Cette notion de collaboration est très importante pour moi parce que, comme interprète, j’ai grandi dans un modèle vertical où le chorégraphe proposait une idée et où les danseurs étaient de simples exécutants et que j’avais envie d’explorer un modèle de création horizontal", commente Michael Trent, le chorégraphe à la tête de la compagnie depuis 2006.

C’est donc entre autres pour leurs habiletés de créateurs que Rob Abubo, Lori Duncan, Kate Hilliard, Kate Holden et Steeve Paquet ont été engagés. Six mois par an, ils ont la chance plutôt rare pour des danseurs contemporains d’être salariés et de partager des laboratoires de recherche avec des artistes d’horizons divers. De fait, la multidisciplinarité fait partie des caractéristiques de la compagnie torontoise qui a inauguré un centre de création en 2002 et endosse également à ses heures le rôle de producteur. Selon Trent, elle serait même la seule compagnie de danse à travailler avec un dramaturge maison. Il s’agit de Jacob Zimmer, qui vient du théâtre, mais fraye beaucoup dans les eaux de la danse.

"Jacob a beaucoup poussé la réflexion sur la couleur de mon travail et sur la façon d’aborder un sujet sans nécessairement mettre en valeur de façon prioritaire le rôle du corps en mouvement, commente Trent. Dans It’s about time…, j’aborde par exemple la question de ce que c’est que la danse et de ce qui peut être admis sous cette appellation. On a travaillé sur la présence particulière des interprètes qui ont une expérience de la danse à travers une gestuelle très quotidienne."

Plus performative que rigoureusement écrite, l’oeuvre comporte une série de tâches que les danseurs ont à accomplir d’abord en 10 minutes, puis en 2 minutes, en une demi-heure et à nouveau en 10 minutes. Car le thème central de la pièce est celui du paradoxe du temps qui prend des airs d’absolu quand il s’inscrit sur le cadran solaire, mais devient tout relatif quand il marque les expériences personnelles. Ainsi, la durée même d’un spectacle est perçue différemment selon qu’il nous stimule ou nous ennuie. À travers cette étude sur le temps qu’il teinte d’humour et de théâtralité, Trent nous lance une invitation à accepter et à apprécier la relativité des choses.

Pour les danseurs, le défi est de ne pas marquer le temps tout en restant dans les temps. "Il y a un entraînement très spécifique en préparation au spectacle et chaque partie de la pièce commence par une période de sensibilisation où les danseurs ferment les yeux pour réfléchir à la durée d’une minute, de 15 secondes, etc., précise le chorégraphe. On travaille avec toutes sortes de stratégies pour avoir une conscience du temps commune, dont celle du Bouddha où on le sent simplement au lieu de compter." Jugée divertissante par les critiques, l’oeuvre interroge en direct certaines de nos perceptions. Stimulant.

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